C’est fini ou c’est pas fini ?

C’est fini ou c’est pas fini ?

Après avoir passé une semaine à l’abri pour se protéger de la chute des bourses, on peut raisonnablement se demander s’il est temps de ressortir ou si l’accalmie n’est que temporaire.

L’Audio du 12 février 2018

Vendredi, les marchés américains ont réussi à terminer la séance en hausse pendant que l’Europe terminait à nouveau dans le rouge mais limitait tout de même la casse. La volatilité reperdait plus de 13% pour terminer à 29%. Ce matin les futures sont orientés à la hausse et laissent penser qu’à la place d’un « Black Monday », nous pourrions avoir un « Rosy One » qui nous permettrait de stabiliser le marché mais surtout nos esprits tourmentés qui ne savent plus trop quoi penser de la situation dans laquelle nous sommes.

Selon les futures, tout semble vouloir se calmer – y compris la volatilité – et nous devrions avoir une meilleure semaine que la précédente, ce qui, et vous en conviendrez, n’est pas vraiment très compliqué. Par contre, si l’on en croit les statistiques et en supposant que nous sommes en mode « correction » et non pas en mode « début du Bear Market », la correction est loin d’être terminée et nous pourrions encore avoir des turbulences.

En effet, si l’on se plonge dans les précédentes exactions des bourses mondiales et que l’on introduit le tout dans un fichier Excel, on se rendra rapidement compte que la correction moyenne est de 16.4% et dure environ 64 jours. Ce qui, compte tenu de là où nous nous trouvons, pourrait encore amener le S&P à 2400, soit 7.8% plus bas.

Bon, ce ne sont que des chiffres, mais il faut tout de même se souvenir que ça faisait bien longtemps que nous n’étions plus rentrés en mode correction et que maintenant que nous y sommes, autant faire les choses dans l’ordre et avec respect du passé des marchés boursiers.

Non, je plaisante. Franchement on n’en sait rien, ça peut rebondir demain et on peut se retrouver au plus haut de tous les temps au mois de mars, ou alors ça continue de baisser, on rentre en Bear Market et Roubini redevient une star quand le S&P500 atteindra les 333, 2200 points plus bas et il viendra sur CNBC porté par douze vierges et viendra nous dire avec cérémonie : « je vous l’avais dit ». Pour être sincère tout est possible comme les sciences Économiques sont tout sauf une science exacte, si vous me dites que dans trois semaines le marchés est 25% plus haut ou plus bas, ça n’engage que vous et quand on voit le nombre de tocards qui balancent des théories qui ne se confirment jamais et qui continuent d’être « des stratégistes reconnus », je suis enclin a envisager à peu près n’importe quel scénario.

Toujours est-il que ce matin les futures pointent vers la hausse. L’or frise les 1326$ – on ne peut pas dire qu’il se comporte comme une valeur refuge lui. Tout le monde semble s’en balancer c’est impressionnant. Pendant ce temps le pétrole est sous les 60$. Voilà, c’est fait. La bonne nouvelle c’est que si le pétrole baisse, l’inflation devrait également se calmer un peu cela devrait donc être positif pour les marchés, puisque c’est pour ça qu’on a baissé à l’époque, si j’ai bien tout compris.

Le Japon est fermé ce matin, mais Hong Kong et la Chine sont en hausse de 0.8%.

Une des thématiques qui revient régulièrement sur la table c’est la volatilité, l’explosion du XIV l’autre jour a laissé des traces, qu’on le veuille ou non. Avec le recul, on peut largement se demander comment on peut réellement croire que se battre contre la volatilité est une bonne stratégie, surtout que ça fait des mois qu’elle est cliniquement morte. Encore une fois, l’attrait de l’argent facile a fait son office. Mais la facture se sera payée cash.

Il y a également une autre leçon à tirer de cette explosion de volatilité et les conséquences qui y sont attachées ; le XIV n’est pas le seul produit lié à la volatilité qui existe dans le marché. Et si nous avons encore des accidents comme celui des ces derniers jours, on peut s’attendre à des conséquences similaires, car on voit clairement que ce type de produits « structurés » échappent à tout contrôle en cas de dérapage non-contrôlé des marchés financiers.

Dans les nouvelles du jour on voit Ray Dalio qui pense que la période de l’argent facile est terminée et que la volatilité est de retour pour rester. Le Wall Street Journal pense qu’il faut encore « serrer les fesses » et que les secousses boursières ne sont pas terminées. Broadcom a déjà emprunté et sécurisé 100 milliards pour racheter Qualcomm, on attend plus que les actionnaires votent dans le bon sens.

Le Barron’s pense que la volatilité n’a pas fini de nous faire rire et on peut clairement dire que c’est LE SUJET du moment, soudainement tout le monde a un avis dessus. Le journal pense aussi que si vous êtes déjà prêt à acheter cette semaine, Apple devrait faire partie de votre liste de shopping.

En résumé, nous ne savons pas si la baisse est terminée, statistiquement non. Nous ne savons pas ce qu’il faut faire mais tout le monde a un avis sur la volatilité alors qu’il y a encore deux semaines, ça paraissait intelligent d’être short dessus – on pense amicalement au XIV du Crédit Suisse et on est fier de voir que la banque suisse qui en détenait 32% à trois jours du « krach » a été suffisamment intelligente pour tout vendre avant puisqu’ils n’ont pas perdu d’argent. Ils sont trop forts. Pourtant d’habitude, à chaque « gonfle » ils sont dedans mais pas là.

Et puis ce qui me fascine, c’est que la baisse aura été déclenchée par une crainte de hausse de l’inflation et un rendement du 10 ans en hausse, mais ce matin en lisant la presse et les avis de tout un chacun, je n’ai trouvé JAMAIS trouvé mention de ces deux choses. À aucun moment. Sans compter que plus personne ne parle de la Réforme Fiscale… Le concept de la mémoire de poisson rouge ne cessera jamais de m’impressionner.

Côté chiffres économiques nous aurons le CPI en France et en Suisse et le rapport mensuel de l’OPEP. Et puis, malgré que plus personne n’en parle et que tout est éclipsé par le comportement erratique des marchés et de la volatilité, mais les publications trimestrielles continuent.

Pour le moment les futures sont nettement en hausse tout comme les « Cryptomonnaies » qui semblent retrouver gentiment le chemin de la hausse. Le Bitcoin est à 8400$ et l’Ethereum à 835$. Et puis le rendement du 10 ans est de retour à 2.86%, là où on a commencé à tout vendre il y a 10 jours. Je dis ça, je dis rien.

Il me reste à vous souhaiter une belle journée. En ce qui me concerne, je vais mettre les skis et je vous retrouve demain. Que la force soit avec vous et la volatilité vous soutienne, tant que faire se peut.

Excellente journée et à demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

“If you can dream it, you can do it.” —Walt Disney

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