Edito n°105

Edito n°105

Comme prévu le nouveau président des Etats-Unis fait la une des journaux grâce à ses nombreux messages. La Russie semble être un nouvel ami des Américains alors que le reste du monde serait un péril commercial. Au-delà des titres des quotidiens, l’anti-mondialisation semble avoir trouvé un nouvel allié, M. Trump.  

La Russie, notre amie…  

Les directeurs des agences de renseignements américaines confirment que les Russes ont interféré dans les élections américaines malgré que M. Trump prétende le contraire et semble privilégier les propos d’Assange (Trump a changé d’avis durant le weekend). Les Russes ne peuvent donc pas être considérés comme responsables des fuites informatiques durant le processus électoral.  

La Chine, le péril jaune…  

La Russie n’est donc pas cet ours belligérant caractéristique de la guerre froide. Le péril est jaune, il s’appelle la Chine. Les critiques formulées à l’encontre des politiques monétaire et commerciale du gouvernement chinois continuent et agacent celui-ci. Selon le Financial Times du weekend, Penny Pritzer, la future ex-secrétaire américaine du commerce, aurait été contactée par ses homologues chinois après les élections de novembre. Ceux-ci signalaient qu’ils seraient forcés de répondre aux différentes mesures commerciales de la nouvelle administration américaine.  

Les Chinois ne sont pas les seuls à être confrontés à la « realpolitik » de M. Trump. Nous savons que l’industrie automobile américaine occupe une place importante dans le tissu industriel et politique des Etats-Unis. Regagner des postes de travail domestiques passe évidemment par un redéploiement de ressources financières sur le territoire et tout investissement fait à l’étranger pour des biens qui seront vendus aux Etats-Unis doit être pénalisé. Dans ce contexte, Ford annule la construction d’une usine au Mexique et Toyota doit faire face à des menaces sur sa production de voitures dans ce même pays.  

Un nouvel ordre commercial…  

Ces quelques escarmouches sont les signes avant-coureurs d’une renégociation du NAFTA voire d’une entrave à la liberté du commerce si chère aux Américains. Rappelons que les grandes lignes des fondements et de la structure d’une éventuelle organisation internationale consacrée à la libéralisation du commerce s’appuient sur les accords commerciaux bilatéraux négociés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne depuis 1934. Des engagements de principe ont donc conduit à trois conférences économiques et politiques avec les autres gouvernements alliés à la sortie de la deuxième guerre mondiale : la Conférence de Bretton Woods (juillet 1944) qui a créé le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, la Conférence de Dumbarton Oaks (août-octobre 1944), qui a donné naissance à l’Organisation des Nations Unies, et la Conférence de la Havane (novembre 1947-mars 1948) qui a élaboré la Charte de La Havane instituant une Organisation internationale du commerce (OIC).  

L’OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès des Etats-Unis n’a pas approuvé la Charte de La Havane. Le GATT, ancêtre de l’OMC, s’est substitué à l’OIC. Les accords du Cycle d’Uruguay sont entrés en vigueur le 1er janvier 1995, premier jour d’existence de l’OMC.  

Depuis la création du GATT les Etats-Unis ont toujours œuvré pour leurs intérêts et ont, d’une certaine façon, façonné le monde à leur pensée économique. Un certain « modus vivendi » semblait avoir cours jusqu’à l’élection de Donald Trump. Le statu quo est maintenant ébranlé et le protectionnisme prend le pas sur la mondialisation. Il est vrai que la mondialisation et ses effets étaient déjà critiqués par les altermondialistes depuis le milieu des années 1990. Certes les idéaux de ces acteurs politiques ne sont guère en phase avec ceux de M. Trump mais ils participent à l’émergence d’une nouvelle pensée sociale et économique.    

Small and local are beautiful…  

Selon Alain Bokobza, responsable du « global asset allocation » de Société Générale, il vaudrait mieux minimiser les investissements dans les pays dépendants largement de leurs exportations aux Etats-Unis comme Taiwan, la Corée du Sud, le Canada et le Mexique. Il convient donc de diriger ses investissements dans des sociétés de petites capitalisations ou alors dans des compagnies locales. Cette tendance est déjà dessinée aux Etats-Unis depuis l’élection de M. Trump et peut-être qu’elle sera de mise sur d’autres continents.

 

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