De belles perspectives de croissance et de bénéfices des entreprises devraient permettre de compenser les craintes relatives au durcissement des politiques monétaires.

Qu’en pense-t-on chez les stratégistes européens ?

Les experts de BNP Asset Management optent pour la neutralité dans le secteur des actions. Ils privilégient les marchés européens où la valorisation des actions semble plus intéressante. Les mêmes raisons poussent Natixis à préférer les actions européennes. Pour les investisseurs ayant un certain goût du risque ils recommandent les actions des pays émergents. La force du dollar devrait s’estomper et offrir un atout supplémentaire à des titres dont les évaluations boursières sont relativement basses. Même son de cloche à l’UBS qui ajoute préférer les titres des pays émergents aux titres suisses. Le style « value » est privilégié.

Chez Pictet, les attentes sont moins grandes. La baisse de la croissance économique et la hausse des salaires impacteront défavorablement les marges bénéficiaires des sociétés. Le marché américain serait le plus affecté. Les marchés suisse et anglais sont favorisés. Ceux-ci sont fortement composés de titres dits défensifs comme les compagnies pharmaceutiques. Parmi les pays émergents, la Chine est mise en avant. Un ratio Prix/Revenus de 10 reste le meilleur de cet univers d’investissement. De plus, la banque centrale chinoise devrait garder une politique monétaire très accommodante. Par contre, les marchés latino-américains offrent peu de potentiel haussier en 2019.

Et chez les américains ?

Globalement, les analystes américains ont fortement révisé à la baisse leurs prévisions pour les marchés des actions. Le ratio de révisions à la baisse par rapport à celui des révisions à la hausse atteint les niveaux de 2009.

Source: Citi

Les stratégistes de State Street sont positifs pour le marché américain. Celui-ci est supporté par plusieurs facteurs dont la hausse des dépenses en infrastructure et en capital et la poursuite des programmes de rachat d’actions. Les marchés européens ne bénéficient pas de ces facteurs et peuvent être affectés pas des problèmes politiques. Ces derniers poussent à adopter une attitude très défensive dans un marché qui pourrait être très volatile. Chez State Street, les pays émergents n’ont pas forcément la cote. Seule la Chine devrait tirer son épingle du jeu grâce à la politique monétaire de sa banque centrale. Dans les rangs de Wells Fargo, on relève que la différence entre les titres de l’indice MSCI Emerging Markets et ceux du SP500 atteint les plus hauts niveaux depuis 2003. Ceci milite clairement en faveur des pays émergents.

Le pessimisme semble de mise chez Charles Schwab. Pour les experts de cette société, le marché des actions américaines montre une très forte probabilité de récession. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ralentit la hausse de la croissance économique mondiale. Les résultats de compagnies américaines seront affectés et ne devraient croître que d’environ 5% durant les 9 premiers mois de 2019.

Russell adhère à une partie de cette rhétorique est sous-pondère les actions américaines au profit des japonaises et des européennes. Les pays émergents seraient une opportunité d’achat sur faiblesse.

Blackrock rejoint le camp des amateurs d’actions de pays émergents mais reste négatif pour l’Europe. Par contre, les stratèges de la société aiment les titres américains, spécialement ceux du secteur de la santé. Les pays émergents trouvent encore un supporter chez Goldman Sachs Asset Management.

Coup d’œil au marché américain made in Barron’s

Yardeni prévoit, comme Citi Research, Federated Investors et JPMorgan, un objectif de 3100 pour le SP500. Parmi les secteurs favorisés nous retrouvons celui de la santé. A l’opposé, les secteurs liés aux matières premières seraient à oublier.

En ce qui concerne l’énergie, Morgan Stanley pense le contraire. Par contre le secteur de la technologie est à éviter. L’objectif de cours du SP500 est fixé à 2750, le plus bas de l’échantillon des experts interrogés par le Barron’s.

Source: Morgan Stanley

Chez BofA Merrill Lynch, les secteurs de la santé et de la technologie sont recommandés alors que ceux des télécommunications et de l’immobilier doivent être évités. Goldman Sachs est d’accord pour l’immobilier mais pense le contraire pour les télécommunications. Ce secteur comme celui de la technologie sont recommandés à l’achat. JPMorgan recommande aussi la technologie mais semble être le seul à ne pas aimer le domaine de la santé.

Finalement, la majorité des stratèges recommande les secteurs de la santé et de la technologie. Les secteurs de l’énergie, des financières et de l’immobilier partagent les humeurs. Les actions des pays émergents trouvent aussi de nombreux supporters ce qui n’est pas le cas pour les titres européens.