Une histoire d’eau

Une histoire d’eau

L’eau, une ressource dont personne ne peut se passer, n’est pas aussi abondante qu’elle n’y paraît surtout si nous songeons à l’eau douce et potable. L’augmentation de la population mondiale, les nouvelles habitudes alimentaires et notre mode de vie impactent fortement la consommation du précieux liquide.

Augmentation de la population

Selon un rapport de l’ONU publié le 21 juin 2017, la planète compterait 11,2 milliards de personnes en 2100. Ce rapport précise que le scénario moyen prévoit une population de 10 milliards en 2050 avant de dépasser les 10 milliards 5 ans plus tard.

Il faut la quantité d’eau moyenne nécessaire à un adulte pour éviter la déshydratation est d’environ 2,5 litres par jour. Il faudra donc trois fois plus d’eau potable disponible à la fin de ce siècle.

En 2030, les trois pays les plus peuplés seraient l’Inde suivie de la Chine et du Nigéria. Ce dernier évincerait les Etats-Unis de la troisième place.

La proportion de personnes âgées de 60 ans et plus augmentera drastiquement. En 2017 elle représentait environ 13% de la population mondiale et à la fin du siècle, cette proportion s’élèvera à 30%.

Utilisation de l’eau

Les principaux utilisateurs d’eau douce sont :

L’agriculture : 70% de la consommation d’eau douce
L’industrie : 20%
Les ménages : 10%

La société change et l’urbanisation est un des témoins principaux de cette évolution. Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des villes et, selon les experts, ce pourcentage augmentera à 70% en 2050.

Urbanisation rime quelque fois avec classe moyenne. Les individus qui composent ce segment de la population sont de gros consommateurs d’eau via l’hygiène mais aussi via de nouvelles habitudes alimentaires. Par exemple, le consommateur urbain chinois consomme plus de viande donc, indirectement plus de céréales et donc d’eau.

Le site “Water footprint network” propose quelques chiffres éloquents. Par exemple, combien boit une vache par jour ? Entre 70 et 100 litres par jour. Sachant qu’il faut environ 3 ans pour obtenir 200 kg de viande bovine, cela fait entre 76 650 et 109 500 litres d’eau. Ou de 383 à 547 litres pour un kilo de viande bovine.

Les chiffres sont une moyenne car tout tout dépend de quoi on parle et d’où se trouve le bétail : de l’eau bue par le bovin, ou bien de l’eau nécessaire tout au long son parcours, alimentation comprise. Par exemple, en Wallonie, l’alimentation des bovins est loin d’être la même que dans les élevages intensifs américains, brésiliens ou flamand. Comme le soulignait Stéphane Delogne, éleveur de bovins bio à Bertrix, le bétail wallon se nourrit beaucoup en prairie (48%) et boit souvent de l’eau des rivières. D’autres animaux sont moins gourmands en eau. Il faut 6000 litres par kilo de porc, 4000 par kilo de poulet. Les légumineuses, les fruits et les légumes demandent le moins d’eau. Le rapport entre l’empreinte des légumes et du bœuf est de 1 à 20.

Et encore…

L’eau est une denrée précieuse et il ne faudrait pas en faire une denrée rare. Nous comprenons que plusieurs facteurs influent sur la consommation d’eau, potable ou non. Mais il manque une dernière étape pour que la boucle soit bouclée : la gestion des déchets liés, entre autres, à l’utilisation de l’eau.

L’eau comme d’autres matières doit être préservée ou recyclée. Intuitivement, nous savons que nos nouvelles habitudes alimentaires ou de vie induisent une consommation de matières premières plus élevée. De ce fait, une quantité de déchets organiques ou non augmente fortement. Un des exemples est celui des déchets plastiques. Comme le rappelle l’article de Mirabaud, le plastique est souvent rejeté dans de l’eau (lacs, mers ou océans).

Bertrand Lecourt, expert dans la thématique de l’eau et du traitement des déchets, recommande un documentaire de la BBC intitulé « Drowning in plastic ». Le constat est suffisamment alarmant pour que les individus s’inquiètent à nouveau des effets pervers d’un certain mode de consommation.

C’est dans ce contexte que le consommateur peut rejoindre l’investisseur. Ce dernier peut apporter une certaine reconnaissance en investissant dans des compagnies qui permettent de gérer, d’économiser ou de recycler les déchets provenant de nos habitudes de vie.

Rappelons que le secteur de l’eau ne se résume pas aux entreprises qui nous permettent d’en consommer mais inclut aussi celles qui réduisent ou améliorent la chaîne de valeur.

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