Juste au moment où on n’y croyait plus « Trump Crash is back ! »

Juste au moment où on n’y croyait plus « Trump Crash is back ! »

La tempête après le calme. C’est comme cela que l’on peut résumer la journée d’hier. Alors que la séance de mardi restera dans les annales pour être le jour où la volatilité a atteint son niveau le plus bas depuis plus de 24 ans, la séance d’hier – mercredi – s’est rappelée à notre bon souvenir, juste pour que l’on n’oublie pas que ça peut secouer – aussi... et de manière surprenante. En aéronautique, on appelle ça des « turbulences en air clair », tu voles tranquille dans un ciel bleu, il n’y a pas un nuage et tout d’un coup : BAM ! Vent latéral de cisaillement et tu te retrouves avec l’hôtesse sur tes genoux…

L’Audio du 18 mai 2017

 

Bon, hier ce n’était pas l’hôtesse qui a atterri sur nos genoux, mais Donald Trump et son sac à dos de scandales qui secoue Washington depuis quelques jours. Je vous passe les détails, parce que globalement on se fout pas mal des détails, nous les financiers, ce qui nous intéresse, c’est les éventuelles conséquences de ce qui se passe actuellement et les théories fumeuses que l’on peut en tirer en imaginant la suite. Dans le cas précis, en imaginant que :

 

  • Trump ne finisse pas son mandat
  • Trump finisse son mandat mais qu’il se retrouve sous la menace d’une destitution et qu’il soit dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit parce que pieds et poings liés par le Sénat et le Congrès

En gros et pour résumer, que tous les espoirs de redynamisation de l’économie que nous avions mis sur lui ces derniers mois, s’envolent à jamais. Ne cherchez dons pas plus loin, c’est pour toutes ces bonnes (hypothétiques) raisons que le marché s’est fait démonter hier soir. Enfin, je dis démonter c’est peut être un peu fort, mais les indices américains ont tout de même perdu 1.8% pour le S&P et 2.57% pour le Nasdaq, chose qui ne nous était pas arrivé depuis… Houlà, depuis bien bien longtemps qu’on a même oublié que ça s’était déjà produit. En fait, on n’a pas baissé autant depuis le BREXIT.

En Europe, c’était pareil, le DAX plongeait de 1.35% pendant que le Macron40 reculait de plus de 1.6% malgré le fait qu’il était censé être immunisé par le « génie absolu » de son nouveau Président. Comme quoi on a beau avoir toutes les solutions pour relever l’économie et transformer son pays en première puissance mondiale en quinze jours, dès que Trump s’encouble dans le tapis, y a plus personne.

Là tout de suite, ce matin, on peut chercher, on peut creuser et fouiller dans les fondamentaux, dans les chiffres du dernier trimestre, dans les données économiques et essayer de trouver des « justifications » pour expliquer pourquoi ça a baissé, mais à la fin… Trump a 33% de chances se faire destituer et il y a 100% de chances que dorénavant il ait perdu 99.9% de sa crédibilité, pour peu qu’il en ait eu une à un moment donné.

Et puis pour être franc avec vous, si j’étais Kim-Chong-Ching-je-mange-du-chocolat-à-tous-les-repas, je profiterai de l’occasion pour balancer tout ce qu’il a sur les USA, parce que depuis 48 heures, les gros pontes du Gouvernement, ils sont bien plus occupés à tenter de virer Trump et à hurler au scandale, plutôt qu’à s’occuper du reste.

En ce moment, vous pouvez faire exploser la dette américaine, attaquer l’Idaho avec des sauterelles, interdire la diffusion de la 737ème saison de Santa Barbara, rendre obligatoire la consommation de 5 fruits et légumes par jour en plus des 12 burgers et des six litres de Coca (pas zéro), Amazon, Netflix et Facebook peuvent annoncer leur fusion, tout le monde s’en fout, on ne se concentre que sur UNE CHOSE… en même temps, c’est là qu’on voit que l’industrie financière est dominée par des hommes, vu qu’on ne peut faire qu’une chose à la fois – on est donc concentré sur une seule chose : DONALD TRUMP et ses liens avec la Russie et le licenciement du patron du FBI et le nombre de parieurs qui pensent qu’il ne finira pas son mandat.

Ne cherchez pas plus loin. Tout est dit.

Le marché s’est pris la claque que l’on attendait – enfin, le début en tous les cas – je rappelle pour mémoire que le 16 mai, dans ma chronique, j’avais dit ça :

 « après 215% de hausse sur le S&P500 et la volatilité qui se traîne au plus bas depuis 24 ans, je pense que le marché va finir par se péter la figure méchamment, je profiterais donc d’acheter de la protection afin de ne pas perdre trop d’argent dans le krach qui va inévitablement se produire d’ici demain ou dans les 23 années à venir – il se peut, bien sûr que le marché continue de monter, mais si jamais il baisse, ça va être monstrueux et on pourrait corriger de plein de pourcents et ne jamais s’en remettre »

Et c’était le 16 mai au petit matin, pour ceux qui ne me croient pas, cliquez ici 

Je vous avais dit que je dirais JE VOUS L’AVAIS DIT !!!! HAHAHAHAH !!!

Bref, le marché a baissé, l’or remontait à 1260$ parce que, je vous le donne en mille : C’EST UNE VALEUR REFUGE !!!! et pour terminer, le dollar se faisait défoncer parce que c’est pas une valeur refuge et puis quand Trump va se faire foutre dehors de la Maison Blanche, ça sera mauvais pour l’image de marque des USA (déjà que)… Sans oublier que l’indice de volatilité a pris 50% hier, il est passé de 10 à 15%, mais reste bien en-deçà de sa moyenne historique de 20%.

Hier nous avons vécu la bérésina et Waterloo en même temps. Bon, à l’échelle des marchés de 2017, parce que si nous avions été en 2011 et que Barack Obama était venu à la télé pour dire qu’en fait il avait payé pour avoir le prix Nobel de la Paix et qu’il était amoureux de Beyoncé en secret, étant donné ce que la Grèce nous mettait dans la figure depuis quelques mois, ce n’est pas 2% que l’on aurait perdu mais plutôt 10%, comme quoi tout ne pas si mal si on prend un peu de recul et que l’on met le tout en perspective.

Ce matin le Japon est en baisse de 1.6% en signe de soutien à Donald Trump. Hong Kong et la Chine s’en foutent totalement, d’ailleurs, c’est qui Donald Trump ? Et puis la bourse de Corée du Nord prend 14% pour fêter ça.

Pour les nouvelles du jour, je vais faire simple ; si vous prenez les 5 articles les plus lu du FT, les 5 articles les plus lu du Wall Street Journal, ils sont TOUS, absolument TOUS à propos du WaterTrump ou du TrumpGate. Ça veut bien dire ce que ça veut dire.

Et au milieu de tout ça, y a Macron qui essaie de gagner des places sur Twitter en présentant son nouveau gouvernement. Mauvais timing, tout le monde s’en tape et en plus France 2 a viré Pujadas, son demi-présentateur du TJ, autant vous dire que savoir que Nicolas Hulot est à l’écologie, Bayrou à la justice – déjà qu’elle était lente avant, je n’ose pas imaginer maintenant – Le Maire à l’économie – qui va essayer de faire mieux que son patron qui avait gardé toutes ses bonnes idées pour lui pendant qu’il était à ce poste sous Hollande et Laura Flessel devient Ministre des Sports. Il faut tout de même noter que Laura Flessel en plus d’être médaillée 5 fois aux JO est EN PLUS passée dans « Danse avec les Stars », ça en jette sur le CV.

En tous les cas, Macron aurait pu mettre Bigard à l’intérieur et Roland Magdane à la santé et Coluche à l’économie (oui, il est mort et alors ?), le marché n’en aurait pas eu plus rien à faire qu’hier.

Donc ce matin, nous sommes en mood « special Trump », il ne sert à rien de chercher plus loin. La clé pour trouver la direction du marché, c’est de parvenir à savoir si une déportation de Trump à Guantanamo est dans les prix ou pas. Si c’est le cas, le marché devrait rebondir. Sinon, ça peut baisser encore. Vous voyez, c’est simple la bourse… c’est pile ou face et la certitude que sur le long terme, ça monte toujours.

Le Barron’s, le seul journal qui ne parle QUE de finance, a décidé de traiter l’affaire Trump sous différents angles ; le premier article explique que la baisse d’hier est un « reality check » pour les Bulls, le second se demande si c’est la fin du « Trump Rally » et le troisième explique comment faire pour survivre au « Trump Crash ».

Pour le reste, on notera que la croissance japonaise se réveille, que le taux de chômage en Australie était surprenament en baisse, Jeremy Siegel qui avait prévu que le Dow Jones irait à 20’000 estime qu’une démission de Trump pourrait faire perdre 1’000 points au même Dow Jones – ce qui représente 5% à la louche, sachant qu’on en a perdu un tiers hier, on ne risque pas grand-chose, et puis le prochain Président est peut-être un type génial !

En conclusion de cette chronique, la journée du 18 mai devrait être rebaptisée « Trump’s Day », parce qu’on ne parle QUE de lui et si vous voulez mon avis, je crois que l’on pourrait rebaptise le mois de mai « Trump’s Month » parce qu’on n’a pas fini d’en parler.

Ce matin les futures rebondissent massivement de 0.2%, côté chiffres économiques, nous aurons le taux de chômage en France, prenez des photos, parce que c’est la dernière fois qu’on le voit si haut, dès demain Macron va le faire baisser et s’il ne baisse pas, il le manipulera. Aux USA, il y aura les Jobless Claims et le Philly FED.

En ce qui me concerne, il me reste à vous souhaiter une très belle journée et si la hausse de la volatilité est corrélée aux températures, le printemps sera chaud ! Enfin, plus chaud…

À demain !

Thomas Veillet

Investir.ch

 

“L’Angleterre s’écroule dans l’ordre, la France se relève dans le désordre”

 

Winston Churchill

 

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