En octobre, la performance moyenne des caisses de pension de l’échantillon d’UBS s’affiche à -1,14% après déduction des frais.

Le mois d’octobre n’a pas été aussi catastrophique que certains le redoutaient. Certes, les marchés ont été chahutés par les annonces de la deuxième vague du virus et par les élections présidentielles. La remise à en action du confinement, moins dur que lors de la première vague, a pesé sur le moral des investisseurs mais aussi sur les chiffres économiques. Cependant nous n’avons pas assisté à un crash boursier.
Les pays asiatiques et la Chine semblent avoir mieux maitrisé l’épidémie et la performance des actions salue cette situation. Même le Japon affiche une performance, certes négative, mais meilleure que celle des indices mondiaux d’actions. En effet, l’indice MSCI AC World (en dollars) perd 2,5% alors que l’indice Nikkei 225 recule de 0,9%.

En Europe, la BCE s’est fendue d’un communiqué officiel le 29 octobre. La Présidente a répété que la politique monétaire de la banque centrale sera encore plus accommodante en décembre. Le ton pessimiste quant à la situation économique a renforcé l’idée d’une baisse supplémentaire du taux de dépôt.

En monnaies locales, les plus mauvaises performances parmi les indices majeurs se trouvent en Europe ex-UK qui perd 5,4% alors que l’indice américain S&P 500 recule de 2,7%. Grâce aux marchés asiatiques, le MSCI Emerging Markets gagne 2,1% en octobre. Dans le secteur de la dette gouvernementale, les destins sont partagés avec le rendement du bon du Trésor américain qui augmente de 18 points de base alors que le rendement du Bund baisse de 10 points de base.

En moyenne, les caisses de pension suisses de l’échantillon affichent une baisse de 1,14% sur le mois. Les plus «mauvaises» performances se trouvent chez les petites caisses de pension (-1,27%), suivent les caisses de taille moyenne avec -1,16% et les «gagnantes» sont les grandes caisses avec -0,96%. A fin octobre, le rendement moyen depuis le début de l’année se situe à -1,35%.

En ce qui concerne les différentes classes d’actifs, seules les obligations en francs suisses montrent une performance positive (0,11%). Mais la Suisse se distingue aussi par la plus mauvaise performance, celle de ses actions. Celles-ci sont en baisse de 5,63% loin derrière les actions globales qui affichent -2,03%. Les autres classes d’actifs sont en légère baisse avec des rendements allant de -0,18% à -0,27%.

Source : Pictet Asset Management

Les différents indices LPP de Pictet montrent que la forte pondération en actions suisses affecte la performance. Rappelons que la part des actions suisses est de 10%, 15% et 20% selon les indices 25, 40 et 60.

Le ratio risque/performance sur les 36 derniers mois, se situe à 0,57 contre 0,73 le mois précédent. Le meilleur ratio de Sharpe, 0,71, est l’apanage des grandes caisses de pension et le plus mauvais, 0,44, se retrouve chez les petites caisses.

Le graphique suivant montre la ventilation des investissements par devises. Nous pouvons constater que depuis la crise de 2088-2009, les gestionnaires de caisses de pension ont fortement diminué le risque de change. Si les caisses possédaient environ 30% des actifs en francs suisses, elles ont décidé de changer de fusil d’épaule et détiennent, depuis 10 ans, plus de 60% en francs suisses.