Plus c’est haut moins on y croit

Plus c’est haut moins on y croit

La semaine dernière aura vu encore une fois le Dow Jones battre un record d’altitude. C’est la huitième fois de suite que l’indice historique termine en hausse et il n’y a pas besoin d’avoir fait des études en statistiques pour savoir que plus on enchaîne les séances de hausse, plus le risque d’avoir une séance de baisse devient élevé. Tout ça pour vous dire que c’est à peu près la seule chose que l’on arrive à retenir des ces séances de hausse : le fait que l’on s’approche de plus en plus d’une séance de baisse. Et comme c’est la mauvaise saison pour baisser, on préfère voir le verre à moitié vide.

L’Audio du 7 Août :

Vendredi dernier, il y avait donc les chiffres de l’emploi. C’est à peu près la seule chose qui nous intéressait et la seule raison d’être venus au boulot. On n’a pas été déçus, puisqu’ils sont sortis à 209’000, nettement au-dessus des attentes. Je ne vais pas revenir sur les capacités de prévisions de la communauté des experts en économie, sinon ça va donner l’impression que je tire à chaque fois sur l’ambulance. Mais bon, c’est pas non plus de ma faute s’ils se plantent à chaque fois – ou presque.

Ce chiffre aura eu le mérite au moins de nous occuper toute la journée et de nous donner plein de justifications pour ce qui se passait dans le marché.

Prenons donc les choses dans l’ordre et avec le bouquin d’économie de marchés boursiers ouvert à côté de nous.

Tout d’abord ; qui dit plus d’emplois créés, dit plus de croissance, plus d’argent dépensé par les gentils salariés qui vont s’empresser de claquer l’argent de leur labeur. Si la croissance augmente, ça devrait donc encourager Yellen et ses potes à monter encore une fois les taux d’ici la fin de l’année – ce n’est pas que nous ne l’attendions pas, mais ce dernier chiffre fait presque office de confirmation officielle avec le tampon de la FED en gros imprimé dessus.

Qui dit hausse de taux américains, dit renforcement du billet vert face à la monnaie européenne et britannique. Qui dit Euro plus faible, dit que c’est encourageant pour les entreprises européennes qui vendent à l’étranger, parce que, du coup, leurs produits sont moins chers. Oui, l’autre jour on baissait parce que l’Euro était fort. Vendredi en Europe, on montait parce que l’Euro était faible. Merci Mon Dieu de la Finance, nous avons encore une certaine logique.

En Europe et aux USA, c’est surtout les bancaires qui montaient. Oui, parce que quand les taux montent, c’est positif pour les bancaires, parce qu’elles peuvent prêter de l’argent plus cher et surtout avec des marges plus grosses !

Et puis c’est aussi la fin de la saison des résultats, les gros noms sont sortis – on se rappelle Apple la semaine dernière – mais ceux qui sortent maintenant ne sont pas moins spectaculaires, au contraire, c’est la foire aux surprises et les surprises se paient à coup de 20 ou 30% de swing. Vendredi nous avons eu Yelp qui a pulvérisé les attentes et vendu un de leurs business, le titre prenait 28%. Il y a eu GoPro qui nous faisait un « revival » de l’époque où c’était super-tendance de faire du ski ave une GoPro vissée sur le casque et que personne ne trouvait ça ridicule. La société a vécu sa meilleure séance depuis trois ans et bondissait de 20%. On se réjouit de voir la vidéo embarquée. J’espère que c’est plus excitant que les films de vacances, parce qu’il ne faut pas oublier que la GoPro c’est le remplaçant des soirées « diapos » des années nonante et avant.

WeightWatchers explosait son capital points mensuel – comprenne qui pourra – et cartonnait de 25% et puis Viacom a foiré son trimestre et reculait de 13%. On voit que les marchés bougent à la vitesse d’un gastéropode au galop en ce moment, mais à l’intérieur, ça secoue comme une course de Nascar, mais comme tous les médias financiers nous disent que faire du « stock picking » c’est idiot et plus dangereux que le casino, on se contente d’acheter des ETF’s sur les 8’000 plus gros titres du monde et on attend la mort.

On signalera que l’or est cliniquement mort et qu’il a décidé de donner ses organes au Bitcoin. Le métal ne fait plus rien, il est collé à 1263$ comme si le prix était devenu un fixing une fois par année, par contre le Bitcoin a carrément pété un plomb la semaine dernière, puisqu’il a passé sa marketcap au-delà des 50 milliards. Depuis mercredi dernier, la monnaie virtuelle a progressé de 23%. Et pendant ce temps le 10 ans suisse vous coûte 0.6%. À noter que si vous aviez acheté du Bitcoin au début de l’année et que vous avez su serrer les fesses dans les périodes difficiles, la performance serait de 300% à la louche.

En fait c’est un peu plus que ça, mais à ce stade-là, on n’est plus à 15% près. Tiens, 15% c’est justement la performance de Nestlé sur l’année. Ce matin le Bitcoin vaut 3250$.

Si jamais ça vous intéresse, le pétrole est à 49.50$, le Nikkei baisse de 0.3%, Hong Kong monte de 0.3% et la Chine ne fait rien ou presque.

Nous voici donc au début d’une nouvelle semaine. La période des publications trimestrielles touche à sa fin, les chiffres de l’emploi sont sortis, il va nous falloir chercher quelque chose de nouveau à attendre, sinon on va trouver le temps long, sachant que le mois d’août est globalement mort puisque tout le monde est en vacances ou presque.

Ce matin, le truc qui occupe tout le monde c’est de savoir si les deux mois qui nous attendent vont être :

a) pourris
b) un peu pourris
c) beaucoup pourris
d) horriblement pourris
e) ou, caramba encore raté on aurait du acheté on pensait pas que le S&P irait à 3’000 aussi vite !!!

Il vrai qu’historiquement parlant, si l’on ressort les vieilles éditions du Wall Street Journal, il semblerait que l’on puisse dessiner une espèce de « cycle » qui se répète année après année. Bon, il est vrai que les plus grand « krachs » de l’histoire ont tout de même eu lien en septembre et en octobre, forcément ça laisse des traces dans le psychés des intervenants, même si peu d’entre nous ont vécu le krach de 29, ou alors ils sont très très vieux et leur préoccupation du moment doit plus être au niveau de l’heure de la prochaine compote au réfectoire de l’EMS plutôt que de savoir où sera le marché à la fin du mois d’octobre.

Bref, tout le monde y va de sa théorie pour savoir si nous ne sommes pas « toppish », si les marchés ne sont pas « correctement évalué » et si la trajectoire ne peut être que descendante, puisque définitivement, les arbres ne vont pas au ciel. Et tiens, d’ailleurs, techniquement, pourquoi les arbres n’iraient pas au ciel ???

En tous les cas, même si un jour les arbres le peuvent les stratèges de la finance commencent à trouver le temps long sans que nous ayons vécu une correction et il serait temps que ça vienne. Surtout pour que les éternels négatifs qui se basent sur le fait que plus ça monte longtemps, plus on se rapproche du jour où ça baisse, puissent justifier leur salaire mirobolants. Sinon ça va commencer à se voir.

Là tout de suite, je dirais donc qu’après plus de 8 ans de bull market, un marché qui monte aussi vite qu’un type qui a de l’emphysème monte les escaliers, une saison des trimestriels qui se termine et un calendrier économique anorexique et une saisonnalité qui donne plus envie de partir faire le trail des Appalaches plutôt que de rester devant ses écrans de trading… On sent que les intervenants aimeraient quand même que ça baisse un peu, ça serait plus logique quand même.

Dans les nouvelles du jour, mis à part les mises en garde sur la saison qui « pourrait » nous péter à la figure, on retiendra que le Gouvernement US a récupéré 150 milliards de dollars en amendes depuis la crise de 2008. Finalement, les banques auront fait quelque chose de bien en cotisant à la manne collective du Gouvernement US qui s’est empressé de tout redépenser en armement pour continuer à s’enliser en Afghanistan.

Le Barron’s propose des solutions pour générer des rendements de 11%, mais recommande de lire l’article avec prudence. J’ai aussi des solutions pour avoir des rendements de ce niveau-là, mais à entendre les investisseurs potentiels, TOUT LE MONDE a des solutions trop cool qui font mieux que ça. Si, si, je vous jure. En plus de cela, le journal du dimanche propose d’acheter Delta Airlines et s’interroge sur l’avenir du sport à la télé, sachant qu’Amazon, Facebook et Google s’y intéressent et ont de l’argent à mettre dedans. En même temps, maintenant que Bolt n’est plus là, une fois que Federer va prendre sa retraite, on va regarder quoi ? PSG- Lens ???

Je vous préviens de suite que côté chiffres économiques, ça ne sera pas la folie, puisque nous aurons tout de même le CPI en Suisse – oui je sais, pas facile de contrôler son excitation quand le CPI suisse est publié, mais rassurez-vous, il y aura aussi le Sentix Investor Confidence en Europe et le FED Labor Market Conditions et le Consumer Credit. Je peine à garder mon calme avec tant de choses intéressantes qui nous attendent.

On notera aussi, puisque c’est la seule chose qui nous intéresse VRAIMENT actuellement, au chapitre des transferts footballistiques, Cristiano Ronaldo ne cesse de se plaindre du traitement fiscal que lui inflige l’Espagne et il voudrait retourner en Angleterre parce qu’ils sont plus gentils avec lui. En même temps, étant donné ce que va leur coûter le Brexit, il risque de cotiser aussi. Mais bon, donc CR7 veut retourner en Angleterre. D’abord parce qu’il n’aime pas que l’on ne parle que de Neymar, ça fait de l’ombre à son « génie » et ensuite, si lui il est transféré, il faudra débourser un MILLIARD pour le sortir du Real Madrid. Il est vrai que soudainement Neymar est ridicule. Reste à trouver quelle mafia ou quel pays producteur de pétrole est prêt à mettre un milliard sur la table pour que Môssieur Ronaldo puisse aller jouer dans une équipe de seconde zone britannique…

Bon, je me rends compte que si je commence à parler football dans cette chronique, c’est qu’il n’y a vraiment rien à dire. Je vous souhaite une très belle journée et on se voit demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

« Never Put Off Till Tomorrow What You Can Do The Day After Tomorrow »

Mark Twain

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