Le crowdfunding, seulement pour les millennials?

Le crowdfunding, seulement pour les millennials?

Le crowdfunding sous toutes ses formes, que ce soit dons, précommandes, prêts ou encore en échange de capital-actions, est collaboratif, direct et simple donc pourquoi serait-il réservé aux seuls millennials ?

Cet article a été publié initialement dans La Lettre N°5 d’investir.ch (décembre 2017)

 

David Croisier, fondateur de la plateforme de crowdfunding Beedoo.ch

En préambule, je dirais que je suis opposé à l’idée de coller une étiquette, mais dans ce cadre-ci, comme c’est objectif (année de naissance), je vais tout de même m’aventurer sur le sujet.

Les millennials, génération sacrifiée pour certains, digital native et donc chanceuse pour d’autres, qui veut réussir sa vie plutôt que réussir dans la vie, égoïste, mais adepte du partage et, au final, pleine de contrariétés pour les observateurs.

Cette génération a vécu la crise financière de 2008. Elle en a tiré des leçons et s’est probablement forgée une opinion de la finance traditionnelle qui n’est pas des plus reluisante, c’est le moins que l’on puisse dire.

Partant de ce postulat, leur vision des institutions en général, et financières en particulier, n’est pas très positive pour ne pas dire suspicieuse. De ce fait, les millennials tendent à faire tout leur possible pour les éviter, les contourner, voire totalement fuir ces institutions auxquelles ils n’accordent aucune confiance. Ceci se reflète clairement par leur énorme engouement pour les réseaux sociaux, qui, du moins jusqu’à récemment, étaient sensés présenter des informations, certes biaisées, mais «validées» par leurs pairs. Postulat définitivement remis en cause puisque, comme nous l’apprenons chaque jour d’avantage, ces informations peuvent être et ont été manipulées. Et même sans manipulation ces informations montrent une tendance à tendre vers les extrêmes, ce qui n’était pas le but souhaité.

Maintenant, comme toute révolution, les choses vont probablement aller vers des excès avant de définir une nouvelle réalité, mais celle-ci ne sera en tous cas pas la même que par le passé.
Cette évolution se reflète très clairement dans le domaine de la finance, avec une génération Y qui veut analyser, comprendre les choses en les cherchant d’elle-même sur le net ou auprès de leurs réseaux. Des millennials qui font souvent plus confiance à l’opinion de la «foule» plutôt qu’aux institutions. Mais ce comportement ne serait-il pas tout simplement une nouvelle version du price discovery process souvent mentionné par ces mêmes institutions… Une génération Y qui, de par sa vision et son vécu, a une forte tendance à vouloir supprimer les intermédiaires afin d’avoir un accès le plus direct possible tant en terme d’achats, d’investissement que de dons.

Ces différents points trouvent leur écho tout naturellement dans le crowdfunding.

Pour en démontrer une certaine pertinence, je ne ferai mention que d’une seule étude concernant le crowdfunding sous forme de donation, une analyse faite par Leetchi.com en Grande-Bretagne, basée sur un sondage Yougov ; les 18-34 ans utiliseraient plus volontiers une plateforme de crowdfunding pour faire des dons directement à des personnes plutôt que de passer par une œuvre de charité. Et quand on leur demande les raisons pour lesquelles ils ne souhaitent pas passer par l’intermédiaire d’une organisation caritative, plus du tiers (38%) pensent que par ce biais, il n’y aura qu’un petit montant de leur don qui sera réellement affecté à la cause choisie. De plus, 37% des 18-34 ans ont déclaré qu’ils ne faisaient pas confiance aux institutions qui font les collectes.

Vu le manque de recul, il est encore difficile de se prononcer sur le sujet, tant des millennials que sur le crowdfunding. Les observations actuelles pourraient s’apparenter à un effet de mode dû à l’âge plutôt qu’à une profonde modification de comportement de toute une génération.

Mais le crowdfunding serait en tous les cas une solution qui réponde à toutes les velléités actuelles:

  • Il est basé sur l’opinion de la foule, difficile d’être plus clair, «crowd», foule en français fait partie intégrante du mot.
  • Il propose un accès direct, pour l’instant, il n’y a pas plus direct que ça.
  • Il offre un accès le plus transparent possible à l’information, une obligation sine qua non afin d’offrir aux gens la possibilité de se forger leur propre opinion pour décider de participer ou non à la campagne.
  • Il ne reste plus que le résultat, et là bien sûr il n’est pas garanti.

Ce qui est en fait à peu de chose près la même chose que par le passé, mais avec moins d’intermédiaires et donc de frais, une prise de décision plus contrôlée et personnelle, ce qui permet peut-être également d’accepter un peu plus facilement les risques et les erreurs…

Alors millennials ou non, le crowdfunding pour les dons, les précommandes, les prêts et les actions, avec son côté, simple, direct et participatif n’est-il pas la solution non seulement pour la génération Y, mais pour toutes les générations?

De mon point de vue, la réponse est clairement oui, raison pour laquelle nous avons lancé Beedoo.ch une plateforme d’investissement qui propose un accès direct à l’économie réelle. L’equity crowdfunding répond aux demandes actuelles tant des porteurs de projets en recherche de financement que des investisseurs en recherche d’une belle histoire à raconter avec une proximité et une aventure bien réelle de l’investissement.

Millenials ou non, tout le monde souhaite en fait plus qu’un simple investissement.

 

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