Jusque-là, tout va bien. Jusque-là, tout va bien. Jusque-là, tout…

Jusque-là, tout va bien. Jusque-là, tout va bien. Jusque-là, tout…

Ces jours, le marché c’est un peu le type qui tombe d’un immeuble et qui dit, en passant devant CHAQUE étage : « Jusque-là, tout va bien ». Sauf que nous on est dans l’autre sens…

L’Audio du 5 février 2019

Tous les jours on monte un peu plus et tous les jours on a les mêmes théories, les mêmes justifications et ça continue à fonctionner. On est dans le recyclage de nouvelles économiques pour pousser le marché plus haut.

Made in USA

C’est en tous cas le cas aux USA. Tous les jours les intervenants se congratulent sur les déclarations de Powell qui sont réutilisées à toutes les sauces et qui sont vénérées comme s’il était le gourou d’une secte : « Les Dovish’s », presque aussi entêtés que les Témoins de Jéhovah, mais juste moins envahissants.

Il ne se passe pas un jour sans que l’on trouve un commentaire positif, un article positif, une stèle ou une statue en l’honneur de Powell, l’homme qui a sauvé les marchés de la déroute. Hier soir il était même invité à manger à la Maison Blanche avec Trump, accompagné de Richard Clarida, Vice Chairman de la FED et Mnuchin, Secrétaire du Trésor.

Si ça avait été en France, il aurait reçu la Légion d’honneur – le truc que le Président donne à tout le monde depuis quelques années, pour à peu près tout et n’importe quoi.

Powell est donc une partie du carburant de cette hausse qui semble ne jamais vouloir s’arrêter.

Seconde drogue

L’autre partie, c’est les Négociations avec La Chine. Si. Même si la Chine est fermée pendant une semaine pour fêter l’avènement du porc qui est descende sur terre pour remplacer le chien, pendant ce temps, les Américains continuent de s’exciter sur le fait que : « bientôt, un jour peut-être, leur pays et la Chine ils vont trouver un accord trop chouette qui va faire monter le marché encore plus haut et que, en attendant, on va déjà monter plus haut, histoire de gagner du temps, comme ça, ça sera fait »…

Depuis le mois de décembre et depuis que l’on a tourné la veste sur le sujet, RIEN D’OFFICIEL n’a fuité, PAS UNE SEULE INDICATION POSITIVE OU NEGATIVE. PAS UN COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE QUELQUE SORTE QUE CE SOIT, juste Trump qui a tweeté deux ou trois fois sur le sujet pour dire que « TOUT SE PASSE BIEN ».

Voilà où nous en sommes, trois tweets pour dire que ça se passe bien et le marché monte de 15% sur des spéculations sur les résultats éventuelles de négociations pas finies et sur les paroles apaisantes du patron de la FED.

Facile a motiver

Il n’en faut pas beaucoup pour nous convaincre, il faut dire que nous sommes bien plus occupé à regarder les photos de la vague de froid sur Facebook qu’à se poser des vraies questions sur la validité et la durabilité du rallye.

On se dit que c’est globalement assez facile ; ça monte tout le temps. Sauf les trois derniers mois de l’année dernière, mais ça c’était avant et comme nous on vit dans le moment présent et que Powell est cool et que les Chinois vont aussi être cool dans pas longtemps, on en est sûr, tout comme l’eau ça mouille, on sait que les Chinois vont nous offrir un deal cadeau sur les négociations de la Trade War.

D’ailleurs c’est même plus un guerre économique, c’était juste un blague potache qui était censé nous montré l’amitié indéfectible entre les USA et la Chine.

Recyclage

Quoi qu’il en soit, entre la Chine et Powell, on fait du recyclage et tout va bien. Pour le reste, on se contente de s’exciter sur les chiffres du trimestre qui continuent à être bons, même si Google baissait hier soir after close, après que le moteur de recherche ait publié des chiffres meilleurs grâce un « gain d’investissement » mystérieux qui est apparu dans les chiffres, les intervenants était un peu dubitatifs et le titre perdait 2.8% tard hier soir.

Ah oui, et puis… Ce n’est pas Google, c’est Alphabet. J’oublie tout le temps.

C’est quand même le coup de marketing le plus pourri de ces dix dernières années – peut-être juste après le Zune de Microsoft qui était censé combattre l’iPod – ils ont changé le nom de la compagnie et tout le monde les appellent quand même comme avant.

Autrement

Pour le reste, on retiendra des bons chiffres chez Clorox, des mauvais chez Johnson Outdoors et des bons chez Sysco – rien à voir avec l’autre. Il y avait aussi Papa John Pizza qui prenait 9% parce qu’un activiste vient d’en acheter pour 200 millions, Ultimate Software qui bondissait de 20% parce qu’ils se font racheter par un groupe d’investisseurs pour 11 milliards et Tesla qui rachetait Maxwell Technologies en Allemagne pour des bricoles. Mais 42% plus haut quand même.

À la fin le Nasdaq était le leader de la meute avec une hausse de plus de 1% et le fait qu’ils sont presque en train de sortir du Bear Market… L’indice n’y était pas depuis longtemps et ça n’aura pas duré – visiblement le Bear, c’était un ours polaire victime du réchauffement climatique.

Pas très marrant en Europe

En Europe c’était moins drôle, les chiffres économiques locaux et les chiffres économiques chinois inquiétaient les investisseurs et on sentait tout le poids de la déprime sur les épaules des indices européens. Jusque là, on avait trouvé la force de suivre les Américains, mais là, on semble tester nos limites.

C’était pas l’euphorie dans les banques hier, Banco de Sabadell perdait 5% et Danske Bank reculait d’un peu plus de 2%, pendant que Julius Baer plongeait de 4% et des poussières alors que le management annonçait des coupes dans le staff, donnant l’occasion à des petits managers à deux balles de mettre la pression sur leurs staffs histoire de montrer leur pouvoir indéfectible et leur droit de vie et de mort sur leurs employés.

À noter que la mentalité change, parce qu’avant quand ça virait, ça montait.

L’or et le pétrole sans coup férir

Ailleurs tout va bien sur l’or qui continue son bonhomme de chemin en direction des 1360$ promis – il est à 1318$ ce matin – quand au pétrole il est en route pour les 65$… Ce matin il vaut 54 et des brouettes.

L’humour du matin

Le joke du matin c’est le CEO de QuadrigaCX qui est décédé. Pas le fait qu’il soit mort, non, mais le fait qu’il soit mort en emportant avec lui le seul mot de passe pour que ses clients puissent accéder à leur argent – 190 millions de dollars bloqués en Bitcoin avec aucun moyen d’y accéder !!! Surtout ne pas rire.

Je m’efforce à penser à une chose triste, mais quand même, c’est drôle. Même imaginer Guy Parmelin qui parle en Anglais ne parvient pas à me faire stopper mon fou-rire.

L’Asie à trois-quart fermée pour le cochon

En Asie, le Nikkei ne fait rien, Hong Kong ne fait rien et la Chine est fermée pour cause d’orgie de porc au caramel pour la nouvelle année.

Dans les nouvelles du jour, tout le monde commente les chiffres d’Alphabet/Google a qui on reproche d’avoir trop dépensé ce trimestre. On cause aussi des fonds qui reviennent investir en ce début d’année parce que, je cite « la volatilité revient à des niveaux acceptables ».

Adieu Bill

Toujours dans le domaine des fonds, Bill Gross annonce sa retraite, il quittera Janus Henderson à la fin du mois de février pour se consacrer à sa propre fondation de charité et à son propre pognon aussi. Le roi des Bonds s’en va, le trône est libre – bien que ces dernières années, il était à peu près aussi populaire dans le monde des Bonds que Macron l’est dans le monde des Présidents à deux balles.

On parle aussi de Boeing qui fait un carton et qui prévoit de faire un carton. Le fabricant d’avions se montre très positif pour l’avenir avec 5’900 avions en commande, tout en encensant le marché chinois qui semble explosif pour les années à venir. Comme quoi tout n’est pas dépression là-bas !

Malpass va mal passer

Trump va nommer David Malpass à la tête de la World Bank. L’annonce devrait être faite ce soir, juste après le discours de l’état de l’Union. Malpass est un des plus fervent critique envers la World Bank, estimant qu’elle est trop grosse et trop inefficace. Apparemment, ça ne va pas forcément plaire aux autres pays, mais on s’en fout. Ce n’est de toutes façons pas le truc de Trump de plaire aux autres pays.

Pour le reste, la banque centrale australienne a laissé ses taux inchangés et je suis certain que ça va vous changer la journée. Pour l’instant les futures sont inchangés et on va se concentrer sur les chiffres de la journée, sur les négociations avec la Chine dont on en saura pas plus avant des jours et des jours et sur les discours de Powell que l’on se repasse en boucle. Il paraît que le speech de début janvier a été plus vu sur YouTube que le dernier vainqueur de l’Eurovision de la chanson.

Les chiffres économiques seront surtout plein de PMI et l’ISM Non-Manufacturing aux USA.

Pour les chiffres du trimestre, les gros noms sont derrière, c’est dorénavant un long fleuve tranquille pour ceux qui ne vont pas dans le détail.

Voilà… Tout va bien dans le meilleur des mondes. Le 21 décembre ne s’est jamais produit et les ours sont en voie de disparition. Passez une excellente journée et à demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

“People demand freedom of speech as a compensation for the freedom of thought which they seldom use.”
― Søren Kierkegaard

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