La fréquence croissante des manifestations météorologiques extrêmes est plus inquiétante que l'évolution des grandes économies.

Hamish Chamberlayne

Les marchés d’actions mondiaux ont fortement progressé au troisième trimestre; l’indice MSCI World a délivré une performance totale proche de 5% en USD*. Toutefois, ces résultats sont surtout attribuables aux États-Unis et au Japon. Les investisseurs ont perdu de l’argent sur les marchés émergents.

*Source : msci.com (au 28 septembre 2018)

 

Est-ce une partie du problème? L’économie américaine progresse tambour battant

L’économie américaine a connu une croissance annuelle de plus de 4% au deuxième trimestre; ce qui s’est rarement vu ces dernières années. Le marché de l’emploi est tendu, le taux de chômage ayant chuté à 3,7%, son niveau le plus bas depuis 1969. D’ailleurs, Amazon vient d’annoncer une hausse de 50% de son taux horaire minimum, qui passe à 15 USD/h. L’inflation reste basse d’après les statistiques économiques mais la Réserve fédérale américaine poursuit le resserrement avec un autre relèvement des taux d’intérêt qui atteignent désormais 2,25%.

Le durcissement de la politique monétaire américaine va à contre-courant de celle d’autres pays, ce qui n’est pas sans causer des difficultés. La Turquie et l’Argentine ont été les deux victimes les plus visibles au cours des trois derniers mois, mais, en général, les autres marchés émergents ont souffert des craintes d’un effet de contagion. Parallèlement, les marchés européens sont encore à la peine en raison des querelles politiques autour du Brexit et du budget populiste du nouveau gouvernement italien. Les valeurs bancaires européennes ont été parmi les moins performantes des marchés développés.

Au-delà de la seule politique monétaire, la vigueur relative de l’économie américaine est une mauvaise nouvelle pour les autres pays

Au-delà de la seule politique monétaire, la vigueur relative de l’économie américaine est une mauvaise nouvelle pour les autres pays à plusieurs points de vue. La bonne santé de l’économie aiguise les velléités nationalistes de Washington. Au 3e trimestre, les tensions commerciales se sont accentuées entre les États-Unis et la Chine lorsque le président Trump a annoncé des droits de douane de 10 % sur d’autres marchandises chinoises évaluées à 200 Md USD, droits qui pourraient passer à 25 % en janvier 2019. La Chine a réagi en imposant également des taxes sur des marchandises américaines d’une valeur de 60 Md USD.

Déchaînement climatique

La fréquence croissante des manifestations météorologiques extrêmes est plus inquiétante que le durcissement de la politique monétaire, les tensions commerciales et le populisme. L’année 2018 se caractérise, pour l’instant, par une série de phénomènes inédits, tels que les incendies de forêt du cercle arctique, les canicules en Europe et au Japon, et les tempêtes et inondations aux effets bien plus dévastateurs à travers le monde. Les retombées du changement climatique ne sont plus un risque lointain. Elles sont là, devant nous, et entravent la prospérité mondiale.

L’escalade des différends commerciaux porte un coup aux technologies de l’information​

Au cours du 3e trimestre, les secteurs les plus performants ont été les technologies de l’information, la santé et l’industrie. Or, plusieurs sociétés technologiques ont été touchées par l’escalade de la guerre commerciale. Avec le mois de septembre sont arrivés les premiers signes d’un ralentissement des investissements dans l’industrie, les technologies de l’information et l’automobile provoqué par cet affrontement. Dans la santé, les produits pharmaceutiques et les biotechnologies ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu. Nous estimons que les technologies de l’information et l’industrie recèlent des opportunités. C’est moins le cas de l’énergie, des biens de consommation courante et des valeurs financières.

La transition énergétique vers moins d’émissions de carbone et la quatrième révolution industrielle sont deux tendances d’investissement si puissantes qu’elles s’étendront à toute une génération

Prévisions

Pendant la première semaine d’octobre, les rendements obligataires du monde entier ont soudainement remontés, en même temps qu’un brusque changement de style prenait forme sur les marchés actions. Le jeudi 4 octobre, l’indice MSCI World Value a surperformé le MSCI World Growth de 1,3%, soit la plus forte sur performance depuis mai 2009.

Les valeurs du secteur des technologies de l’information ont été particulièrement touchées tandis que l’énergie, le secteur financier, les biens de consommation courante et les services aux collectivités tenaient le haut du pavé. Les signes d’un retour à la moyenne sont inévitables sur des périodes plus courtes. Lorsqu’ils apparaissent, il est essentiel de garder à l’esprit la différence entre valeur et valorisation. De nombreux facteurs sont à l’origine de fluctuations des valorisations à court terme, à commencer par le niveau des taux d’intérêt. La valorisation se distingue de la valeur et, à long terme, nous estimons que la croissance sera toujours l’élément générant le plus de valeur pour les investisseurs.

Nous privilégions la durabilité sur les plans environnementaux et sociaux: la transition énergétique vers moins d’émissions de carbone et la quatrième révolution industrielle, qui se caractérisent par la pénétration croissante des technologies dans tous les secteurs de l’économie mondiale, sont deux tendances d’investissement si puissantes qu’elles s’étendront à toute une génération. Elles sont inextricablement liées à la résolution des nombreux défis environnementaux et sociaux.

Les prix du pétrole devraient entamer une baisse. D’ailleurs, la cherté du pétrole lui porte préjudice, car elle ne fait qu’accélérer l’innovation et l’avènement des solutions de substitution. Dans dix ans, il y aura plus d’énergies renouvelables, plus de véhicules électriques et des milliards d’appareils supplémentaires connectés et dotés de semi-conducteurs produisant et recevant des quantités astronomiques de données. Tout sera stocké dans le cloud (il faudra donc de la mémoire), puis analysé et exploité par des logiciels, afin de dégager plus d’économies, de gains de productivité et de valeur pour nos sociétés. De nombreux acteurs qui s’adressent au grand public font figure de pionniers dans d’autres domaines de l’économie circulaire, dans la santé et l’assurance vie, les services de santé, les technologies hydrologiques, la sécurité des installations électriques, l’architecture, l’éducation et les loisirs.

Quand il s’agit de développement durable, nous voyons tout un monde de possibilités avec un objectif précis.​


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