Grâce à une politique agressive de la Fed, le marché a vu une augmentation significative d’émissions d’emprunts dont la notation est de BBB+ à BBB-. Si une hausse de taux brutale devait se produire ou si l’économie devait ralentir rapidement, les marchés financiers pourraient en ressentir quelques effets désagréables. Un article du Barron’s apporte quelques lumières sur ce sujet.

Selon cet article, le montant des émissions de sociétés américaines dont la notation est relativement basse a explosé au cours de ces dix dernières années. Les obligations BBB américaines représentent à ce jour environ 3 mille milliards de dollars contre 700 milliards en 2008.

Pourcentage des obligations BBB de l’univers de l’investment grade
Source: Bloomberg, Gluskin Sheff

Quelles seraient les conséquences d’un choc économique ou monétaire significatif ?

Une récession serait un facteur important qui aurait comme conséquence une baisse de la notation de ces entreprises qui rejoindraient le secteur des «anges déchus». Rappelons que de nombreux investisseurs institutionnels ainsi que les gestionnaires d’ETF (d’obligations investment grade) ne peuvent garder des titres qui quittent les rangs de l’investment grade . Dans cette situation, les experts pensent que le marché aurait de la peine à digérer ces flux d’obligations et que les écarts de rendement entre les deux secteurs, investment grade et non-investment grade, augmenteraient drastiquement.

Ajoutons à ceci le fait que nombre d’investisseurs considèrent l’univers des obligations de moindre qualité comme un proxy aux actions. De ce fait, une pression vendeur pourrait aussi voir le jour dans le domaine des actions.

Pas de récession et pas de hausse brutale des taux, alors?

Source: JPMorgan

La politique des «taux bas» a engendré un autre facteur perturbant: le levier. Depuis la crise de 2008, l’effet de levier (dette divisée par le bénéfice annuel moyen avant intérêts, impôts et amortissements) a sensiblement augmenté pour les émetteurs d’obligations BBB. Il est de 3,2x contre 2,1x en 2007. De plus, selon un expert, 37% des compagnies de cet univers ont une dette qui représente 5 à 6 fois leurs cash flows.

C’est ainsi que les investisseurs doivent se montrer encore plus vigilants car les notations peuvent rapidement changer. Alors que faire?

Diversification et opportunisme sont de rigueur et plusieurs fonds, actifs, répondent à ces critères. De plus, pour qui veut s’accoquiner avec les anges déchus, des produits comme l’ETF Invesco US High Yield Fallen Angels sont à considérer. Les distorsions de marché apportent leur lot d’opportunité pour qui peut les saisir.