Comme à chaque changement de tendance, le combat entre « positif » et « négatif » fait rage. Cependant, là tout de suite, on sent comme un regain de positivisme que nous n’avions plus connu depuis l’été passé.

L’Audio du 8 janvier 2019

Appelons ça « l’effet du mois de janvier » (January Effect) ou simplement « un rebond après une correction massive, toujours est-il que depuis le discours de Powell vendredi dernier, on sent comme un regain d’enthousiasme. La volatilité recule, la peur se dissipe petit à petit. Et l’on commence à observer ses petits camarades pour savoir qui osera mettre le pied dedans en premier. Parce que bien sûr, il n’est pas question de prendre des risques tout seul, autant y aller avec la foule.

J’y vais mais seulement si c’est pour de vrai

Hier les marchés européens se sont montrés très timorés, la plupart des indices du vieux continent sont restés dans le rouge et se sont contentés « d’attendre de voir ce qui allait ressortir des négociations entre Américains et Chinois » – comme s’ils allaient se rencontrer en fin de journée et débarquer 20 minutes plus tard pour dire : « Euh, c’est bon les gars, on s’est mis d’accord, tout va bien, vous pouvez recommencer à vivre une vie normale ».

L’Europe en mode suceur de roue

Il faut dire que depuis quelques mois, les marchés européens ont perdu toute indépendance et sont incapables de faire quoi que ce soit sans que les Américains leur montrent la voie. Habituellement, ils sont déjà clairement dépendant de Wall Street, mais là, depuis septembre, c’est carrément obsessionnel.

Donc pour le moment, l’Europe n’est qu’une vague réplique des comportements erratiques de Wall Street, ce qui donne des mouvements parfois fort peu logiques. Hier la journée était donc placée sous le signe de l’attente.

L’attente de voir si New York continuait de monter ou si nous étions déjà en position de « profit taking » ou même si l’on avait plus de détails sur les négociations sur la guerre économique en cours. Quoi qu’il en soit, on a attendu et on n’a rien foutu.

New York aime Powell

Aux USA, en revanche, là où le marché a une vie propre, le rallye entamé après les commentaires de Powell semblait vouloir se confirmer. Il faut dire qu’après avoir digéré le discours du patron de la FED, les intervenants ont commencé à se dire que ce qu’il avait dit était assez encourageant et pour ceux qui voulaient bien lire entre les lignes, ça voulait dire clairement que la FED ne laisserait pas tomber Wall Street et que, pour l’instant, la banque centrale n’était pas inquiète pour l’économie, qu’ils ne pensaient pas que la théorie de la récession était la bonne et que si l’on regardait un peu plus loin que les méthodes de travail d’un « high frequency trader », il n’y avait pas de raison de prendre ses jambes à son cou, de tout vendre et d’acheter des bons du Trésor à la place.

Bref, Powell a fait beaucoup de bien aux investisseurs – en tous les cas la pilule miracle semble faire effet plus de 24 heures et les marchés ont donc enquillé une nouvelle séance de hausse. Soit, moins violente que celle de vendredi, mais presque aussi encourageante d’un point de vue purement psychologique.

Pas de grande nouvelle mais des arguments quand même

Il n’y avait pas de « grande nouvelle » qui justifiait de se jeter dans le bain, mais on a constaté que dans les déclarations médiatiques ici et là, on était quand même plus dans le constructif que dans le « courage fuyons ». En tous les cas, les médias ont rapidement tourné la veste et fait place au côté PAS obscur de la force.

Les arguments sont simples :

1) Nous avons vu des comportements de CAPITULATION ces dernières semaines (tout particulièrement en allant chercher les 2350 sur le S&P500 et en allant se balader tout au bord du Bear Market)

2) La FED l’a dit et les chiffres économiques aussi : il n’y a pas de récession au coin du bois. En tous les cas pas tout de suite.

3) Les « insiders » sont très très bullishs et achètent leurs propres titres. Comprenez que les patrons de boîtes, les CEO’s, CFO’s et autres Officers du genre achètent les titres des sociétés pour lesquelles ils bossent. Et comme ils savent et voient des choses que VOUS ne savez pas ou ne voyez pas, on peut se dire qu’ils savent (plus ou moins) ce qu’ils font.

4) Les actions ne sont pas chères en terme de valorisation. Ça veut tout dire et rien dire et cela dépend de quelles sont les bases de référence, mais disons que ça fait toujours bien de le placer dans un dîner professionnel et en plus, il est vrai que par rapport à fin septembre c’est nettement moins cher.

5) Il y aura des progrès dans les négociations avec la Chine. Alors ça, ça reste des prières et des espoirs, mais il est vrai qu’il semblerait ridicule que les deux pays se tirent mutuellement une balle dans le pied. Ceci dit, depuis quelques mois, les politiciens de tous bords et dans tous les pays semblent nettement plus cons que ce qu’ils nous ont habitué à être ces dernières années – ce qui n’est pas peu dire – sur ce dernier argument on peut donc avoir un doute raisonnable.

On revient lentement, mais on revient

En conclusion, hier les Bulls semblait vouloir revenir à la charge et les « nouvelles » étaient plutôt encourageante. Mais au stade de convalescence où nous en sommes, cela reste tout de même la stratégie des petits pas.

On parlait d’insiders un peu plus haut, si les gens qui sont mieux informés que les autres achètent des actions, que dire des sociétés qui se bouffent parmi ces dernières semaines. Ne pensent-elles pas que les récentes baisses ont créé des opportunités d’achat ?

Mode shopping pour les soldes

En tous les cas, si l’on regarde ce qui se passe ces jours, on peut se dire qu’il y a du monde qui est en mode « shopping » et qu’ils profitent des soldes. Après le rachat de Celgène la semaine dernière, hier c’était Loxo Oncology qui se faisait racheter 70% plus haut et dans un autre secteur, il y avait Luxoft Holding qui passait dans les mains de DXC Technology pour 82% de plus que vendredi soir.

Pas mal

Quoi qu’il en soit, hier soir à 22h, en regardant la photo finish, on pouvait clairement se dire que « ça allait pas mal ». Il y a bien quelques adeptes des vagues d’Elliott qui reviennent régulièrement pour nous dire que le rebond sera de courte durée et qu’ensuite il y aura une vague C de la vague B dérivée la vague A, qui elle-même est une vague C plus grande provenant de la vague B précédente et qui, du coup devrait nous mener à une correction bien plus importante que les 20% que nous avons vécu entre la fin de l’été et Noël, mais mis à part ça, on a l’impression que la peur est en train de se calmer.

On peut rêver.

Et aujourd’hui ça monte encore

Pour le reste, ce matin le Japon monte encore de 1.2%, la Chine est inchangée et Hong Kong est en hausse de manière homéopathique. Le Pétrole est à 48.30$ et semble toujours vouloir se stabiliser dans une tendance haussière, tout comme l’or qui, bien qu’il revienne un peu est clairement inscrit dans une hausse qui pourrait bien l’emmener en direction des 1350$.

Côté nouvelles du jour, dans la foulée d’Apple c’est au tour de Samsung de faire un Profit Warning. Le titre ne réagit que très peu à la baisse après que la société ait annoncé un profit opérationnel qui devrait être en baisse de 29%. La question qui se pose donc ce matin, c’est de savoir ce que les gens achètent, s’ils ne veulent plus d’Apple à 1’000 balles, ni de Samsung à 950 frs… Ils font quoi ? Ils achètent de Huawei pour protester contre l’incarcération de la CFO et par volonté de se soumettre au gouvernement chinois ???

Qui perd gagne

Dans les combats perdus d’avance, Theresa May a prévu de faire voter ses collègues le 15 janvier au sujet de…. Je vous le donne en mille…. Le BREXIT !!! Alors qu’il semble que vous ayez plus de chances de trouver les numéros du prochain EuroMillions que Theresa May en a de remporter le vote. Pendant ce temps, Trump se lance dans le marketing pour vendre son mur aux Démocrates.

Pendant ce temps, Carlos Ghosn plaide non-coupable devant la justice japonaise. Mais il est toujours en taule. Et sur CNBC on pense que le secteur de la HealthCare va vivre une année 2019 florissante en terme de fusions et d’acquisitions.

GE chez les Bulls

Le Barron’s signale que GE est entré en mode Bull Market, puisque ça fait 6 séances de suite que le titre monte et qu’il est 25% plus haut que ses plus bas de ces 52 dernières semaines. En même temps, vu d’où il vient, ça semble plus facile pour lui que pour Amazon.

Au chapitre chiffres économiques, nous aurons le chômage en Suisse ainsi que les retails sales. En Allemagne ça sera la production industrielle et aux USA nous aurons le Trade Balance et les JOLTS. En attendant tout ça, les futures sont encore en hausse de 0.2% ce matin.

C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire. Il me reste à vous souhaiter un excellent petit-déjeuner que vous prendrez sûrement après votre jogging du matin et un très bon café qui vous permettra d’être d’aplomb au cas où ça continuerait de monter.

J’en profite encore pour vous dire que pour ceux qui sont adeptes des réseaux sociaux, vous pouvez nous suivre sur Twitter @investir_ch, sur notre page LinkedIn ou sur mon profil LinkedIn ou pour ceux qui utilisent encore Facebook, il y a même une page Facebook Investir.ch…

Passez une excellente journée et à demain. Même heure, même endroit.

Thomas Veillet
Investir.ch

Everything is changing. People are taking the comedians seriously and the politicians as a joke.

Will Rogers