Perspectives obligataires 2019

Perspectives obligataires 2019

Avec une inflation à la hausse mais une politique monétaire accommodante de la part de certains banquiers centraux, les investisseurs sont face à un dilemme. Une prise de risque dans le secteur obligataire ne semble pas d’actualité.

Qu’en pensent les experts européens?

Les stratégistes de BNP Asset Management sous-pondèrent les obligations. Parmi celles-ci, ils favorisent les titres de la zone euro. Ils pensent que la BCE rattrape la Fed dans son cycle de politique monétaire. Dans le marché du haut rendement, ils recommandent la plus grande prudence, surtout aux Etats-Unis. Selon eux, les hausses de taux risquent de malmener les entreprises les plus endettées.

L’approche d’une fin de cycle économique devrait amener les investisseurs à préférer les obligations d’Etat aux obligations d’entreprises. Les spécialistes de Natixis adhèrent à cette vue et ajoutent que si un investisseur cherchait un rendement supérieur aux obligations d’Etat, il devrait se tourner vers les «senior bank loans».

Chez UBS, les obligations étatiques en devises locales de certains pays émergents sont privilégiées. Elles seraient favorisées par la fin de la force du dollar en 2019. Les experts sous-pondérent le Japon et restent neutres concernant les bonds du Trésor américain. Pictet choisit aussi la prudence et se concentre sur les obligations américaines liées à l’inflation (inflation-linked bonds). Une opportunité sur le 30 ans américain pourrait voir le jour si la courbe des taux devait s’inverser.

Et les Américains?

De l’autre côté de l’Atlantique, les attentes sont différentes. Les analystes de State Street se doutent que le cycle de crédit approche de son point culminant. Toutefois, ils ne prévoient pas de changement de cap pour l’instant. Pour eux, les bénéfices de la réforme fiscale aident au maintient de la dynamique de ce cycle. Néanmoins ils recommandent de réduire le risque de crédit en choisissant des obligations ayant des profils de qualité élevée. Les spécialistes de Russell ajoutent que les bons du Trésor américain offrent une réelle opportunité. Les stratégistes de SPDR considèrent même ces obligations à la fois comme source de revenu mais aussi comme un investissement défensif.

Le discours est plus prudent pour le marché européen. Les analystes soulignent les problèmes politiques comme le Brexit, l’affaiblissement de Merkel et les incertitudes politiques en Italie. De plus, ils ne croient pas que les économies de la zone euro puissent accélérer leur rythme de croissance. Ces différents points ne militent pas pour une exposition importante en Europe.

Les mêmes analystes trouvent que les obligations d’Etat du Japon n’offrent aucun intérêt car beaucoup trop chères.

Les pays émergents semblent plus prometteurs pour State Street. Des devises quelques fois sous-évaluées, des économies relativement en bonne santé et une inflation contenue sont favorables pour certains investissements. Le conseil est de préférer les obligations en monnaies locales. Le choix se fera principalement en fonction de la force ou faiblesse de la devise.

Quelles sont les attentes pour les rendements du 10 ans des pays du G10?

Les experts américains interrogés par le journal Barron’s s’attendent à une hausse du rendement du 10 ans américain. Si trois pensent que ce rendement sera de 2,75% ou de 2,85%, les autres s’attendent à un rendement supérieur à 3% (3,25% à 3,60%).

Les économistes de Goldman Sachs ont publié leurs attentes pour les obligations des pays du G10. Dans ce tableau vous verrez que ceux-ci pensent que le rendement du 10 ans américain devrait se situer à 3%.

Les points de vue exprimés par plusieurs spécialistes obligataires montrent que les taux devraient monter en 2019 et que le risque de crédit sera important dans le secteur des obligations à haut rendement. La prudence est donc de mise en 2019.

 

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