On attendait la FED, on a eu Trump et la récession qui nous attaquent de tous les côtés.

L’Audio du 21 mars 2019

Pas besoin d’être un expert des marchés financiers pour savoir qu’hier était un jour important, puisque la FED devait parler et nous donner SA vision des choses afin que nous puissions vérifier sereinement que Powell était bien AVEC nous et pas CONTRE nous.

Comme prévu

Pour être franc, la FED a plus ou moins délivré ce que l’on attendait d’elle. À savoir un discours « dovish » ou, pour parler français, un discours qui va dans la direction des investisseurs et qui ne parle plus de monter les taux en 2019.

Le patron de la FED s’est montré confiant dans son discours, exprimant le fait qu’il n’y a pas d’urgence, que sont but est de contrôler l’inflation et de ne pas paniquer dans tous les sens à chaque chiffre économique, chose dans laquelle le marché est passé maître ces derniers temps.

Croissance moins forte attendue

Powell a également baissé les attentes de croissance pour 2019, passant de 2.3% à 2.1%. Mais le plus important pour nous, c’était le fait que les taux ne monteraient plus en 2019.

Comme ça, une fois que cette histoire de taux était placée derrière nous, nous pouvions passer aux choses sérieuses, au trucs qui nous intéressent vraiment et qui nous excitent ; la date exacte de l’arrivée de la prochaine récession.

Récession où es-tu ? Quand viens-tu ?

Oui, car on a clairement l’impression qu’une fois que Powell eut donné son avis, tout le monde est venu à la tribune pour parler récession. En tous les cas, c’est l’impression que ça donne en lisant la presse ce matin.

Plusieurs experts sont cités dont John Maulin, et tous ont des signaux qui disent que ça va mal se finir. On ne peut pas en douter. On sait que cycliquement parlant, toutes les économies finissent en récession et les USA n’ont pas inventé la croissance éternelle en élisant Trump. Mais il est frappant de voir la façon obsessionnelle dont le mot récession revient ce matin. Sans compter que les meilleurs CEO’s des USA se sont réunis hier et estimaient que le premier trimestre 2019 était clairement placé sous le signe du ralentissement.

Reste encore à placer cette récession à venir sur la « timeline » des marchés.

Trump est les mots qui fâchent

Durant la journée nous avons également eut droit au retour de Trump. Le Président Américain avait un peu disparu des réseaux sociaux depuis au moins 48 heures. En tous les cas on avait moins entendu parler de lui.

Et puis hier il est revenu au sujet de la Chine et a déclaré que « même si un Trade Deal était signé, il pourrait maintenir des tarifs douaniers pendant un temps, histoire de voir si les Chinois « jouent bien le jeu » et se plient bien aux exigences qui auront été signées.

Fierté mal placée

Si l’on pense que les Chinois et les Asiatiques en général sont un peuple très fier et qu’ils n’aiment pas se faire humilier. Trump les mets dans une position qu’ils vont sûrement adorer sur le long terme. Se faire menacer à demi-mot dans la presse internationale en mettant en doute leur droiture est un truc qui va sûrement réchauffer leurs relations.

Personnellement, je serai Trump, après avoir dit ça, j’enverrais aussi la 7ème flotte dans la Mer de Chine (si elle n’y est pas déjà) et je lui demanderais de faire des tests de missiles à moyenne portée, histoire d’énerver tout le monde.

Heureusement compensé par la FED

Une telle phrase aurait coûté beaucoup plus il y a quelques temps que ce que cela nous a coûtés hier. On peut remercier la FED, sinon ça aurait été bien plus compliqué.

Remercier la FED et le fait qu’actuellement les bonnes nouvelles soient des très bonnes nouvelles et que les mauvaises nouvelles soient devenues des bonnes nouvelles.

Double effet Kiss Cool

Les marchés européens bénéficiaient du « double effet kiss cool » hier. Le double effet kiss cool dans les marchés, c’est quand on a une mauvaise nouvelle de retard et que, pendant qu’on la digère, on se reprend un claque dans les dents.

L’Europe commençait naturellement sa journée sous pression après avoir raté le dégonflement tardifs des marchés US lors de la séance de mardi soir. Il « fallait » donc baisser pour rattraper le temps perdu et en plus, il y avait l’effet Bayer. Autrement dit : l’effet round up.

L’Europe sous désherbant

Comme un tribunal américain a reconnu que le round-up était cancérigène – encore une fois – les investisseurs se sont dits que c’était une mauvaise nouvelle pour Bayer et le titre s’est fait démonter de 10% pesant clairement sur le DAX et sur le reste des marchés.

Hier nous avons clairement pris conscience que le Round Up était vraiment une saloperie et que le jardinier qui est a gagné contre Bayer il y a quelques mois, n’était pas un cas isolé. C’est un peu comme la cigarette, on vient d’allumer la lumière et on comprend que ce n’est pas un seul HUMAIN qui est allergique au Round UP, mais que le Round Up, c’est de la merde pour TOUT le genre humain. Comme le téléphone portable, les excès de vitesse, le McDo, le Coca, l’huile de palme et… et je m’arrête là.

Ciel couvert et risques d’averses

Le fait que la FED décident de ne plus JAMAIS monter les taux a pesé sur les banques qui, ont le sait, gagnent moins d’argent avec les taux bas. Les financières qui vont devoir trouver d’autres moyens de se payer leurs bonus.

Bref, l’Europe était sous pression et terminait en larmes et les USA finissaient leur journée en baisse après avoir retrouvé un peu de volatilité. Mais un peu seulement.

Les «matières premières» en folie

La bonne nouvelle de la journée, c’est l’or qui repart à la hausse, ce matin le métal jaune se traite à 1318$ et semble retrouver de son brillant et de sa superbe. Est-ce la faute de la récession qui est à nos portes et dans tous les journaux, allez savoir… Il n’y pas que l’or qui remonte, il y a aussi le pétrole.

Le pétrole qui est en train de s’envoler gentiment depuis quelques jours. Depuis que plus personne ne fait attention à lui, le baril casse tout. À l’heure où je vous parle le bidon de brut vaut plus de 60$ et si Trump ne s’en rend pas compte et ne tweet pas un truc rapidement, on va le retrouver à 65$.

Asie et nouvelles du jour

Tôt ce matin, toute l’Asie est en hausse, pour saluer la FED. Le Japon monte de 0.2%, tout comme Hong Kong. Et la Chine grimpe de 0.9%. Oui, l’Asie salue la FED, mais timidement quand même.

Comme tous les jours, on parle du BREXIT. Alors que Theresa May s’apprête à demander un délai au 30 juin pour trouver un accord. Les Européens se montrent agressifs et menaçants – cet abruti de Macron en tête – puisque dans la foulée de Bruxelles qui ne veut pas donner de délai sans conditions, le clown de l’Elysée gonfle la poitrine et « se la joue chef d’Etat » laissant entendre qu’il était prêt à bloquer ce report si nécessaire.

Arrogance et gonflage de biceps

L’arrogance de l’Europe dans ce dossier est tout de même surprenante. Quand on voit l’état du groupe, leur état économique et leur unité globale. Il me semble que la jouer un peu plus profil bas serait de bon ton. Surtout l’autre idiot qui se prend pour un chef d’Etat alors qu’il a la crédibilité d’un joueur de bonneteau dans son propre pays.

Pour le reste, on parle de l’IPO de Levi’s – qui revient sur les marchés avec une valorisation de 6.6 milliards. On aborde aussi et encore, le sujet de l’Italie qui se sent plus proche des Chinois que des Européens. Les Italiens qui pourraient bien finir par demander aussi une date de sortie de l’Europe pour l’Italexit.

Et puis, comme tous les lendemains de la FED, on parle de la FED et de la VISION de Powell ET de son statut accommodant. Sans oublier l’amende que l’Europe a collé à Google – 1.5 milliards quand même – et le fait que tout le monde s’en tape cordialement. Il est vrai que 1.5 milliards pour Google, c’est une goutte d’eau dans la mer.

Chiffre économiques et rendez-vous d’avril

Il y aura la BNS ce matin, mais c’est surtout la Banque d’Angleterre et ses taux qui vont être regardés, même si l’on sait qu’ils ne feront rien avant le BREXIT. Aux USA, il y aura les Jobless Claims et le Philly Fed. Pour le moment les futures sont inchangés.

En ce qui me concerne, et suite à mon article d’hier sur la « nourriture saine », je vous propose que l’on se rencontre pour parler « ESG » et autres choses qui sont bien pour le corps et pour nous. Pour se faire, il vous suffira de venir à la conférence « ESG – doing well by doing good » qui aura lieu le 2 avril à 17h15 au Théâtre les Salons – Détails pratiques ci-dessous.

Pour le reste, je vous souhaite une excellente journée et une excellente récession.

À demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

«Christophe Colomb fut le premier socialiste : il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait… et il faisait tout ça aux frais du contribuable.»

Winston Churchill