Nos caisses de pension resteront-elles encore fortunées?

Nos caisses de pension resteront-elles encore fortunées?

L’UBS a publié, le mois de mai, une étude intitulée «La fortune des caisses de pension augmentera-t-elle à l’infini?». Elle est évidemment un des points de vue faisant référence à la réforme du système de la prévoyance vieillesse suisse.

A l’heure où plusieurs caisses de pension dans de nombreux pays sont de plus en plus en difficulté, la Suisse semble être un îlot de tranquillité, à quelques exceptions. Mais les fameux baby-boomers entreront bientôt dans le monde des retraités et les caisses doivent trouver des rendements positifs dans un environnement négatif mais font aussi face à une baisse des contributions.

L’AVS vit déjà cette situation mais le 2ème pilier rencontre les mêmes problèmes. L’hypothèse de l’UBS est que le nombre de retraités quasiment doublera d’ici à 2045 et donc qu’il faudra constituer des réserves.

Deux graphiques illustrent les propos. Le premier montre que la croissance de la fortune des caisses ralentit et qu’il serait même possible qu’elle montre un déficit dans les 10 à 15 prochaines années.

Le deuxième représente une partie de la pyramide des âges. Il est clair que la masse des cotisants stagne alors que le nombre des personnes touchant des allocations de retraite augmente.

Partant de ces constatations, trois scénarios sont développés dans l’étude. Les trois se basent sur la croissance démographique mais introduisent aussi trois rendements probables. Le rendement le plus bas se situerait à 0,5%, le moyen à 2,8% et le plus élevé à 5%. Voyons donc l’évolution de la fortune des caisses selon ces hypothèses.

Scénario de référence

La population suisse augmente de 2 millions d’âmes pour atteindre 10 millions en 2045. Le nombre de départs en retraite anticipée diminue et la demande de travail des personnes âgées (au-delà de l’âge de la retraite) se stabilise.

Scénario de faible croissance démographique

Dans ce cas, 9 millions de personne compose la population suisse. De plus, le nombre de départs à la retraite anticipée augmente et la demande de travail des personnes âgées est faible.

Scénario de forte croissance démographique

La population suisse dépasse les 11 millions en 2045. Le nombre de départs à la retraite anticipée diminue et le travail des personnes âgées augmente.

Si la fortune des caisses augmente en fonction de la démographie, il n’en demeure pas moins que l’environnement financier est l’un des facteurs majeurs de stabilité du système. Nous avons vu quels étaient les rendements pris en compte pour ces tableaux mais quels sont les rendements à long terme que nous pourrions espérer ?

L’UBS nous propose deux profils, « Balanced » et « Growth », pour tenter d’établir un rendement probable. La différence notoire se situe dans le segment des actions. Le premier profil investit 42% de la fortune en actions alors que le second place 62% dans cette classe d’actifs.

Comme le signale fort justement l’UBS, le deuxième profil ne serait pas conforme aux directives de placements des caisses de pension. La part investie en actions est supérieure à la norme. Donc les experts de l’UBS proposent d’augmenter la participation dans des actifs moins liquides comme le private equity » ou les hedge funds. Mais ces derniers comportent des risques car les périodes de détention augmentent fortement (minimum 10 ans sans réelles possibilités de vendre avant la fin du contrat).

La conclusion de l’étude est simple. La Suisse sera contrainte à long terme de relever l’âge de la retraite.

Cependant, nous relevons un point qui n’est pas traité dans ce document. Il s’agit simplement du taux de chômage escompté car certes la population peut augmenter, les actifs financiers prendre ou pas de la valeur, mais qu’en est-il du taux de participation au marché du travail de la population active ?

Quoiqu’il en soit, le sujet des mesures à mettre en oeuvre pour pouvoir financer les retraites fera couler encore beaucoup d’encre.

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