Balade dans le Far-West du Röstigraben

Balade dans le Far-West du Röstigraben

Ce week-end, on m’a laissé à disposition le dernier modèle du Jeep Grand Cherokee 3.0 CRD, version 2017. Les habitués vous diront qu’il n’y a pas grand-chose de nouveau sous le capot du vaisseau amiral de la marque mythique qui a tout de même participé à libérer la France en 1944, ce qui n’est pas le cas de certaines marques européennes. Pourtant, pour moi qui suis justement un habitué du modèle, mais une version plus ancienne, je suis obligé de dire que le changement est capital.

Version Audio pour ceux qui veulent lire au volant :

Le Garage Victoria à Genève a donc pris le risque de me faire confiance. À priori, jusqu’à que tous les radars sur mon parcours aient été vérifiés, ils n’ont pas eu à le regretter, puisque la voiture est intacte, mis à part quelques guêpes qui ont décidé de traverser l’autoroute de la plaine du Rhône et qui ont fini incrustées dans la calandre massive de la Jeep en question.

La première chose qui m’a surpris et qui continuera de me surprendre durant tout mon périple, c’est le silence. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, quand vous ouvrez les fenêtres et le toit, vous reconnaissez facilement le doux rythme du moteur diesel de 250 chevaux qui rappelle parfois une camionnette de livraison, mais c’est le prix à payer pour rouler en diesel – pas un Volkswagen, ça c’est plus cher – mis à part cela, quand vous fermez les fenêtres, vous avez un sentiment de silence et de sécurité incroyable. Je me suis senti immédiatement à l’aise au volant, même si l’épaisseur de la carrosserie de chaque côté du pare-brise, laisse parfois un doute sur l’état du piéton qui était à votre gauche lors du dernier virage.

Il est vrai qu’au premier abord, on pourrait se dire que le Grand Cherokee a été conçu et dessiné pour les grands espaces américains et que trouver des grands espaces en Suisse, ça allait être très compliqué. Je voudrais premièrement tordre le cou à cette façon de penser. Le Grand Cherokee, n’est pas gros. Il est légèrement enveloppé, c’est vrai, mais mis à part ça il se conduit comme une fleur en ville, pour autant que vous ne soyez pas coincé derrière une Skoda de la police genevoise qui tient particulièrement à respecter TOUTES les zones à 30 à l’heure – zones d’ailleurs de plus en plus nombreuse dans notre ville.

Sans compter que dans les bouchons mis en place sciemment pour les fêtes de Genève, la Jeep n’avance pas mieux que les autres, mais la climatisation fonctionne parfaitement et c’est l’occasion de tester toute l’électronique embarquée, connexion bluetooth avec votre iPhone, sonorisation qui peut vous rendre sourd dans l’heure, GPS avec icônes interchangeables pour vous donner l’impression que vous roulez dans une supercar et pas dans un SUV. Bref, plein de choses que je n’utiliserai jamais – surtout parce que je n’y comprends rien – mais qui font partie du package.

Le lendemain à la première heure, j’étais sur la route. Tout d’abord, l’autoroute.

En dehors de certains conducteurs que l’on qualifiera de « justiciers de la route » parce qu’il roulent à gauche à 120 (précisément), le périple s’est bien passé, la Jeep est silencieuse, ses reprises à haute vitesse (pas au-dessus de 120, je n’ai pas pu tester, respect de la loi oblige) sont excellentes et le confort est au-dessus de la moyenne.

J’ai été littéralement bluffé par la boîte à vitesses à 8 rapports qui offre un étalonnement très agréable et qui évite les à-coups que l’on connaît quand on conduit un modèle plus ancien.

À l’approche de la montagne – les grands espaces suisses, en tous cas ce que j’ai trouvé qui ressemblait le plus à des grands espaces – je commençais à avoir les chevilles qui me démangeaient. Dès l’attaque du premier col, la priorité était de dépasser les caravanes de néerlandais qui montaient à 12 à l’heure de peur de rater un virage et d’être irrémédiablement précipités dans le vide. Une fois la route claire, je pu donc tester le véhicule dans les petits virages en montant en direction de Gstaad. En dehors de la masse imposante du véhicule, il faut reconnaître qu’elle se défend tout de même pas mal dans les lacets sinueux.

Evidemment, si vous êtes habitués à l’Impreza, vous trouverez qu’elle se dandine lourdement dans les virages, mais si vous tenez à rentrer un labrador dans le coffre, la Jeep s’y prête tout de même mieux. Je précise cependant, qu’en arrivant en haut du col, à moins que le labrador ait été sanglé avec un harnais trois points, il va cordialement vous détester pour autant qu’il ait survécu au traitement de choc.

À la fin de cet article, je vous mettrai les coordonnées de la SPA. Mais je tiens à préciser que lors de ce test aucun labrador n’a été blessé.

Après l’ascension du Col du Pillon, j’ai du commencer à tester autre chose ; la patience. Entre les feux des travaux qui font circuler les véhicules en alternance et les Bernois qui respectent scrupuleusement les limitations de vitesse, la descente sur le lac de Brienz fût longue et pénible. Cependant le confort de la Jeep permettait encore une fois de ne pas trop voir le temps passer, le temps de connecter mon iPhone et d’envoyer « Highway to Hell », j’était rapidement sur les bords du lac en question. Mon copilote prenait même l’occasion de tester les sièges électriques en version quasi-horizontale.

Je dis quasi-horizontale parce qu’effectivement, ce n’est pas non plus un lit, mais par contre, si vous avez récemment pris un vol easyjet, vous auriez tué pour avoir un siège comme ça.

Une fois la sieste de mon copilote terminée, nous sommes arrivés en bas du Grimsel. Et là, nous nous sommes retrouvés juste derrière le « Hell Yeah Rally »  – En gros, un groupe de britanniques qui roulent en voitures de sports et qui terrorisent les cyclistes dans les montées des cols alpins suisses. J’ai donc eu l’occasion de tester la Jeep en tentant de poursuivre une F-430, une Aventador, peine perdue… Par contre j’ai réussi à suivre un hollandais avec une Ford Focus ST avec des pots d’échappement qui faisaient un bruit d’enfer. Eh bien moi, avec mon diesel de 250 chevaux, j’ai pu le suivre dans un silence quasi-absolu.

Il faut reconnaître que le SUV américain peine un peu dans les reprises à la sortie des virages – note de la rédaction ; demander au Garage Victoria de pouvoir tester le Grand Cherokee SRT8, mais en Allemagne – le moteur 3.0 est un peu poussif à la relance, mais on peut compenser en jouant avec la boîte semi-automatique et les palettes au volant. Mais sur la montée du Grimsel, j’aurais payé pour avoir 100 chevaux de plus.

Néanmoins, si je me réfère à la probabilité que dans ce véhicule vous aurez plus souvent un chien dans le coffre et deux enfants sur la banquette arrière, afin d’éviter de repeindre le cuir régulièrement avec les régurgitations de votre progéniture, je crois que la motorisation est largement suffisante.

Une petite remarque sur le freinage. Le Grand Cherokee fait 2400 kilos, ça se sent en descendant très vite de la montagne – tout en respectant les limitations BIEN SÛR – mais il y a eu quelques virages qui se rapprochaient un peu trop vite à mon goût.

On notera aussi l’alerte collision à l’avant qui a tendance à hurler pour pas grand-chose, mais c’est un véhicule américain ; vaut mieux prévenir que d’aller au procès.

Le retour en plaine et puis dans la jungle urbaine genevoise s’est très bien passé. Il faut retenir aussi que le GPS de la Jeep vous signale lorsque vous êtes dans un tunnel. Probablement au cas où vous roulez aux instruments et que vous ne regardez pas dehors. Soudainement l’intérieur d’un tunnel s’affiche sur l’écran de votre GPS – ce qui est bien – comme ça vous savez que si vous voulez aller à droite ou à gauche, ce n’est pas possible, au cas où vous en doutiez..

En conclusion, c’est un gros SUV, mais pas si gros que ça si vous regardez certains monstres américains. Le test du parking de Manor a été réussi, ce n’est qui n’est pas le cas de tous les véhicules que j’ai eu l’occasion d’essayer. Le Grand Cherokee est ultra-confortable et, c’est personnel, mais l’ambiance est moins austère que chez la concurrence allemande. Je me sens nettement plus à l’aise en ayant l’impression que le véhicule a été pensé pour faire New York – Los Angeles que Nuremberg – Bertschegaden.

Le dernier « face-lift » en date est très léger, seul les experts noteront la différence, mais les quelques différences FONT la différence. En résumé, ça avance très bien, largement assez pour aller tester TOUTES les limites de Via Sicura, c’est confortable, il y a de la place et on se sent en sécurité. Je ne suis pas certain que les cyclistes dans les cols alpins apprécient votre compagnie, mais en même temps, la route est à tout le monde.

Le coffre est largement assez grand pour y mettre les valises, ou le labrador ou les deux, dépendant de la taille du labrador. Si c’est un labrador comme le mien, ça sera plutôt OU que ET. Si vous couchez les sièges arrière, vous avez la place pour aller passer le samedi chez Ikea et si vous devez amener les enfants à l’école, ça va le faire aussi.

À signaler que je n’ai pas eu l’occasion de tester la bête en terrain boueux ou dans les champs, j’ai bien essayé dans le canton de Berne, mais le paysan qui sortait de sa ferme avait l’air d’un partisan UDC en colère et je n’ai pas attendu de voir si ce qu’il tenait à la main était une fourche ou une carabine Remington. Néanmoins vous pouvez modifier la hauteur du véhicule en fonction de ce que vous avez à franchir et le mettre même tout en bas si vous devez faire rentrer grand-maman à l’intérieur. Ça à l’air bien foutu, même s’il faut reconnaître que pour se parquer deux-roues sur le trottoir en ville, c’est un peu surfait et si vous avez envie de faire du vrai 4×4 avec, ça marche probablement mieux que le SUV de chez Maserati (ils ont pas voulu me laisser tester), mais en même temps 82’000 Frs pour aller faire l’andouille dans les champs, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

Pour faire simple et pour 82’000 CHF, neuf (à discuter), le Grand Cherokee sera à vous et vous aurez l’impression (pendant un bref instant) que les grands espaces américains s’offrent à vous. Personnellement, j’ai aimé. J’attends maintenant que le Garage Victoria me laisse la chance de tester la même version en Hellcat avec 707 chevaux. Je suis certain que, du coup, certains problèmes de reprise à l’accélération devraient se régler d’eux-mêmes et que le Service des Automobiles du canton de Genève sera ravi d’encaisser le malus.

Thomas Veillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Garage Victoria, Rue Général-Dufour 10 – 1204 Genève

+41 22 310 06 07 (demander Daniel Frey)

Website : https://www.garagevictoria.net

Merci à Daniel Frey du Garage Victoria d’avoir fourni le véhicule pour l’essai qui aura permis la rédaction de l’article et de conserver mon permis (normalement).

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