La crise sanitaire a mis en lumière les forces et les faiblesses des humains. Il est vrai que le robot souffre de certains maux mais ne peut pas être atteint par le virus du COVID-19. Alors faut-il encore s’intéresser aux titres de la technologie et plus particulièrement au segment de la robotique?

Comme l’ont compris plusieurs gestionnaires d’actifs, la robotique et l’utilisation croissante de l’automatisation représentent l’une des voies d’investissement les plus intéressantes pour les acheteurs d’actions dans les décennies à venir.

Il existe un besoin croissant d’améliorer la rentabilité grâce à une amélioration de l’outil de production dans plusieurs secteurs de l’économie. Avec le développement croissant des technologies de l’information dans l’industrie manufacturière et l’explosion de l’Internet industriel des objets (IIoT), le secteur de la robotique entre dans un nouveau cycle de croissance à long terme.

Secteur de la robotique

Quelle est donc la différence entre un robot et un équipement d’automatisation industrielle? La Fédération Internationale de la Robotique utilise la définition de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) pour expliquer qu’un robot est “un manipulateur polyvalent, reprogrammable et à commande automatique, programmable sur trois axes ou plus, qui peut être fixe ou mobile dans des applications d’automatisation industrielle”. Deux segments sont différenciés: les robots industriels et les robots utilisés dans le domaine des services.

Dans le segment industriel, les installations mondiales de robots ont augmenté de 6% en 2018 pour atteindre 422’271 unités, pour une valeur de 16,5 milliards de dollars (sans les logiciels et les périphériques). Depuis 2010, la demande de robots industriels a considérablement augmenté en raison de la tendance continue à l’automatisation et des innovations techniques continues dans les robots industriels. De 2013 à 2018, les installations annuelles ont augmenté de 19% en moyenne par an.

Il existe cinq grands marchés pour les robots industriels: La Chine, le Japon, les États-Unis, la République de Corée et l’Allemagne. Ces pays représentent 74% des installations robotiques mondiales. La Chine est le plus grand marché de robots industriels au monde depuis 2013 et représente 36 % du total des installations en 2017 et 2018. En 2018, 154’032 unités ont été installées. C’est 1% de moins qu’en 2017 (156’176 unités) mais toujours plus que le nombre de robots installés en Europe et en Amérique réunies (130’772 unités).

 

 

L’industrie automobile reste la plus grande industrie cliente avec 30% du total des installations, devant l’électrique/électronique (25%), le métal et les machines (10%), les plastiques et les produits chimiques (5%) et les aliments et boissons (3%).

 

La robotique de service englobe un vaste champ d’applications, dont la plupart ont des conceptions uniques et différents degrés d’automatisation. Ce segment est donc plus diversifié que celui des des robots industriels. Le département statistique de l’IFR connaît actuellement plus de 750 entreprises produisant des robots de service ou effectuant des recherches commerciales.

Le nombre total de robots de services professionnels vendus en 2018 a augmenté de 61%, passant d’environ 168’000 en 2017 à plus de 271 000 unités. La valeur des ventes a augmenté de 32%, pour atteindre 9,2 milliards de dollars.

Avec 41% les véhicules guidés autonomes représentent la plus grande part du marché des robots de services professionnels. La deuxième catégorie en importance (39% de toutes les unités vendues), les robots d’inspection et de maintenance, couvre une large gamme de robots allant d’unités standard plutôt bon marché à des solutions personnalisées coûteuses. Suivent les applications pour le domaine de la défense avec 5%.

 

Les robots de service à usage personnel et domestique sont produits pour un marché de masse avec des prix et des canaux de commercialisation complètement différents de ceux des robots de service professionnels. Jusqu’à présent, les robots de service à usage personnel et domestique se trouvent principalement dans les domaines des robots domestiques et des robots de divertissement. Le nombre total de robots de service à usage personnel et domestique a augmenté de 5 % pour atteindre environ 16,3 millions d’unités en 2018. La valeur a augmenté de 15% pour atteindre 3,66 milliards de dollars.

Mais les robots ne seraient que de nouveaux outils de production très simples s’il n’y avait pas des programmes capables rendre ceux-ci plus «intelligents». La pénétration croissante des outils logiciels de l’IIoT et de la numérisation, est sans doute ce qui modifie plus profondément la façon dont les entreprises manufacturières gèrent leurs appareils. En effet, à mesure que les processus s’automatisent, de plus en plus de données peuvent être saisies et utilisées. L’augmentation des applications logicielles rendra les investissements en automatisation et en robotique plus rentables, et les entreprises qui achètent plus de robots encourageront le développement de logiciels.

En ce sens, le développement des logiciels permet d’atténuer les cycles économiques qui affectent, en bien ou en mal, le secteur du robot industriel.

Conclusion

L’augmentation des coûts de la main-d’œuvre dans les marchés émergents et la nécessité d’améliorer la productivité sur les marchés développés entraîneront une nouvelle vague d’investissements dans la robotique et l’automatisation.

Il existe plusieurs véhicules d’investissement pour participer au secteur de la robotique dans un sens large. Plusieurs sociétés de fonds de placement sont rentrées dans ce marché depuis quelques mois. Parmi celles qui ont accumulé une expérience plus longue, citons AtonRâ qui propose un certificat dont les sous-jacents sont des sociétés actives dans l’intelligence artificielle et dans la robotique.