Abécédaire financier 2018 – de Q à U

Abécédaire financier 2018 – de Q à U

La fin de l’année approchant…enfin…et que franchement il n’y a plus grand-chose à dire, j’ai pris l’option d’aller m’enterrer dans un lieu reculé tenu secret.

L’Audio de Q à U

 

Q comme Qu’est-ce qui se passe si Macron se fait virer

Un des sujets de cette fin d’année, c’est la tentative de coup d’Etat mise en place par les Gilets Jaunes.

Personne ne sait d’où ça vient et eux ne savent pas vraiment où ils vont, mais une chose est certaine: ça fout un beau bordel en France. Je ne sais pas si vous y êtes allé récemment, mais sans aller passer son samedi sur les Champs Elysées, ça devient même difficile d’accéder au moindre centre commercial le samedi.

Dans la foulée, la croissance faiblarde française est encore plus en berne qu’avant et le Gouvernement n’a pas été capable de montrer autre chose qu’une sinistre incompétence – ce qui est un grand classique du Gouvernement français, historiquement parlant.

Mais soyons honnêtes, depuis l’arrivée de Hollande et la montée fulgurante au pouvoir de l’imbécile heureux qui y est actuellement, ils sont définitivement devenus Champions du Monde…

Nous en Suisse debleu..

Bon, personnellement, en tant que Suisse et Genevois, je ne suis pas forcément fier de notre gouvernement local – comme je l’ai déjà mentionné auparavant, mais je dois dire que ce qui se passe en France est un cran au-dessus.

Tant et si bien que l’autre jour, alors que j’étais collé dans un rond-point avec ma voiture badgée Investir.ch, en train de me faire accuser d’évasion fiscale… J’ai commencé à me dire que Macron pourrait bien se faire virer, finalement… Et que l’on vivait quand même une époque formidable si le peuple arrivait enfin à se secouer pour essayer de virer les imbéciles qui le dirigent – mal – depuis quelques années.

Du coup, je me suis posé une question: Si Macron se fait jeter dehors avec son institutrice, qui va le remplacer?

Hein ? Qui ?

Non, parce qu’en Suisse, ils sont 7 et s’il y en a un qui claque, ça ne se remarquera même pas, surtout que l’on ne se souvient jamais comment ils s’appellent, à moins qu’ils se ridiculisent sur YouTube – on en essayant de parler anglais après avoir pris trois heures de cours chez Berlitz sur un vieux lecteur de cassettes – et encore, on ne se souvient jamais si y a plusieurs N dans Ammann ou pas et s’il y a une majuscule dans Parmelin ou pas.

Et puis aux States on sait qu’ils ont un Vice Président alors on sait que si Trump se fait descendre ou qu’il démissionne – puisque c’est la rumeur du moment – il sera remplacé par un pantin le temps qu’on élise Hillary Clinton.

Mais en France, il se passe quoi?

Je me suis donc rendu sur Wikipédia pour bien comprendre et j’ai appris qu’en cas d’impossibilité du Président d’occuper sa fonction, soit parce que sa tête s’est détachée de son corps ou soit parce qu’il a préféré l’exil qu’être décapité, c’est le Président du Sénat qui le remplace dans ses fonctions.

Oh my God !!!

Le Président du Sénat, c’est Gérard Larcher. De ce côté-ci de la frontière, on ne sait pas trop qui c’est, mais après quelques recherches, disons que si vous vouliez tourner un film et que vous aviez besoin d’un acteur qui peut incarner un politicien corrompu, vous engageriez Gérard Larcher.

Attention, je ne dis pas qu’il est corrompu, mais disons que comme c’était un proche de Charles Pasqua, de Chirac et de Balladur et qu’en plus c’est un chasseur, on peut raisonnablement se poser des questions. Une chose est cependant certaine, il peut représenter la bouffe française à l’étranger.

En revanche, impossible pour lui d’être l’image «manger, bouger» pour lutter contre la malbouffe.

Toujours est-il que quand on voit par quoi pourrait être remplacé Macron en cas de fuite à Monaco ou sur le yacht de Bolloré, on peut se demander si Larcher est la bonne alternative. Surtout si c’est pour préparer de nouvelles élections et élire Marine Lepen.

R comme Rendement

L’année 2018 aura été l’année des rendements.

Déjà en février nous avions fait une poussée de fièvre à cause de la hausse des rendements du 10 ans américain. En ce temps-là, les intervenants avaient littéralement paniqué parce que le rendement frisait les 3% – dès que nous sommes passés au-dessus des 3%, le feu de l’enfer nous est tombé dessus.

À cet instant très précis, ABSOLUMENT TOUT LE MONDE s’est dit que LA BONNE idée du moment était de vendre toutes ses actions et d’acheter des obligations, parce que franchement, 3% de rendement par année sans risque c’est quand même trop chouette par rapport à des perspectives utopiques sur des actions qui ne vendent que des trucs bizarres que l’on ne comprends pas; des clouds, des smartphones, de la pub sur nos photos vacances et nos tests pour savoir ce que l’on aurait sur notre casier judiciaire si l’on en avait un ou quel animal imaginaire nous serions si ça existait…

…Et, les 3% sont arrivés

Du coup, il y a eu comme un mouvement de foule… Le genre de mouvement de foule que l’on n’aime pas voir, celui où tout le monde se rue à la sortie du stade quand il n’y pas la place…

Ce genre de théorie financière m’a toujours fait rigoler. Un matin on est à 2.99% de rendement et tout va bien, on achète de l’Amazon, du NVIDIA, du NetFlix, parce que tout ça est une révolution et on fait déjà des calculs de combien on aura sur le compte si on fait fois trois dans l’année… Et le soir même le 10 ans US passe à 3% et tout à coup, c’est la panique.

D’un instant à l’autre, Amazon c’est nul, NetFlix c’est Has Been, l’intelligence artificielle ça n’a pas d’avenir et j’en passe et des meilleures. C’est comme les dates de péremption sur les boîtes de conserves. Le 31 décembre à minuit, tu peux manger ton cassoulet en boîte, mais le 1er janvier à minuit une, si tu manges une cuisse de canard confite, tu meurs instantanément dans d’atroces souffrances.

Date de péremption boursière?

La bourse c’est pareil.

Par contre, quand 4 mois plus tard on repasse en-dessous des 3%, tout le monde s’en fout.

Ce dont on ne se fout pas, c’est quand on se rend compte en décembre que le rendement du 10 ans baisse et que celui du 2 ans monte et que la courbe s’inverse… et hop.. re-mouvement de foule vers la sortie.

Moi je vous le dis, cette année le marché aura eu la constance d’une classe d’école enfantine et ce qui me fait le plus peur, c’est que ce n’est sûrement pas fini.

Je crois qu’il est urgent de s’acheter des Boules Quies, de prendre du recul et de moins «écouter le bruit des marchés». Surtout qu’avec l’avènement des smartphones, du concept de l’hyper-information et de celui de vouloir devenir riche en trois minutes, on ne s’en sort pas… Et puis moi, ce que j’ai compris c’est que quand le 10 ans monte on n’est pas content et on a peur et quand le 10 ans baisse, on a peur aussi. Si on pouvait trouver un rendement où tout le monde est content, ça serait pas mal.

En 2019, je me mets à la méditation et à la relaxation.

S comme Semiconducteurs mais aussi comme Silogika

Depuis que je fais de la finance – enfin, si on peut appeler ça comme ça – j’ai appris qu’il y avait un cycle dans le secteur des Semiconducteurs – que par moment on se les arrache et qu’à d’autres, plus personne n’en veut. C’est des fois des symptômes de bonne ou mauvaise santé de l’économie.

On regarde souvent le graphique du secteur aux USA – le SOX de son nom de scène – et depuis des années, il ne faisait plus que monter. Alors on a commencé à se dire qu’avec l’obsolescence programmée de certains produits et la rapidité avec laquelle de nouveaux produits technologiques sortent sur le marché, sans compter le fait qu’il n’y a plus un seul produit qui se vend sans «semiconducteur» à l’intérieur.

Sauf les légumes et encore, je ne suis pas certain.

On avait commencé à se dire que l’on avait trouvé la formule magique pour la croissance permanente.

Depuis cet automne on sait que ça ne fonctionne plus aussi bien. Il y a sûrement eu des exagérations à la hausse, tout comme il y en a à la baisse actuellement. Mais aujourd’hui, avoir des Semiconducteurs parce que le cycle ne meurt jamais, n’est plus une théorie valide.

Et puis il y aussi S comme Silogika.

En 2018, j’ai rencontré Mark Williams. Mark Williams c’est le fondateur de l’association Silogika qui a pour but de fournir des rabais flotte à tous les professionnels de la finance. Que vous soyez employé de banque, gérant indépendant, asset manager, que vous soyez dans le domaine des commodities, de la comptabilité, de la fiduciaire ou de l’assurance, vous avez droit à ces rabais.

En devenant membre de Silogika, gratuitement et aujourd’hui, vous renforcez la communauté et vous permettez à l’association d’aller négocier des rabais pour l’achat de votre prochaine voiture.

Que vous l’achetiez dans 2 mois ou dans 5 ans, ça ne change rien, vous êtes membres et votre inscription permet à Silogika de travailler en amont pour vous offrir des avantages.

En un mot comme en 100, devenez membre, c’est gratuit, ça ne vos engage à rien, au pire vous faites une affaire.. mais devenez MEMBRE AUJOURD’HUI..

Avantages qui sont conséquents, puisque sur une voiture neuve, vous pouvez obtenir jusqu’à 35% de rabais. Toutes les marques ne sont pas présentes encore, mais si vous devenez membre, Silogika obtiendra les rabais pour vous.

Si un jour vous achetez une voiture neuve, il ne vous en coûtera que 600 Frs pour obtenir votre certificat de membre. Certificat qui vous permettra d’obtenir votre rabais.

L’association m’a proposé la place de Chairman au début du mois de novembre et depuis l’aventure continue, je me réjouis déjà d’en faire plus encore et encore en 2019, mais pour ça, il faut en parler autour de vous, en parler dans vos banques, avec vos collègues, c’est en se mettant ensemble qu’on sera plus forts.

Et entre nous, qui n’a pas envie de s’acheter une Mercedes ou une Audi dernier modèle en la payant 30% moins cher ????

Merci au passage à Mark Williams et à Silogika de m’avoir fait confiance.

T comme Trump

T comme Trump mais aussi comme Twitter. Tout comme l’an dernier, le Président Américain aura été la pièce centrale du monde de la finance. On n’a pratiquement rien pu faire ou défaire sans que Trump soit mêlé à l’histoire. Son hyper-activité sur Twitter nous aura largement gratifié des plus beaux «swings» de l’année et mon petit doigt me dit que ce n’est pas terminé…

Il nous aura fait flipper avec Kim Jong Un, dans les deux sens, il nous aura chauffé sur le pétrole en disant que c’était trop cher au moment où tout le monde affichait des objectifs débiles – merci à Pierre Andurand pour nous avoir annoncé que «ce n’était pas impossible que le baril aille à 300$» – magnifique signal de vente et il y en a d’autres qui se sont gargarisés sur le coup sûr du pétrole à 100$ – on les entend beaucoup moins sur les réseaux sociaux, si ce n’est pour donner des leçons. Mais peu importe, Trump avait raison: à 75$, le pétrole c’était trop cher.

Twitter, le pétrole et le reste

Après le Président s’est mis à la guerre économique et là encore, c’était : «en haut, en bas, à droite et à gauche»… On s’est fait balader dans tous les sens et on se chauffe déjà pour l’an prochain.

Mais il y a eu les élections de mi-mandat, la guerre économique, Powell, les taux, la guerre économique, les tarifs douaniers, Stormy Daniels, ses casseroles juridiques qui rendraient presque jaloux le Sénat Français… Bref, il n’a pas arrêté.

On peut même se demander s’il n’est pas fatigué. D’ailleurs selon les dernières rumeurs en date, il serait sur le point de striker un deal avec un juge pour qu’il lui foute la paix en échange de sa démission.

Selon les experts à Washington, ça serait une question de semaine pour qu’il donne son sac.

Ne pars pas! On va s’ennuyer!

Je précise que les experts à Washington ne sont pas les mêmes qui ont prévu le baril à 100$ à Noël. Ils ne sont pas forcément meilleurs, mais ce ne sont pas les mêmes.

Toujours est-il que si Trump s’en allait, non seulement on ne sait même pas écrire le nom de son successeur, mais en plus j’ai peur que l’on s’ennuie et que je ne sache plus quoi écrire dans ma chronique matinale.

U comme Un Algo c’est bien, un Algo mort c’est mieux

Les derniers chiffres font état du fait qu’entre 60 et 70% du volume du New York Stock Exchange est généré par du trading algorithmique – comprenez que plus de deux tiers des échanges ce sont des ordinateurs qui le font. Ces derniers sont calibrés pour réagir en fonction de certains seuils de volatilités ou de rendement, ou de volume. Voir même sur le nombre de canards colverts qui ont vu le jour dans le lac de Central Park cette année.

ça va nous péter à la figure

C’est un peu selon le bon plaisir de leur maître fondateur et rédacteur de l’algorithme auquel le système obéit. Il suffit donc que l’on décide que si la volatilité franchit les 25% on déclenche des ventes pour réduire l’exposition des portefeuilles de 10% et le marché se fait défoncer.

Un peu à l’image de ce qui s’est passé en février.

ça  VRAIMENT va nous péter à la figure

Ça peut paraître sympa de confier le boulot à nos ordinateurs, mais historiquement ça finit toujours mal et cette fois n’y fera pas exception. On peut me dire ce qu’on veut, cette nouvelle façon de «faire de l’argent» va nous péter à la figure un jour ou l’autre, c’est une absolue certitude. Et ce jour là on nous dire: «Ah ben on l’avait pas vu venir».

– Mais si, tu l’as vu venir abruti, t’as juste pas voulu sortir la tête du sable parce que tu croyais que t’avais enfin trouvé la formule magique pour gagner à tous les coups !!!

Quand est-ce que les gens vont comprendre que la bourse ça reste un gigantesque casino et qu’il faut arrêter de croire qu’il y a un moyen, un jour de ne jamais perdre. On peut améliorer les choses en appliquant certaines techniques de base, mais ce n’est pas en confiant l’avenir de la finance à des ordinateurs binaires qui vont forcément disjoncter à un moment que ça va fonctionner !!!!!

Non, mais sérieusement, ça va VRAIMENT NOUS PÉTER À LA FIGURE…

C’est incroyable combien nous sommes cons de croire encore à ces fables de la Fontaine !!!

PERSONNE N’A VU WARGAMES ET et les 12 Terminator ?????

Bref, vivement que tout ça nous explose à la figure et qu’on comprenne bien que ça ne sert à rien, mis à part à pourrir le marché. C’est quand même vachement mieux quand l’humain réfléchit, c’est plus fatiguant, je le conçois, mais c’est mieux.

Excellente journée à tous et à demain pour la suite et la fin de cet Abécédaire.

Thomas Veillet

Investir.ch

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