À force de monter, l’oxygène viendra à manquer

À force de monter, l’oxygène viendra à manquer

J’avoue, je sèche. Il arrive un moment où je ne sais plus quoi dire pour décrire un marché qui monte. Pas tant que ça me pose un problème, mais il faut tout de même reconnaître que depuis 10 jours nous fonctionnons sur le même mode, avec le même type d’arguments : « l’accord entre la Chine et les USA est en bonne voie ».

L’Audio du 21 janvier 2019

Au bout d’un moment, ça commence quand même à être fatiguant. Pas que ça me gène quand ça monte, non. Ce qui me dérange un peu plus c’est que ça monte toujours sur la base d’un espoir et que peu de choses concrètes viennent confirmer ces mêmes espoirs.

Mais pour l’instant ça suffit.

Pas de chiffres

Et puis de toute manière, on n’a presque plus de chiffres économiques pour nous raccrocher à autre chose, puisque le « Shutdown » fait que les services du gouvernement qui s’occupent de récolter les données économiques et des les publier, est au chômage technique parce que Trump s’excite toujours avec son mur.

En résumé, nous sommes là, à monter tous les jours en se basant sur le fait que l’économie va bien (en fonction des chiffres d’il y a un mois) et que les discussions avec la Chine vont bien se terminer. Quand ? On n’en sait foutrement rien, mais elles vont se terminer. Et bien en plus.

Et paf! Tesla

Pour le reste, on regarde les chiffres trimestriels et on parle de ça pendant toute la journée, ça nous détend. Comme vendredi dernier il n’y avait que peu de chiffres, on a heureusement eu Tesla qui est venu fournir un peu d’action.

Le vendeur de voitures électrique est venu faire un « profit warning » et annoncer des licenciements. Histoire de mettre l’ambiance. C’est étrange comme quand Musk vient annoncer des « grosses nouvelles », comme le lancement d’un projet pour aller sur Mars ou la vente d’un Lance-Flamme de poche ou encore le fait qu’il bosse sur un train souterrain qui reliera New York à Los Angeles en 10 minutes, tout le monde l’écoute et l’on fait des pages entières de reportage. Par contre quand il annonce un « profit warning », c’est deux lignes dans un commentaire boursier et plus personne n’en parle.

Pas tous les mêmes

Apple fait un « profit warning », on interrompt les débats du Congrès, on stoppe le déroulement des matches de NFL, on lance un moratoire pour obtenir un jour férié. Mais quand Tesla fait un « profit warning », deux lignes dans un article paumé sur le net que personne ne va lire ou presque.

Le titre s’est quand même pris 12% dans les gencives et a même traité pendant un instant en-dessous des 300$. Quelle émotion.

Grosso modo, Tesla va supprimer 7% de son staff et Elon Musk, dans un email envoyé aux employés explique qu’ils doivent encore baisser les coûts du Model 3 et que les chiffres du Q4 seront plus faibles que ceux du Q3. Mais tout va bien.

Pour le moment les analystes ne modifient pas trop leurs attentes et les restent confiants sur la stratégie de Musk. Et puis de toutes façons, tout lui sera pardonné, il est trop visionnaire pour qu’on lui reproche quoi que ce soit.

Or et or noir

Autrement l’or revient un peu dans le bas de son canal haussier, ce matin il se traite à 1280$, quand au pétrole, le baril est à 54.05$ et bien qu’on en parle très peu, l’or noir est en train de nous faire une figure de « tête-épaules » massive, qui laisse penser que l’on pourrait facilement remonter encore 10$ plus haut.

Graphique du pétrole (source : investing.com)

 

Crazy..

Quoi qu’il en soit, ce début d’année me fait penser à un truc : « mais qu’est-ce qui s’est passé dans notre tête en décembre dernier ? »… Non, parce que nous étions au bord de la panique. Nous n’aurons jamais d’accord avec la Chine, Powell allait monter les taux de 10% en 2019 et les chiffres du Q4 seraient catastrophiques, sans compter la récession qui arrivait aux USA.

1 mois plus tard, jour pour jour, le sentiment est EXACTEMENT l’inverse. Moi je me demande quand même bien ce que l’on a pu prendre comme drogue juste avant Noël pour s’être fait retourner comme des crêpes en 30 jours.

I had a dream

Aujourd’hui c’est Martin Luther King Day, les marchés américains seront donc fermés, autant vous dire que la journée sera calme.

Par contre, histoire de ne pas s’ennuyer, cette nuit les Chinois ont publié leurs chiffres de croissance. Comme prévu ; c’est moche. La croissance en 2018 aura été de 6.6% – (6.4% durant le quatrième trimestre) c’est la plus faible croissance depuis 1990 – et en 2019, ça sera probablement pire.

Le gouvernement a également révisé à la baisse la croissance de 2017 – 0.1% plus bas qu’annoncé il y a un an. Les bouliers ne fonctionnent plus aussi bien qu’auparavant.

La nouvelle est mauvaise, mais comme on l’attendait depuis longtemps et que nous sommes plus dans la recherche du point d’inflexion qui nous dira quand est-ce que la croissance ré-augmentera, l’impact est quasi nul sur les marchés. Au contraire, on se dit que les Chinois vont DEVOIR négocier avec les USA et que ça va arranger Trump.

Réchauffé

À noter que cet argument est utilisé, réchauffé, remasteurisé et réutilisé depuis 15 jours, mais il fonctionne toujours. C’est comme la Porsche 911, depuis 1964, ça fonctionne toujours.

Bref, la Chine a publié son GDP et le marché est en hausse de 0.5%. 0.33% à Hong Kong et 0.35% à Tokyo.

Dans les nouvelles du jour, Carlos Ghosn essaie toujours de sortir de prison, Trump défend son mur et Theresa May patauge dans le BREXIT. Pendant ce temps, on voit que les banquiers ont repris confiance, aux USA les CEO’s ont obtenu des augmentations proportionnellement bien plus élevées que leurs employés. Il y a des choses qui ne changeront jamais. Mais il faut comprendre, ils ont des frais et il faut pouvoir les assumer.

Y a plus qu’à attendre, mais quoi ?

Cette semaine il y a aussi le World Economic Forum qui va parler de plein de choses dont le climat et comme ils vont tous se rendre là-bas en jet privé et en hélico, on est sûr que ça servira à quelque chose. Le WEF où Trump ne viendra pas, parce qu’Air Force One est sous « shutdown ».

Côté chiffres économiques, ça sera très calme puisque les Américains ne seront pas là. Il y aura tout de même le PPI en Allemagne et Theresa May qui va parler. Pas besoin de vous dire de quoi elle va parler. Mais une chose est sûre, s’il y avait eu le BREXIT pendant la guerre 39-45, Hitler aurait réussi à envahir l’Angleterre. Ils auraient été bien plus occupés par le BREXIT que par les navires de la « Kriegsmarine » qui s’approchaient des côtes.

Voilà, je crois que c’est tout pour ce matin, on verra au fur et à mesure de la semaine. Passez une très belle journée et on se revoit très bientôt.

Thomas Veillet
Investir.ch
“Homme politique, c’est une profession où il est plus utile d’avoir des relations que des remords.”

Coluche

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