Journée de test pour le BULL version 2019

Journée de test pour le BULL version 2019

La Chine qui nous lâche ce matin, le Shutdown qui continue et l’angoisse des publications trimestrielles qui commencent vont être le juge de paix pour les heures qui viennent.

L’Audio du 14 janvier 2019

Je ne vais pas vous faire le « replay » de la fin de semaine, il ne s’est rien passé et les marchés ont terminé quasiment inchangé avec une confiance qui avait un peu l’air de se fissurer. En regardant les graphiques du S&P500 on avait immédiatement l’impression que les 2600 sur le S&P ne seraient pas facile à passer.

Combien de temps, combien de temps, il nous reste face à face…

Il est vrai que l’on pouvait tout de même se demander combien de jours encore, les intervenants que nous sommes, seraient capables d’acheter en utilisant toujours et encore les mêmes arguments que depuis bientôt dix jours.

La stratégie du « oui, tu vois les Chinois ne vont pas avoir d’autres choix que de négocier et de se plier à la vouloir des USA et puis en plus Powell, il va nous filer un coup de main », semble clairement toucher le fond de la tasse et il n’y a plus grand-chose à gratter sur le sujet.

Durant la semaine dernière, nous avions déjà vu les chiffres de l’inflation chinoise qui ralentissaient et qui laissaient entendre que ça rigolait moyen du côté économique – mais le marché avait retourné la chose en « positif » en se disant que JUSTEMENT si la Chine ralentit, ils VONT devoir négocier.

Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Ça sera donc intéressant de voir ce qui va ressortir des chiffres publiés ce matin. Non, parce que cette fois, c’est clair, si vous aviez encore un doute et que vous aviez choisi de mettre la tête dans le sable telle l’autruche qui ne veut rien voir, il va bien falloir se rendre compte que la Chine est en train de ralentir.

Alors soit, le taux de croissance global et le dynamisme économique a de quoi rendre fou de jalousie le Roi et la Reine Macron, mais ne nous le cachons pas, l’inflation chinoise de la semaine passée n’était que le signal avant-coureur des chiffres du Trade Balance publiés ce matin en Chine.

Les exportations chinoises baissent de 4.4% – ce qui est la baisse la plus importante depuis 2 ans et les importations étaient en baisse de 7.6%. S’il y avait encore le moindre doute, ce matin c’est clair, la Chine est en mode décélération et ça n’arrange personne. On ressent déjà les effets du paquebot chinois qui ralentit, on l’a vu avec Apple et plus récemment Jaguar Land Rover qui vire 4’500 personnes pour faire face au ralentissement.

La bonne excuse

Le truc qui est bien quand la Chine ralentit, c’est que quoi qu’il arrive dans ta société, même si tu ne bosses pas avec la Chine et que tu n’as jamais mis les pieds à Pékin, le moindre problème, c’est la faute de la Chine. C’est quand même plus glamour que de dire que ton commerce de toilettage pour chiens ne fonctionne plus à cause des gilets jaunes qui bloquent le rond-point d’à côté… La Chine c’est quand même plus classe.

Alors il est clair que le ralentissement annoncé et confirmé (encore une fois s’il était besoin) peut également servir encore une fois le contre-argument utilisé la semaine dernière – celui qui dit que vu que ça va mal en Chine, ils vont être obligé de se coucher, de mettre un genou à terre et de négocier – mais ça n’est pas sûr que l’écran de fumée suffise pour tenir les Bears à distance.

CQFD

En tous les cas, les futures sont en baisse, le future américain indique une baisse de 0.8% et la journée promet déjà d’être rouge un peu partout dans le monde.

L’Asie est en tous les cas unanime, puisque Hong Kong recule de 1.4% et la Chine de 0.6% – on notera que 0.6% c’est pas non plus un signe de panique – la Chine se souvient tout de même qu’elle a perdu 30% en 2018 parce que ça allait de « moins en moins bien ». Le Japon résiste bien en étant inchangé, mais il faut dire que comme Tokyo est fermé, ça aide bien à ne pas baisser et à ne pas céder à la panique…

De quoi on va parler au café ?

Le sujet du jour est donc tout trouvé : «est-ce que le Trade Balance de ce matin est une bonne ou une mauvaise nouvelle ? ».

Les Bulls diront donc que la Chine va devoir stimuler, stimuler et stimuler encore, puis négocier pour trouver un arrangement avec Trump, puis peut-être engager Powell pour faire un peu de magie dans le quartier, vu que ces temps, tout ce qu’il dit n’est que miel et douceur à l’oreille du trader…

En revanche, les Bears diront que la fin est proche, qu’ils avaient bien dit que la Chine était foutue et que ce n’est pas les négociations qui vont y changer quoi que ce soit, sans compter que l’on est beaucoup trop monté ces derniers jours et trop vite.

Je dois dire que sur ce dernier point, vu ce que l’on est monté et combien on a utilisé et réutilisé encore les arguments Chine-Négociations et Powell est trop cool, je me demande combien de temps encore on peut tirer sur la corde avant que la cruche à l’eau elle se casse.

Huuummmm.. pas sûr de la citation, mais on dira qu’elle est traduite du chinois.

Mais ce n’est pas tout

Autre sujet d’angoisse de ce lundi matin ; les chiffres du trimestre qui vont arriver à toute vitesse cette semaine. On sait déjà que le trimestre dernier n’était pas rose et qu’il était morose, mais une chose est sûre, c’est que tous les patrons et autres CEO’s vont profiter de l’occasion pour sortir tous les cadavres du placard. Restera à voir comment on va le prendre, nous, simples mortels.

Est-ce que ça sera déjà dans les prix, ou pas ? Le suspense ne sera pas insoutenable, puisqu’on y verra rapidement plus clair. En ce début de semaine il y a les banques qui attaquent d’entrée, Citigroup essuiera les plâtres cette après-midi.

Et puis ensuite il y aura les autres et NetFlix qui viendra en fin de semaine. NetFlix qui est tout de même un des meilleurs « performeurs » de ce début d’année et il va falloir ne pas décevoir, parce qu’après 26% de rebond en 2 semaines, le moindre écart et la moindre tâche de sauce sur la cravate sera sanctionnée avec la délicatesse dont le marché a fait preuve ses deniers mois.

La méthode Coué ou la méthode “tiens prends ça dans ta gueule”..

On sait déjà qu’en cas de déception sur les attentes qui ont déjà été révisées à la baisse il y aura des conséquences catastrophiques sur les sociétés concernées, surtout que la méthode actuelle utilisée dans le monde de l’investissement se rapproche sérieusement des méthodes de la Police Américaine : « on tire d’abord et on pose les questions ensuite ».

Contrairement à la Police Suisse qui cherche d’abord où est-ce que c’est le plus rentable pour poser le radar d’abord.

Nouvelles plus ou moins fraîches du jour (quoi que certaines sentent le poisson pourri)

Dans les « autres préoccupations du jour », il y a le BREXIT qui doit passer devant le parlement, mais pour être franc, je préfère aller voir un film bulgare d’avant-guerre en VO, plutôt que de lire encore un article sur le conséquences éventuelles ou pas d’un refus du parlement.

Pendant que les Anglais s’excitent au sujet du BREXIT, les Américains se chauffent avec le Shutdown. Trump aura au moins battu un record lors de sa présidence ; celui du plus long « shutdown » jamais enregistré. Mais il ne cède toujours pas. Il veut son mur.

Pour le reste, le FT revient sur l’année que l’on vient de vivre. Année qui aura été, selon le FT, calamiteuse pour les Hedge Funds. Toujours au chapitre des Fonds, Bill Gross qui a eu été le Dieu de l’obligataire est passé sous les 1 milliards d’assets sous gestion. Pas toujours facile d’être un Dieu, surtout sur la pente descendante.

Table ronde

Et puis le Barron’s publie sa table ronde de début d’année et globalement, sur les dix experts invités, la tendance c’est : plus de Trade War, plus de hausse des taux ; ça sera une belle année pour les actions.

Moi je me demande juste où ils étaient le 21 décembre, mais visiblement, le 21 décembre c’était il y a une éternité.

Côté chiffres économiques après la déconfiture chinoise, nous aurons la production industrielle en Europe et puis ce soir, après les chiffres de Citigroup, il y aura Powell qui témoignera devant la Commission Economique. Qui sait, il va probablement essayer de nous sauver la mise. En tous les cas de sauver la mise de la Chine, mais cette fois, il va falloir trouver autre chose de plus excitant que d’annoncer qu’il sera « flexible »… ça a marché, une fois, puis deux, puis trois, voir même quatre, mais là je ne suis pas sûr que ça suffise pour entretenir la flamme…

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Je vous souhaite un excellent début de semaine et on se retrouve demain pour voir si la bullish attitude a tenu le coup face aux coups de boutoir chinois.

Thomas Veillet
Investir.ch

« My doctor told me to watch my drinking. Now I drink in front of a mirror. » Rodney Dangerfield

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