Rester au lit, ne pas sortir

Rester au lit, ne pas sortir

Il y a des lundis qui sont plus difficiles que d’autres, des jours où l’on a juste envie de rester au lit et d’attendre qu’il ne se passe….rien… Aujourd’hui, quand je lis les nouvelles du jour, je me dis que le plus dur sera d’écrire 4 pages à cette chronique…

L’Audio du 11 février 2019

Donc la semaine dernière nous avons pris conscience que l’Europe allait mal. Les questions commencent à défiler et on se demande bien comment on va s’en sortir tellement la longue liste des problèmes s’allonge chaque jour un peu plus.

Le marché américain a tout de même réussi à limiter la casse durant la séance de vendredi et s’en sort (encore une fois) nettement mieux que les autres.

On prend les mêmes…

Le sujet de ce début de semaine devrait être encore une fois le même, puisque la Chine est de retour aux affaires après une semaine de gueule de bois. La logique voudrait donc que l’on se remette à négocier pour régler une fois pour toute cette guerre économique.

Cependant, on n’a pas encore réglé le problème qui viendra après.

Oui, parce qu’une fois que les négociations seront terminée, que l’on aura trouvé un accord et Trump se sera mis au chinois, de quoi est-ce que l’on va bien pouvoir parler et surtout, quelle sera la prochaine justification pour « faire monter le marché ».

Quoi qu’il en soit, on va donc reparler des négociations Chine-USA et suivre attentivement le compte Twitter de Trump, puisque c’est à peu près le seul endroit où l’on trouve des informations sur ce qui se passe entre les Américains et les Chinois.

Le FMI sur la brèche

Pour le reste, on va digérer le reste des chiffres trimestriels qui vont sortir, de moins en moins nombreux et de moins en moins capitaux aussi et puis l’on va parler économie mondiale fondamentale, puisque ce week-end le FMI a exprimé sa « peur » pour l’économie mondiale et Christine Lagarde est venue la tribune pour remonter le moral des investisseurs.

La patronne du FMI pense qu’il y a quatre gros nuages qui s’amoncèlent au-dessus de la planète économie : évidemment, il y a les négociations entre la Chine et le USA, le resserrement du taux d’emprunt, les incertitudes liées au Brexit et le ralentissement de la Chine.

Le FMI a réduit ses prévisions de croissance mondiale de 3.7% à 3.5% pour se prémunir contre tout ces dangers potentiels.

Il fait gris

Comme ça, en regardant par la fenêtre ce matin, ça n’a pas l’air très joyeux et on a connu des débuts de semaine bien plus euphoriques. Là, c’est très mou et très déprimant de prime abord.

Aujourd’hui c’est donc le premier jour de la nouvelle année chinoise et le premier jour où le marché est ouvert après une semaine de vacances. Après toutes les secousses de la semaine et tous les commentaires liés aux négociations qui ont été fait en l’absence des Chinois, on pouvait se demander « comment la Chine allait rouvrir ». ça c’est plutôt bien passé, puisque ce matin l’indice principal est en hausse de 0.8%, que Hong Kong suit le mouvement et que le Japon est fermé.

Je peux peut-être me tromper. D’ailleurs je me trompe sûrement, mais on dirait que la Chine ne veut tout simplement plus baisser.

Or et pétrole : ennui et stagnation

Du côté de l’or et du pétrole, ça ne bouge pas d’un iota. Il y a quelques jours nous avions l’impression – enfin, j’avais l’impression – que l’un comme l’autre était au début de quelque chose, mais en fait non. Pour l’instant, c’est « Waterloo, morne plaine » sur l’or et le baril.

Dans les nouvelles du jour, nous avons la nouvelle cheffe économiste du FMI qui en remet une couche ce matin dans le FT, elle estime que la FED a eu raison de faire une pause dans son cycle de hausse des taux. Il y a, selon elle, vraiment trop de risques mondiaux globaux qui augmentent pour ne pas le voir.

Le FT fait également sa une avec la Deutsche Bank qui a de plus en plus de peine à trouver du financement. Si même les banques n’arrivent plus à trouver de l’argent bon marché, où va-t-on ? En tous les cas, l’histoire de la Deutsche Bank ne semble pas partie pour se terminer en Happy End et disons que la fusion avec la Commerzbank qui traîne dans les couloirs des salles de trading depuis des mois, semble la moins mauvaise des solutions.

La Chine, toujours plus faible, mais toujours rien à faire

Ailleurs, un journal chinois local annonce que la croissance chinoise pour le premier trimestre 2019 pourrait descendre à 6%. La nouvelle n’est pas bonne, mais pas officielle non plus – on n’a d’ailleurs plus aucune nouvelle du journaliste qui a écrit l’article, il paraît qu’ils l’ont envoyé faire une enquête à l’ambassade saoudienne à Istanbul. Quoi qu’il en soit, une nouvelle de cet acabit laisse penser que les Chinois n’on pas d’autre solution que de négocier…

Un peu ce que l’on pense depuis des semaines.

Révolution du bonus

Il paraît aussi que l’UBS va dorénavant plafonner les revenus de certains groupes d’employés, en l’occurrence les RH et la communication. Dorénavant les bonus annuels seront fixes. En gros un bonus qui est fixe, c’est un salaire – sauf qu’à la place de le verser tous les mois, on le verse en une fois à la fin du mois de mars.

Ceci est une révolution.

C’est pas facile

Pour terminer, nous sommes dans une situation compliquée. Le S&P500 est monté de 16.4% depuis le 21 décembre, il se retrouve juste sous la moyenne mobile des 200 jours, ça serait bien qu’il passe en-dessus pour confirmer le « momentum » du rallye, mais ça ne sera pas simple d’y parvenir. Ça ne sera pas simple compte tenu du fait que les négociations, on les a déjà bien utilisées, que les trimestriels touchent à leur fin et que l’Europe est au plus mal.

Ça ne sera pas simple de continuer notre chemin dans la dynamique dans laquelle nous sommes. Et la mollesse de ce lundi laisse supposer que pas mal de gens se posent quand même des questions. Et l’on fait bien.

Aujourd’hui, si l’on regarde les nouvelles du jour, on a quand même l’impression que c’est vachement nuageux, mais en même temps, il suffirait que l’on nous sorte quelque chose d’hyper-enthousiasmant pour que l’on continue à galoper derrière.

Comme un lundi

Bref, ce lundi me donne l’impression d’être en mode attente, mais sans trop savoir ce que l’on attend. Si l’on ne se basait que sur l’Europe, je serais déjà en train de partir en courant, mais comme ce n’est pas vraiment le cas, je me dis que tout est possible.

Pour ce qui est des chiffres du jour, nous aurons le GDP en Angleterre et côté chiffres du trimestre, il y aura encore du monde, mais pour être franc avec vous, je ne pense pas que ce soit les chiffres de Timberland qui vont nous changer la face du monde.

Personnellement, je retourne me coucher, il fait trop froid, il fait trop gris, il n’y a pas assez de trucs neufs dans ce marché pour s’exciter suffisamment. Je vous souhaite une excellente journée et on se revoit demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

‘Speed has never killed anyone, suddenly becoming stationary… That’s what gets you.’

Jeremy Clarkson

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