Le 9 mars 2009, le S&P500 marquait son « bottom » après la crise du Subprime, depuis il n’a pratiquement plus cessé de monter. 411% de hausse après 10 ans et ailleurs, c’est encore mieux.

L’Audio du 7 mars 2019

Alors vous me direz : « Oui, mais nous ne sommes pas le 9 mars et ça ne fait pas encore 10 ans ». Et vous aurez raison. Mais d’abord le 9 mars c’est samedi, tout le monde sera en week-end et y aura personne pour chanter Happy Birthday Mister Bull Market.

Et puis en plus, il y a tellement rien à dire ces jours, que ça fait au moins un sujet plus léger à aborder sans avoir besoin d’utiliser 223 fois les mots Trade Deal, Chine ou Accord Sino-Américain.

Donc : les 10 ans du Bull Market

Il y a 10 ans les Banques Centrales sortaient de leur léthargie et inventaient le QE. Le QE, c’est un peu le sabre laser de Luke Skywalker. C’est super-efficace, il faut juste savoir l’utiliser correctement.

En ce temps-là la FED a fait ce qu’il fallait et heureux ceux qui ont compris qu’il se passait quelque chose qui laisserait des traces dans l’histoire des bourses mondiales et dans les portefeuilles des obsédés du krach boursier qui pensaient qu’à 666 sur le S&P, on pouvait encore aller plus bas.

Salutations amicales à Monsieur Roubini et son target de 333 sur le S&P500.

Depuis le 9 mars 2009, le S&P a donc repris 411%, le Dow Jones 413% et le Nasdaq : 570%. Des chiffres qui donnent le tournis et qui donnent surtout envie d’avoir accès à la DeLorean de Retour vers le Futur, juste une fois. Et ensuite je ne vous embêterai plus.

Au-delà des indices, il y avait mieux à faire, puisque si vous aviez investit 1 million de dollars en NetFlix et que vous avez serré les fesses assez fort pour les garder jusqu’à hier matin, aujourd’hui vous pèseriez plus de 60 millions de dollars. En effet, NetFlix est la meilleure performance du S&P500 sur ces 10 dernières années avec une hausse de 6’397%.

Apple n’est qu’un gros loser avec une perf de 1300% et des brouettes. Pathétique.

Mais pourquoi ?

Mais pourquoi nous raconte-t-il tout ça ? me direz-vous…. Eh bien déjà, parce que, du coup, j’ai déjà rempli une page de ma chronique et que je n’ai pas encore cité Trump, la Chine ou l’accord commercial.

Mais aussi parce que ça fait partie de l’histoire des bourses mondiales et que, comme depuis 3-4 ans, nous avons tendance à avoir une mémoire qui ne dépasse pas les 3 semaines, des fois je me dis que c’est bien de revenir un peu sur le passé, histoire de faire comme Francis Cabrel et de se dire que c’était mieux AVANT…

Ne l’oubliez pas samedi

Bref, tout ça pour vous dire que samedi le Bull Market aura 10 ans, alors si au milieu des courses du week-end, vous avez 5 minutes pour penser à lui, ça serait gentil.

Pour le reste, la journée d’hier n’aura pas été différente des autres journées de la semaine. On parle toujours de la même chose et on se concentre toujours sur les nouvelles liées au Trade Deal.

Ou plutôt non, on se concentre sur l’absence de nouvelles liées au Trade Deal et ce n’est pas bon.

Situation pourrie

Nous nous trouvons dans cette situation de marché détestable où l’on ne sait plus quoi faire. Plus quoi faire parce que nous sommes tous convaincus que cet accord va faire du bien au marché et redynamiser l’économie, mais comme rien n’est encore signé, confirmé ou détaillé clairement, le marché se trouve à court de carburant pour monter et s’effrite lentement dans une espèce de déprime automnale. Et en plus, il pleut.

Hier les marchés US ont terminé en baisse parce qu’il y avait « absence de nouvelles ». En fait, lire ce genre de commentaires est tout simplement exceptionnel.

Ça résume à se dire que les mecs ils vendent parce qu’on ne leur dit rien. Si on leur donnait quelque chose à ronger, ils achèteraient, mais là comme on nous dit rien, dans le désoeuvrement le plus total, les investisseurs vendent.

Un trade deal vvviiiiiiittee !!!

Autant vous dire que l’on espère que ce Trade Deal va venir avant la fin de la semaine prochaine, parce qu’à coup de journées à -0.65%, dans 30 jours ça va faire très mal.

Hier les USA se sont donc rabattu sur la publication du Beige Book et sur le discours du Président de la FED de New York, John Williams. Autant vous dire qu’on est dans une série B, parce que vendredi on aura Jerome Powell, Président de la FED tout court et les chiffres de l’emploi, ça claque quand même un peu plus.

Le Beige Book a dit que ça allait et que tout était sous contrôle mais qu’il n’y avait pas non plus de quoi danser tout nu sur la table en s’arrosant de champagne et Williams a dit plus ou moins la même chose.

À la fin c’est Manchester qui gagne

Et à la fin on a perdu 0.65%. L’Europe était aussi en mode « effritement », puisque de toute façon, l’Europe fait tout comme les USA, parce qu’après tout, sans les USA, l’Europe n’est rien.

En résumé : le 9 mars c’est les 10 ans du Bull Market et en attendant le Trade Deal on s’effrite gentiment parce qu’on n’a plus de carburant et on déprime. Et pour être franc, quand on voit la tronche des graphiques, on a l’impression que l’on vient de se fracasser la tête contre le plafond et qu’on ne voit pas trop comment passer à l’étage en-dessus.

Ah, si.. Le Trade Deal peut-être. À la limite on se contenterait d’un tweet de Trump à ce sujet.

Or et pétrole figé dans le continuum espace-temps

L’or et le pétrole sont paralysés et ce matin le Japon et Hong Kong sont en baisse. Le Nikkei recule de 0.7% et le Hang Seng de 0.4%. La Chine s’accroche encore en terrain positif, mais pas de grand-chose.

Trump

Pour les nouvelles du jour, on n’a vraiment pas grand-chose à se mettre sous la dent, mais on retiendra que Trump serait VRAIMENT déçu si Kim Jong Un reconstruisait son site de lancement de missiles. Briser une telle amitié alors qu’ils étaient « à ça » de dénucléariser la Corée du Nord, ça serait tout de même dommage.

Trump

Le Trade Déficit américain a atteint son plus haut niveau depuis 10 ans. Comme quoi Trump ne fait pas tout, tout juste.

Et puis, on commence à s’autoriser à penser que Trump va se représenter dans 2 ans. Les « experts » pensent qu’il veut sécuriser l’accord avec la Chine, booster encore la bourse grâce à ça et se représenter dans la foulée.

Trump

Vous noterez aussi que heureusement que Trump est là, parce que sans lui je ne sais même pas de quoi je parlerais ce matin.

Pour le reste, Huawei poursuit le gouvernement US parce qu’ils estiment avoir le droit de vendre leurs produits sur le territoire US et que ce n’est pas juste que le gouvernement américain les bloque. On n’a pas fini de rire à ce sujet.

Le dépressif on stage

Cet après-midi il y a la Banque Centrale Européenne et son cocker spaniel de Président qui se réunira et le marché n’aura d’yeux que pour eux, histoire de voir s’ils ne veulent pas changer leur vision à long terme sur les taux. Puisque plus personne ne croit à une hausse encore cette année, à moins que l’on trouve du pétrole sur la Grand-Place de Bruxelles.

Et puis les plus optimistes chercheront une trace d’espoir pour un nouveau QE en Europe dans les paroles, les gestes et les regards de Draghi.

Pour le reste, nous aurons le chômage en Suisse et le GDP en Europe, le GDP en Europe, c’est juste pour conforter Draghi dans sa dépression. Actuellement, les futures sont en baisse de 0.14% et demain nous aurons les Non-Farm Payrolls qui arriveront pour nous occuper la journée.

En attendant demain, je vous souhaite une très belle journée, bon courage et bon café !

À demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

« ‘I’m bored’ is a useless thing to say. You live in a great, big, vast world that you’ve seen none percent of ».

Louis C.K.