Impossible de commencer cette chronique sans parler de l’événement de la nuit, le Superbowl le plus chiant de l’histoire, remporté par les Patriots, ce qui laisse supposer, selon les statistiques chères à notre cœur, que le marché va baisser cette année… Sauf que..

L’Audio du 4 février 2019

Les dernières réflexions liées au Superbowl Indicator ne sont plus si convaincantes. Le Superbowl Indicator, c’est ce truc qui dit que lorsqu’une équipe de l’American Football Conference gagne le titre, c’est le Bear Market qui nous attend – c’est le cas cette année avec la victoire des Patriots – en revanche, si c’est l’équipe de la National Football Conference qui gagne, c’est le Bull Market.

Sauf que l’an dernier c’est Philadelphie qui a gagné, ça aurait du monter.

Je sais que dans la finance on a la mémoire courte, mais vous devez encore vous souvenir que la fin d’année n’a pas été aussi simple.

L’année d’avant alors ? Non, pas marché non plus…

Statistiquement parlant

Bref, statistiquement depuis 1998 c’est 50/50… Un peu comme à pile ou face. Sans compter que cette année ça va être compliqué, parce que le « January Effect » dit que l’on va monter et le Superbowl Indicator, l’inverse. Mon Dieu, on va devoir réfléchir toute l’année, ça va pas être simple.

Je crois que l’on peut donc passer au chapitre suivant.

Le mois de février a commencé calmement. On a fait un peu notre introspection de la semaine et c’était globalement pas mal. On ne va pas revenir en détail sur les chiffres de toute la semaine, mais de tête on va dire que c’était globalement mieux que les attentes dans sa grande majorité.

Il y a eu quelques déceptions, mais rien de catastrophique et il y a encore de l’espoir. On s’est quand même plus excité sur la FED que sur le reste, puisque cette semaine Powell a encore fait parler de lui et on ne sait pas trop ce que l’on ferait sans lui.

Verticalité

Quoi qu’il en soit, il est le héros de ce début d’année. Pourvu que ça dure et qu’il sache trouver les mots qu’il faut pour continuer en avant, parce qu’actuellement, il n’y a pas besoin d’avoir fait des études de géométrie ou d’architecture pour se rendre compte que la hausse est un peu verticale et qu’à un certain moment, quand la musique va s’arrêter, ça va pas être simple de trouver à quoi se raccrocher.

Vendredi dernier les chiffres de l’emploi ont été publiés. Ils étaient excellents.

Je vais encore prendre quelques instants pour féliciter les « prévisionnistes » de la finance qui se sont appliqués pendant des semaines à calculer les chiffres de création d’emploi de vendredi dernier.

Ils ont bossé comme des dingues et ne se sont gourés que de 132’000 jobs. On attendait 172’000, c’est sorti à 304’000. Deux stades pleins à côté. Ou l’équivalent de tous les spectateurs des matchs de Challenge League à Genève pendant 5 ans.

Bref, c’était à côté de la plaque, sans compter que les autorités ont corrigé de 90’000 personnes les chiffres du mois d’avant, donnant encore plus de crédit à ce genre de données.

Economie parfaite

À la fin, on commence à se demander si l’économie américaine n’est pas en train de trouver la « perfection », puisqu’ils ont de la création d’emplois, mais pas d’inflation. Trop fort ce Trump.

À moins que ça ne soit pas à cause de lui.

En conclusion, la semaine fut bonne bien que l’on sente que l’Europe a de plus en plus de peine à suivre le mouvement. Selon les médias, c’est parce que les chiffres économiques étaient encore un fois pourris vendredi dernier en Chine. Mais personne ne pense au fait que c’est juste pourri en Europe aussi.

L’or et le pétrole : un plan qui se déroule sans accroc

Côté or, ça continue à aller dans la bonne direction puisque le métal jaune est à 1317$, sur le chemin des 1360$, comme prévu. Pendant que le pétrole est en train de casser à la hausse – les plus fervents d’analyse technique diront que le baril a « cassé la neckline de sa figure de tête/épaules inversée » – il va à 65$… C’est obligé.

C’est la semaine du Nouvel An chinois, autant vous dire que l’Asie est très calme ce matin. Le Japon est en hausse et Sony se fait défoncer de 8% après avoir baissé ses perspectives pour l’année.

En Chine, on passe donc de l’année du chien à l’année du cochon. Ça ne paraît pas forcément une bonne nouvelle, dit comme ça, mais il faut retenir que le cochon est un symbole de bonne santé financière et de prospérité. Bon, à la fin il finit quand même dans les raviolis vapeur, comme les chiens d’ailleurs.

Tout va bien

Les Chinois qui ont donc fini un round de négociation avec les Américains et n’ont pas dit un mot. Il y a juste Trump qui a dit que « ça se passait bien ».

Ce lundi commence calmement avec très peu de nouvelles neuves. Si ce n’est le fait que nous allons retourner au boulot du côté des chiffres trimestriels. Il y a toujours un paquet de monde qui publie, mais ce soir, ça sera le soir de Google. Le moteur de recherche va annoncer son trimestre et ça sera également le dernier des FAANG’s à publier.

On pourra donc dire ensuite qu’il n’y a plus grand-chose à attendre de la suite. Personne ne pourra faire basculer le marché suite à son trimestre si l’un de ces big five n’a pas réussi.

La vérité est ailleurs

Si correction il y a, elle viendra d’ailleurs. Mais pas des Chinois, puisque cette semaine ils sont en vacances.

On va donc reprendre la thématique des trimestriels comme fer de lance pour s’occuper en attendant que Powell viennent parler mercredi et que l’on trouve cinq minutes pour s’occuper de la Banque Centrale d’Angleterre qui se réunit ou des inévitables articles ou théories sur le BREXIT.

Quoi qu’il en soit, j’ai comme le sentiment que cette semaine démarre bien lentement. Je vais donc vous laisser vaquer à votre café du matin et on se retrouve demain avec un peu plus de gras à se mettre sous la dent.

Passez une excellente journée et un très bon début de semaine.

Thomas Veillet
Investir.ch

« I am a student of stupidity. I am a political reporter. »

P. J. O’Rourke