Contrôle C, puis Contrôle V et on répète encore

Contrôle C, puis Contrôle V et on répète encore

Il y a des jours, je me lève, je me colle devant mon écran et assez rapidement je me dis : « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter sans avoir l’air de me répéter encore et encore ? »

L’Audio du 10 janvier 2019

Ce matin est un matin comme ça.

Hier les indices sont encore montés – un peu moins que la veille et encore moins que vendredi dernier, mais ça montait encore. Les raisons de la hausse sont toujours les mêmes depuis vendredi. Et ça a même été renforcé par les Minutes du FOMC Meeting…

Toujours la même eau qui coule

En gros, nous sommes toujours très positifs et optimistes sur les négociations avec la Chine. Négociations qui se sont terminées hier et qui ont été couronnées par un « tweet » magistral de Trump qui, entre deux coups de pelle au bord du Rio Grande aura tout de même trouvé le temps de dire « qu’il espérait un accord très prochainement et très rapidement afin de BOOSTER la bourse »…

Quand on voit au stade d’analyse de marché où l’on en est, ça fout les jetons.

Trade War (presque) conclusion (ou pas)

Donc le côté Trade War on en est plutôt au stade « libération de Paris » après le débarquement de Normandie. On n’attend plus que la reddition de certains dignitaires chinois pour pouvoir signer un accord qui va faire prospérer l’économie américaine encore et encore. À lire la presse qui n’en sait toujours pas plus qu’hier, c’est quasiment acquis…

Taux et re-Taux

Et puis du côté taux, FED et soutien à l’économie, la publication des Minutes du FOMC hier soir, a clairement montré que Powell n’était plus du tout dans « l’urgence » de monter les taux. Dorénavant il allait plutôt se concentrer sur le soutien à l’économie en général et surtout au soutien des places de bourse mondiales en général et américaines en particulier.

Pour faire simple nous sommes optimistes, le marché a repris plus de 10% depuis la catastrophe de Noël et tout le monde pagaie pour remonter le courant plus vite qu’un troupeau de saumons qui remontent à la source du fleuve pour se reproduire.

Presque plus en correction, mais pas partout

Les analystes techniques sont tous de sortie ce matin pour préciser que dans quelques poussières de pourcents le Dow Jones ET le S&P ne seront plus en mode « correction », que le Nasdaq n’est pas encore sorti de l’auberge et du bois, ni du fond du trou, mais que globalement, on respire quand même mieux qu’il y a deux semaines.

Les marchés européens remontent dans la foulée, mais on sent bien que c’est moins franc qu’à New York et personnellement j’aurais toujours très peur de mettre de l’argent en France ou en Allemagne. D’un côté parce que plus personne ne parle économie, mais plutôt renversement du pouvoir, émeutes ou bricolage politique, alors que le gouvernement est de plus en exposé dans son incompétence à tous les niveaux et de l’autre côté parce que l’économie allemande à l’air au plus mal et que l’on se demande ce qui va se passer après Merkel. Merkel qui n’est déjà virtuellement plus là.

Pétrole sur la route de 100$

Rebond sur le pétrole aussi, puisqu’il prend bientôt un dollar par jour. Ce qui devrait faire que l’on va atteindre les 100$ promis d’ici fin février début mars. Actuellement le brut vaut 51.86$. Et l’or repart à la hausse dans sa tendance. Ce matin le métal jaune est à 1296$ et les 1350$ sont pour bientôt, ça semble presque aussi évident que l’empêtrement de Pierre Maudet.

China slowdown (chapitre 22)

En Asie on a déjà presque oublié l’optimisme des négociations sur la Trade War, puisque les chiffres de l’inflation en Chine étaient décevants ce matin. Selon le bureau chinois de la statistique, ces derniers chiffres pourraient laisser supposer que l’économie chinoise serait dans une croissance moins forte qu’auparavant.

Le tout au conditionnel sans préciser de combien, ni où et quand.

Toujours est-il que comme dans le monde passionnant de l’investissement nous avons l’IMMENSE compétence de changer de sujet à la vitesse de la lumière et de tourner la veste plus vite qu’un politicien surentraîné et surpayé pour brasser de l’air. Nous avons immédiatement commencé à nous inquiéter de l’avenir de la Chine et de la croissance mondiale.

Syndrome de la girouette

On a déjà commencé a oublier les négociations de la Trade War parce que quand même, ça fait 12 heures que c’est terminé et ils n’ont même pas annoncé un truc hyper-sexy qui est censé faire monter la bourse pour les 12 prochaines années, c’est quand même bien que ça sent le pâté.

Donc, le Nikkei est en baisse de 1.1%, parce que c’est bien connu, quand c’est la Chine qui tousse, c’est d’abord le Japon qui s’enrhume. L’indice japonais recule de 1.1% pendant que la Chine et Hong Kong refuse de baisser, mais ne montent pas non plus.

The Wall

Dans les nouvelles du jour on parle donc du ralentissement chinois, mais seulement un tout petit peu. On revient encore sur le fait que Trump s’est carrément cassé d’un meeting avec les Démocrates pour essayer de trouver une solution au « shutdown » et à la construction de SON MUR…

Le Shutdwon ne semble donc pas proche d’une résolution et Trump continue à être toujours extrêmement diplomate. Ce qui est toujours très rassurant. On sait bien que les conséquences d’un shutdown sur les marchés boursiers sont toujours minimalistes, mais si ça dure trop longtemps et que nous rentrons en terre inconnue, on ne sait jamais ce qui peut se passer avec un marché boursier qui est psychopathe-bipolaire depuis bien des mois.

Toujours au sujet du Shutdown, Fitch menace de couper le rating triple A de la dette américaine si ça continue. Bon, en même temps, qui y croit encore à ce « triple A »…

FT in love with BREXIT

Le FT parle du BREXIT, mais il n’y a visiblement plus que lui que ça intéresse.

Les analyses poussées alors qu’on ne sait rien de rien de rien

Et pour le reste, on analyse les négociations Sino-Américaines tout azimuts. Tous les experts ont un avis, une réflexion, une théorie. Sauf que personne n’a la moindre information concrète sur ce qui s’est dit derrières le portes closes. Mais visiblement, pour certains, poignées de mains devant la presse ou sourires en coin veulent déjà signaler que « ça va pas trop mal ».

Personnellement, je pense que tant qu’ils n’ont pas communiqué officiellement, autant fermer sa gueule, parce que brasser de l’air pour ne rien dire et justifier un salaire ne fait aucun sens. Moi je m’en fous, j’ai pas de salaire.

Chiffres économiques et Dieu qui va parler

Pour le reste, les futures sont en baisse de 0.48%, ce qui laisse à penser que la série de 4 journées de hausse consécutives pourrait bien s’arrêter là. Côté chiffres économiques, nous aurons le taux de chômage en Suisse, les Minutes de la Banque Centrale Européenne, les Jobless Claims aux USA, ainsi que les New Homes Sales et Powell qui parlera pour redire encore une fois ce qu’il a dit la semaine dernière.

En tous cas, y a intérêt. Non, parce que si il arrive sur la tribune et nous dit : « Euh non, non, les gars vous n’avez rien compris à ce que je vous ai dit la semaine dernière. Au contraire je vais continuer à monter les taux et je vais vous faire tellement mal qui vous allez pleurer votre mère »… Si il nous dit ça ce soir ; on va être très mal.

Je vous signale que nous aussi on a un compte Twitter et vous pouvez nous suivre – alors oui, on n’est pas aussi prolixe que Trump, mais vous y trouvez tous nos articles, tous les jours @investir_ch, il y aussi LinkedIn  ou mon profil LinkedIn et aussi fou que cela puisse paraître, on a aussi une page Investir.ch

On se retrouve demain pour voir si Powell est toujours l’ange salvateur des marchés boursiers. Excellente journée et à demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

« I told my psychiatrist that everyone hates me. He said I was being ridiculous – everyone hasn’t met me yet ». Rodney Dangerfield

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