Les Exchange Traded Fund (ETF) sont peu coûteux, transparents et liquides. De plus, ils présentent des avantages par rapport aux autres produits de placement en termes de diversification. La demande pour ces fonds passifs est donc de plus en plus importante, et l’offre ne cesse de croître. Toutefois, trouver le bon ETF n’est pas chose aisée. Les six étapes suivantes vous aideront à choisir le produit adéquat.

1ère étape: définir sa stratégie d’investissement

Avant toute décision, un investisseur devrait bien connaître sa stratégie de placement. Celle-ci définit la répartition de ses avoirs entre les différentes catégories de placement telles que les actions, les obligations et les matières premières. Diverses études montrent qu’une stratégie de placement clairement définie est cruciale pour le succès de ses investissements.

Deux facteurs doivent impérativement être pris en compte lors de l’élaboration de la stratégie de placement: la capacité au risque et la disposition au risque (voir graphique).

 

Disposition au risque (facteurs subjectifs. Capacité au risque (facteurs objectifs)

  • La capacité au risque exprime la part du patrimoine dont l’investisseur a besoin et dans quel laps de temps. S’il compte par exemple utiliser prochainement une grande partie de son patrimoine pour acquérir un bien immobilier, sa capacité d risque est faible.
  • La disposition au risque reflète la capacité émotionnelle à supporter les fluctuations du capital investi et les pertes de cours intermédiaires. Les personnes qui ont du mal à gérer les fluctuations à la baisse ont une faible disposition au risque. Un investisseur peut avoir une capacité au risque élevée et une disposition au risque faible et inversement.

De nos jours, une stratégie de placement peut être mise en œuvre exclusivement avec des ETF. Plus de 1500 sont disponibles à la Bourse suisse; ils investissent dans une multitude de catégories de placement, de marchés et de monnaies et permettent une large diversification de sa fortune.

2ème étape: choisir son indice

Les investisseurs doivent avoir conscience du fait que les placements dans des fonds indiciels participent totalement aux fluctuations de valeur de leur indice sous-jacent. Son choix est donc crucial.

Pour se faire une idée de la performance d’un ETF, il est recommandé de se pencher sur les rendements historiques et les fluctuations de cours de l’indice sous-jacent, en considérant la plus longue période possible.

Une bonne compréhension du calcul et de la composition de l’indice est également utile. De nombreux indices pondèrent les titres d’après leur valeur boursière. Avec un ETF répliquant un tel indice, les investisseurs s’exposent à une concentration des risques qu’il ne faut pas sous-estimer. Par exemple, un fonds passif sur le SMI et le SPI est investi à plus de 50% dans les poids lourds que sont Nestlé, Novartis et Roche.

3ème étape: vérifier la qualité de réplication

De nombreux investisseurs partent du principe qu’un ETF réplique exactement son indice sous-jacent. Dans ces conditions, le rendement du fonds correspondrait à celui de l’indice de référence. Or, ce n’est pas le cas. Des écarts de rendement de plusieurs points de pourcentage par an peuvent exister entre des ETF basés sur un indice de référence identique.

Afin de mesurer la qualité de réplication, il vaut la peine de comparer le rendement de l’ETF avec celui de l’indice. S’ils sont très différents, la prudence est de mise. En ce qui concerne les fonds de placement passifs en actions, il faut en outre veiller à ce que l’ETF et l’indice prévoient tous deux soit de réinvestir, soit de ne pas réinvestir les dividendes versés.

4ème étape: choisir le type de réplication

On entend par type de réplication la façon dont un fonds de placement réplique un indice. En principe, on fait la distinction entre la réplication physique et synthétique. Avec la première méthode, l’ETF investit effectivement dans les titres contenus dans l’indice en tenant également compte de leur pondération individuelle dans l’indice.

La réplication synthétique fonctionne quant à elle au moyen de dérivés financiers. Elle est plus compliquée et parfois moins transparente que la réplication physique. Certains marchés sont toutefois reproduits de façon nettement plus efficace avec la réplication synthétique, notamment lorsque les composantes de l’indice ne sont négociables que de façon limitée.

Les risques des ETF à réplication physique sont souvent considérés comme étant inférieurs. Dans certaines circonstances, la réplication synthétique peut toutefois être tout à fait judicieuse. Le choix entre réplication physique et synthétique doit être effectué au cas par cas.

5ème étape: comparer les coûts annuels

Une indication sur le montant des coûts prélevés annuellement au sein d’un ETF est donnée par le total des frais sur encours ou Total Expense Ratio (TER). Outre les frais de gestion, il englobe les frais de publicité et de distribution du produit. Vous trouverez des informations sur le TER ou les frais de gestion dans le rapport mensuel de l’ETF.

Toutefois, le TER ne comprend pas la totalité des coûts. Les frais de transaction au sein de l’ETF, par exemple, ne sont pas compris dans cet indicateur. En outre, des coûts plus bas ne garantissent pas obligatoirement un rendement plus élevé.

En fin de compte, les investisseurs privés ne sont pas en mesure d’obtenir une vue exhaustive des différentes composantes des coûts des ETF. Mais ce n’est pas non plus absolument nécessaire. Ce qui compte pour l’investisseur, c’est la différence entre le rendement historique du fonds et le rendement de l’indice. Cette différence englobe tous les frais.

6ème étape: optimiser les frais de négoce

À l’achat et à la vente d’un ETF, les frais bancaires ainsi que des droits de timbre et des taxes boursières sont dus. En outre, le prix d’achat et de vente d’un fonds de placement passif doit faire l’objet d’une analyse plus détaillée. Les titres négociés en bourse tels que les ETF sont généralement assortis d’un écart entre le prix d’achat et de vente. Cet écart (également appelé spread) correspond à la différence de prix entre le cours acheteur et le cours vendeur.

Les investisseurs doivent veiller à ce que cet écart soit le plus faible possible. Il joue notamment un rôle important en cas de courte détention d’un titre, car il a une influence négative sur le rendement. La règle d’or en la matière consiste à exécuter les transactions lorsque la moitié de la durée de négoce est écoulée, étant donné que les spreads sont souvent plus élevés en début et en fin de journée. À la SIX Swiss Exchange, les ETF sont négociés du lundi au vendredi entre 9h15 et 17h15.

Lors de l’achat ou de la vente d’un ETF, il convient en outre de veiller à ce que les titres contenus dans le fonds soient négociés lors de la transaction. Un ETF sur le marché des actions américain doit donc être acheté à la Bourse suisse durant les heures d’ouverture des Bourses américaines. Sinon, il faudra compter avec des spreads plus élevés.