L’investisseur se félicite de son portefeuille dont le score ESG est élevé mais il oublie qu’il est aussi un consommateur et acteur dans un environnement naturel. La lecture d’un livre permet de prendre conscience de cet état.

La pression exercée par une communauté scientifique a permis de prendre conscience que les ressources naturelles ne sont pas infinies. Cette pression sociétale a forcé le politique mais aussi l’investisseur à prendre quelques décisions.

La finance a donc inventé le concept de l’ESG dont les américains font commerce à l’image du CEO de BlackRock qui murmure à l’oreille de la Commission Européenne. De ce fait, ce label ressemble de plus en plus au commerce des indulgences fortement critiqué par un certain Martin Luther en 1517.

Alors faut-il investir avec l’âme d’un chamane kogi (article de Damien Contamin)? La réponse est complexe et pour mieux la concevoir, la lecture de «La fabrique des pandémies» (Editions La Découverte), ouvrage écrit par Marie-Monique Robin semble nécessaire.

Dans cet ouvrage, la journaliste a interviewé une belle brochette de scientifiques qui analysent, décortiquent, et étudient la nature, les êtres vivants et leurs interactions depuis plusieurs décennies. Le constat est édifiant: l’être humain détruit systématiquement la biodiversité et ouvre ainsi la boîte de Pandore. Cette destruction est à l’origine des «zoonoses», transmises par des animaux aux humains dont les exemples les plus récents sont la covid-19 ou Ebola.

La lecture de ce livre donne l’impression que nous sommes au Purgatoire, mais plus proches des portes de l’Enfer que celles du Paradis. Pourtant des solutions existent mais il faudra le courage des politiciens et celui des citoyens pour mettre en œuvre des actions concrètes.

Alors oui, il faut investir avec l’âme d’un chamane kogi et penser au-delà du simple concept ESG. Le livre  apporte de vrais arguments qu’il serait dommage d’ignorer.