Gridlock – le nouveau mot à la mode

Gridlock – le nouveau mot à la mode

Nous voici donc APRÈS les élections de mi-mandat. Ça fait déjà un sujet de moins que nous aurons à traiter et donc nous aurons plus de temps pour apprécier les négociations sur la Trade War.

L’Audio du 8 novembre 2018

Les Américains ont donc un gouvernement qui est «divisé », les Républicains détiennent le Sénat et les Démocrates obtiennent le reste. Nous sommes donc dans ce que l’on appellera une « cohabitation » et ce que les Américains appellent « GRIDLOCK ».

Je sais, c’est de l’anglais, mais va falloir vous y faire parce que j’ai l’impression qu’on va nous le ressortir à toutes les sauces pendant les deux prochaines années.

Trump va donc devoir négocier avec les Démocrates et ça sera moins facile pour lui. Mais en revanche, il s’est débarrassé du même coup de certains Républicains qui ne lui facilitaient pas la tâche, ce qui n’est pas plus mal pour lui. Et en conclusion, le GRIDLOCK devrait laisser les choses en place, telles qu’elles sont et garder du même coup une certaine « stabilité », le marché ADORE la stabilité et déteste l’incertitude.

Trump va donc pouvoir se concentrer sur les trucs importants. Sur LE TRUC important ; les négociations avec la Chine. Point final. Et pendant ce temps, le marché va pouvoir monter tranquillement – enfin, remonter tranquillement – alors que la politique washingtonienne est complètement paralysée et que c’est finalement une bonne nouvelle.

Bref, le marché a adoré.

On était SOULAGÉ !!! C’est le mot qui ressort.

Tout va bien, ou bien ?

Pour être franc, je ne sais pas ce qui aurait été une « mauvaise nouvelle », puisque personne n’en parle. Mais selon les « experts », un gridlock a toujours été « bon » pour les marchés, alors un « gridlock » après une correction dans une période où statistiquement les marchés ne font que monter, je ne sais pas ce que c’est, mais ça doit se rapprocher furieusement du concept d’un « coup sûr »…

Les indices européens étaient donc en mode relax et montaient sans discontinuer et sans se poser de question. On n’osait même plus parler du budget italien, tellement on était content de la « bonne nouvelle » aux USA. Comme si le fait que le Congrès soit paralysé allait simplifier les négociations entre Bruxelles et Rome. Peu importe, hier c’était hymne à la joie et puis c’est tout.

Aux USA les trois indices principaux terminaient en hausse, sur les 30 titres qu contient le Dow Jones, 29 terminaient dans le vert et sur les trois indices, la moyenne mobile des 200 jours (fortement regardée par les traders) se faisait littéralement exploser à la hausse. L’ambiance était euphorique et ça faisait bien longtemps que ça n’était plus arrivé. Manquerait plus qu’à que Trump annonce un deal exceptionnel avec les Chinois dans les trois semaines et le mois d’octobre ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Incroyable comme avec rien de plus qu’avant, si ce n’est de l’immobilisme garanti, le marché peut changer de configuration. Hier AMD s’est rapproché d’Amazon et les deux titres ont explosé, Google, Apple, NetFlix et consort étaient en hausse de plus de 3%, tout montait ou presque.

Le retour des Bulls

Une journée qui donnait envie aux Bulls d’assumer à nouveau leur condition et de sortir du trou où ils planquaient depuis un mois. Et tout ça parce que Washington cohabitera dès le début de l’an prochain.

Il n’est pas exclu que l’on viennent se reposer des questions sur le sujet et que Trump provoque les Démocrates à la première occasion, mais toujours est-il que le marché apprécie le fait de rester là où nous sommes en terme de politique et espère que l’économie va continuer à bien se comporter d’elle-même sans le soutien de la politique.

On notera encore que les titres du secteur de la Marijuana – puisque c’est devenu « un secteur » à part entière – les titres du secteur se sont donc tous envolés après la démission du Procureur Général des Etats-Unis – Jeffrey Sessions – Jeffrey Sessions qui n’était pas fan de la Marijuana, justement…

Voilà, la journée d’hier était donc fabuleuse pour ceux qui croient que ça peut encore monter et que l’économie a encore de l’espoir et désastreuse pour des types comme Roubini qui avaient enfin raison après 10 ans de disette et qui doivent détester l’idée que ça reparte dans l’autre sens.

Ce matin l’or est à 1225$ et à peu près aussi excitant qu’un plat de brocolis à la vapeur et le pétrole est toujours collé au fond du bac et refuse de remonter malgré l’illogisme du prix actuel. Le Bitcoin et les Cryptomonnaies refont parler d’eux alors que ça remonte gentiment. Tout espoir n’est, semble-t-il, pas perdu.

La Chine ne va pas si mal

L’Asie est également en hausse ce matin, le Japon bondit de 1.9% et de joie, parce que c’est trop chouette de voir ce qui se passe aux USA, Hong Kong avance de 0.7% et la Chine ne monte « que » de 0.3%. Pourtant les Chinois ont publié un Trade Balance bien plus fort que ce que l’on pouvait supposer après toutes les mauvaises nouvelles et les angoisses de ces derniers mois.

Les exportations chinoises étaient en hausse de 15.6% contre 11% attendu par Wall Street et les importations sortaient à 21.4% contre 13% attendu. Finalement on dirait que ça ne va pas si mal que ça en Chine, bien que le marché ne le valorise pas comme ça.

Dans les autres nouvelles du jour, en plus des élections américaines qui monopolisent principalement les médias financiers ce matin, il y a Boeing qui met en garde les propriétaires de 737 de dernières génération, puisqu’il semblerait que certains capteurs donnent de fausses informations. Fausses informations qui pourraient avoir causé le crash de Bali il y a 10 jours.

UBS au tribunal

L’UBS continue de nager dans les problèmes légaux, après la France qui leur réclame 1.6 milliards voici que le Département de la Justice américain revient sur des transactions sur des « Residential Mortgage-Backed Securities » que l’on appelle “RMBS” ou encore résidu pourri de Subprime. Le DOJ veut poursuivre la banque et, comme d’habitude, réclamer plein de pognon pour pouvoir organiser décemment la fête de fin d’année du Département. La banque suisse a déjà exprimé sa volonté de « ne pas se laisser faire ».

Ça ne leur a que peu réussi jusque-là, mais ça ne coûte rien d’y croire.

On apprend aussi que le mois d’octobre aura été pourri pour les Hedge Funds, puisque seul un sur 7 a terminé le mois sur une note positive. Eux qui se réjouissait du retour de la volatilité, ça fait mauvais genre.

Et la FED

Et pour terminer, on commence à aborder le nouveau sujet de la semaine ; la FED qui parlera ce soir. Oui, parce que pendant que les USA votaient, les gars de la FED se réunissaient et causaient de l’avenir des taux en mangeant des club-sandwiches en buvant du café noir. Ce soir Powell va nous faire le résumé de l’histoire et toutes indications concernant les prochaines décisions à venir ou le moindre fléchissement sur l’avenir de la hausse des taux sera le bienvenu pour conclure la semaine.

La FED, ça sera ce soir tard.

Pour le reste des chiffres importants, il y aura aussi l’emploi en Suisse, le Trade Balance en Allemagne et les Jobless Claims. Nous aurons aussi droit au bulletin économique de la BCE, ainsi qu’aux prévisions qui vont avec. Au passage, on notera aussi qu’un panel d’experts a déclaré que « si ça continuait comme ça », la croissance de l’Allemagne allait ralentir.

Pour le moment les futures sont légèrements plus faibles, mais il faut dire qu’avec la hausse d’hier soir, on ne peut pas leur en vouloir.

Je crois que c’est tout ce qu’il y a à dire ce matin, rappelez-vous, le seul mot qui compte c’est GRIDLOCK.

À demain pour conclure la semaine !

Thomas Veillet
Investir.ch

« In the middle of difficulty lies opportunity. »
Albert Einstein

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