Records d’altitude et peur de rien

Records d’altitude et peur de rien

Autant la semaine dernière nous attendions impatiemment les discours de Madame Yellen, autant cette semaine nous allons parler chiffres du trimestre. On ne peut qu’espérer que le résultat soit similaire, puisque la fin de semaine aura été torride aux USA, malgré les premières publications qui ont été bonne, mais décevantes. Oui, bonne mais décevantes, c’est un nouveau concept financier que Wall Street étudie et met en place quand les sociétés publient des chiffres meilleurs que les attentes, mais que les titres baissent quand même, c’est probablement parce que les investisseurs, en bon professionnels de l’anticipation qu’ils sont, prennent les profits parce qu’ils avaient déjà tous acheté au plus bas.

L’Audio du 17 juillet 2017

Néanmoins, alors que les trois bancaires qui ouvraient les feux en ce début saison battaient nettement les attentes, mais terminaient en baisse (on parle de JP Morgan, Citigroup et Wells Fargo), le reste du marché, lui continuait de voguer aux vapeurs d’essence fournies par Madame Yellen par deux fois pendant la semaine. Les experts en finance d’anticipation – ce qui est une science encore moins exacte que la finance tout court – estiment que la FED est dans une phase de « ralentissement de hausse des taux », en gros ils vont pédaler moins vite pour éviter d’avancer plus fort.

Les chiffres économiques montrent que l’économie va bien, mais pas trop et du coup Yellen va encore monter les taux une fois cette année, mais deux fois paraît soudainement totalement utopique, ce qui fait que si les taux ne montent pas, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le marché des actions. C’est un peu tiré par les cheveux comme théorie, mais c’est comme ça que ça fonctionne, plus ou moins.

Vendredi, le Dow Jones et le S&P500 ont donc terminé tous deux au plus haut de tous les temps, quand au Nasdaq, lui, il court toujours derrière. En Europe, on a terminé en légère baisse parce les financières baissaient, rapport aux « mauvais chiffres relatifs » qui avaient été publié sur le secteur aux States, mais pouvait tout de même se gargariser de boucler sa meilleure performance hebdomadaire depuis … 2 mois.

Il y a donc peu de choses à raconter sur la fin de semaine dernière et sur celle qui nous attend, mais il faut retenir tout de même une chose, la mesure du stress du marché – la volatilité – est au plus bas de tous les temps ou presque. Vendredi passé, elle a clôturé la semaine à 9.51, la dernière fois qu’elle a été aussi basse, je venais de mettre les pieds dans une salle de trading et… euh et ça fait très longtemps.. En gros depuis 1993 la volatilité n’avait pas été aussi basse et pour faire simple, ça veut dire que les gens n’ont pas vraiment peur. Ils ne sont pas non-plus super-courageux, mais on va dire qu’entre leur niveau d’exposition aux actions et leur capacité à gérer une correction subite, aussi violente qu’inattendue, fait que tout le monde se sent assez à l’aise comme ça. Il est évident que 9.51 sur le « VIX », ça fait bas, mais il suffirait que l’autre andouille de Nord Coréen lance un missile à destination de la Californie pour que l’on mette un 4 devant le 9.51 en quelques minutes. Ça veut donc bien dire ce que ça veut dire : pas grand-chose.

Côté or et pétrole, on peut constater certaines similitudes ; les deux ont récemment tenté de casser les supports. Pendant cette même période, les deux ont été activement observés par la communauté financière qui a abondamment commenté la chose en hochant vigoureusement la tête et en disant : ça va pas tenir.

Comme d’habitude, quand la communauté financière toute entière hoche la tête en disant : « ça va pas tenir », en général ça tient. Voir pire, ça remonte.

Ce matin l’or est à 1230$ et le pétrole est à 46.64$ – je rappelle qu’à 42.25$, tout le monde pensait que ça ne tiendrait pas.

En ce lundi matin, l’Asie entame la semaine dans la tourmente. Au premier abord, les indices ne font rien, puisque le Japon est fermé pour cause de « journée de l’Océan » et ne fait effectivement rien, que Hong Kong est en hausse de 0.5% et que la Chine baisse de 0.10%. Mais ça n’a pas toujours été comme ça, puisque la Chine a ouvert assez nettement en baisse, après que la banque centrale chinoise ait annoncé des injections massives de liquidités. Le marché a donc réagit en deux temps :

– temps numéro un : aïe, aïe, aïe, des injections de liquidités c’est pas bon, il se passe quelques chose.
– Puis, temps numéro deux (environ 32 minutes plus tard) : miam, des injections de liquidités, c’est bon pour le marché ça !

En psychologie, je crois que l’on peut dire que le patient est bipolaire. À la décharge du marché chinois, on a aussi annoncé la première accélération du GDP local depuis 2010, merci au marché immobilier. Tout ne va donc pas si mal en Chine.

Toujours est-il que le marché ne fait rien en Asie. Surtout au Japon.

Dans les nouvelles du jour, on va se concentrer sur les publications du trimestre, pas besoin de vous faire un dessin, cette semaine, 68 noms du S&P500 seront sous les feux de la rampe et j’ai envie de dire qu’on y verra un peu plus clair sur la tendance d’ici vendredi. Une chose est sûre, à voir les premiers chiffres des bancaires publiés vendredi, pour que « ça monte » sur les chiffres, il va non seulement falloir faire mieux que les attentes, mais en plus mieux que les meilleures attentes du meilleurs analyste le plus bullish qui en plus était sous amphétamines.

Voici quelques noms parmi ceux qui publieront cette semaine :

Bank of America Corp, Johnson & Johnson, Goldman Sachs Group Inc. GS, International Business Machines Corp. IBM, Morgan Stanley, Visa Inc., Qualcomm, Microsoft, eBay Inc. EBAY, et General Electric.

On retiendra aussi qu’entre vendredi matin et ce matin, le Bitcoin s’est fait démonter. Il est passé de 2300$ à 1750$ dans la nuit de dimanche à lundi. Ce matin, ça va mieux il remonte un peu, mais par rapport au 3’000$ du mois de juin, on se rapproche dangereusement des 50% de correction, ce qui n’est pas très grave, parce qu’on le sait tous : « le Bitcoin va à 55’000 d’ici 5 ans » – c’est donc juste une énôôôôôrme opportunité d’achat. Ou pas. En tous les cas, quand on voit qu’un des produits les plus traités à la bourse suisse c’est le certificat sur le Bitcoin, ça rassure. On voit tout de suite qu’il se passe quelque chose.

Le Barron’s propose 8 titres dans le secteur de l’énergie à des prix défiants toute concurrence. Ils pensent aussi que si le secteur des semiconducteurs finit par se casser la figure, Micron va être celui qui va en prendre le plus pour son grade et le journal pense que Whirlpool peut monter de 35% en une année.

Côté chiffres économiques, nous aurons le CPI en Europe et le New York Empire Manufacturing. Mais vous l’aurez compris, c’est du côté des publications trimestrielles que l’on va se concentrer les deux grands noms qui entament la semaine sont BlackRock et Netflix, mais ce n’est qu’un échauffement.

Pour le moment les futures sont légèrement, mais alors très légèrement en hausse. En attendant plus, il me rester à vous souhaiter un très bon début de semaine et à demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

“If you invest nothing, the reward is worth little.”
― Richelle E. Goodrich

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