Vous reprendrez bien un tour de grand-huit ?

Vous reprendrez bien un tour de grand-huit ?

Tout cru patate crue ! Il y a 24 heures on avait bien cru que c’était terminé. Que le tambour de la machine à laver qui tournait en mode essorage depuis la semaine dernière avait fini par s’arrêter et que finalement on allait s’en sortir. C’était sans compter la technique dite « du retour de manivelle dans les gencives » et le marché s’est fait défoncer encore une fois. La seconde fois avec 4% de baisse sur le Dow Jones en moins d’une semaine, c’est jamais bon pour la confiance et même la bonne vieille stratégie du « quand le Matin et le 20Minutes parlent de la bourse, il est temps d’acheter n’a pas fonctionné. On espère juste que ça ne va pas durer suffisamment longtemps pour que les deux journaux se mettent à créer une page « spécial bourse ».

L’Audio du 9 février 2018

La bonne nouvelle c’est que rien n’a changé par rapport à la semaine dernière. Il ne s’est rien passé sur la planète finance qui aurait justifié une nouvelle vague de ventes conséquente à une nouvelle neuve qui aurait rajouté une couche de dépression nerveuse à celle que nous avions déjà de la peine à traiter. Pour faire simple on est revenu sur les vieilles histoires, après tout c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes, et on s’est dit que ; l’inflation c’est pas bon, les rendements trop hauts, c’est un peu chaud et la volatilité qui monte, ça fout les jetons.

En plus je soupçonne qu’il y a deux ou trois produits structurés sur la volatilité – un peu à l’image du XIV du Crédit Suisse qui sont en train de péter tout azimuts poussant certains opérateurs à liquider des positions de manière un peu désordonnée.

Peu importe, le résultat est là ; les marchés se sont fait décimer en Europe, même le Dollar qui remontait n’a pas fait broncher les intervenants qui en oubliaient même l’argument de base du trader européens qui consiste à acheter l’Europe quand le dollar monte, parce que c’est mieux pour les exportatrices. Et puis, alors que les Européens terminaient leur séance en larmes, les Américains entamaient la leur dans un état d’esprit de fort mauvaise facture – un peu à l’image de la coupe de cheveux de leur Président. Enfin, de ce qui leur sert de Président.

En plus, ils se sont rajoutés une couche de stress. Car en plus de la triplette magique qui fait vomir, inflation, volatilité, rendements obligataires, les intervenants ont commencé à s’inquiéter d’un nouveau « shutdown » au cas où le Congrès ne votait pas le dernier budget prévu hier soir – il ne l’ont d’ailleurs pas voté… Ce qui est tout de même paradoxal, parce qu’il y a 3 semaines quand nous sommes VRAIMENT entré dans un « Shutdown », on s’en foutait comme de l’an 40, par contre hier avec l’angoisse qui nous prenait à la gorge, tout prétexte était bon pour tout vendre.

Bref, je ne vais pas vous faire un dessin, c’est moche. Les supports techniques sont à risque, le marché est entré dans une zone de « correction » – ce qui suppose que l’on a baissé de plus de 10% depuis les plus hauts – et Jim Rogers estime que le prochain Bear Market qui nous attend au coin du bois sera le pire de l’histoire. En même temps, Jim Rogers, depuis le temps qu’il nous prédit un Bear Market…

Je crois donc qu’il n’y pas besoin d’aller chercher beaucoup plus loin, étant donné que nous avons tous une vision à 24 heures, le marché est en mode « panique ». Au secours, courage fuyons. Alors bien sûr on peut aussi parler de Tesla qui s’est faite allumer de 9% malgré les commentaires encourageants d’Elon Musk et l’envoi d’une voiture dans l’espace. Il semblerait que certains investisseurs s’interrogent toujours sur la nécessité de claquer une montagne de fric pour mettre une voiture dans une fusée et l’envoyer dans l’espace pour faire un coup de pub. Autrement Teva a raté son trimestre. Paf, 11% dans la pharmacie de médicaments génériques. Et Twitter a pris 12% parce que les chiffres étaient moins mauvais que d’habitude et que depuis que l’on peut mettre plus de 140 caractères dans un Tweet, c’est une révolution et franchement, on se demande ce qu’on pourra bien inventer après ça.

L’or remonte de 1$, on sent tout de suite la valeur refuge et le pétrole joue toujours avec la barre psychologique des 60$. Et puis ce matin le Bitcoin est à 7’780$ en baisse de 5% et l’Asie se fait découper en rouleaux de printemps. Le Nikkei est en baisse de 2.8%, Hong Kong de 3.3% et la Chine de 4% et plus…

C’est la déroute un peu partout, il est donc temps de sortir de notre poche le petit guide de survie en cas de krach boursier ou, disons plutôt, de correction violente.

a) En moyenne, les phases de « correction » sont de 14%
b) En moyenne, les baisses de 2% et plus arrivent environ 5 fois par année
c) Plus ou moins tous les 5 ans, les marchés baissent d’environ 30%
d) Les marchés montent en moyenne 3 années sur 4. 134 années de hausse contre 55 années de baisse.
e) Sur une longue durée, les marchés boursiers battent l’inflation de manière significative
f) Vendre bas et acheter haut n’a jamais fonctionné
g) Éteignez CNBC, n’allez pas sur internet, ne lisez pas le 20 minutes et ne regardez pas l’état de votre compte en banque, ni de votre dossier titres
h) Ne prenez jamais de décision importante sous le coup de l’émotion

Ce sont simplement des faits, le reste n’est que du vent et du brassage d’air.

Actuellement les futures sont inchangés et se battent pour ne pas plonger dans le rouge.

Pour les nouvelles du jour, ce n’est que des articles sur la « correction » en cours, sur le fait que les indices américains sont en baisse de 10% depuis les plus hauts, la fin du monde est proche et les extra-terrestres devraient nous envahir sous peu pour autant qu’ils ne soient pas déjà parmi nous. Et quand on voit Trump, on peut se demander.

On retiendra que Qualcomm a refusé les 82$ offerts par Broadcom, pas encore assez cher semble-t-il, mais ils ont décidé au moins de commencer à discuter entre eux pour trouver une solution. Après tout, c’est une question de pognon, tout le monde a un prix.

Nous sommes donc en mode correction et en plus nous sommes vendredi. Rien qui devrait nous rassurer. Les nouvelles sont maigres et la photo générale n’a pas changé. La plupart des patrons de la FED ont parlé hier et n’ont fait que dire que ce que nous vivons est « normal » et que les correction sont saines pour le marché. Côté chiffres économiques, nous aurons le chômage en Suisse, le trade balance et la production industrielle en Angleterre, mais pour le reste, je dois dire que l’on attend simplement le week-end après une semaine pareille. Et pour terminer, le gouvernement US est semble-t-il à nouveau fermé pour cause de plus de pognon, comme il y a trois semaines. Moi quand je serai grand, je veux faire fonctionnaire à Washington, d’abord tu fous rien et en plus t’as plein de vacances surprise.

Je vous souhaite donc une très bonne journée et un excellent week-end, ainsi que de bonnes vacances pour les Genevois qui partent skier.

À lundi.

Thomas Veillet
Investir.ch

“Invest like a bull, sit like a bear and watch like an eagle. »

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