La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, International Chief Investment Officer of the Global Fixed Income, Currencies & Commodities Group

La Banque centrale européenne (BCE), dont la politique était déjà accommodante, a surpris les marchés en assouplissant de nouveau son approche lors de sa réunion du 7 mars. Une démarche de bon augure pour le crédit européen.

 

Fondamentaux

Les mesures annoncées par la BCE étaient largement attendues. Il est néanmoins surprenant qu’elles aient été introduites dès maintenant et toutes en même temps. La BCE a décidé de revoir largement à la baisse ses prévisions d’inflation et de croissance, de reporter toute décision concernant les taux d’intérêt et de procéder à une troisième série d’opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO), ce qui constitue à nos yeux un repositionnement aux prix du marché dans un contexte macroéconomique atone. Les TLTRO sont particulièrement favorables au crédit européen, car elles font diminuer le coût de financement marginal des banques de la zone euro, ce qui les encourage à prêter aux entreprises.

Nous estimons que la BCE restera accommodante (sa prochaine décision consistera probablement à assouplir encore sa politique d’une façon ou d’une autre), ce qui, conjugué à des signes indiquant que les données macroéconomiques ont atteint leur plus bas niveau, crée un environnement positif pour le crédit. En outre, les résultats des entreprises au premier trimestre 2019 pourraient profiter de l’affaiblissement de l’euro (en recul de 9% par rapport au dollar américain entre le 1er janvier et le 12 mars) et de la baisse généralisée des prix des intrants.

Les opérations de fusion-acquisition sont également en hausse sur les marchés européens du crédit, notamment dans le secteur des technologies, des médias et des télécommunications, ce qui est bénéfique pour les titres à haut rendement compte tenu de l’amélioration des immobilisations dont profitent les sociétés acquises. Il faut cependant prendre garde à certains risques: toute augmentation des tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis à l’Europe pourrait engendrer un mouvement d’aversion pour le risque.

Valorisations quantitatives

Le crédit Investment Grade européen présente toujours des rendements absolus faibles, même si les valorisations relatives sont de plus en plus attrayantes, car le climat macroéconomique est favorable et le secteur est de très bonne qualité à l’entame des dernières étapes du cycle. Sachant que plus de 30% des emprunts d’Etat européens sont encore en territoire négatif, le rendement de 1% offert par le crédit européen Investment Grade semble généreux. De plus, les rendements couverts offerts aux investisseurs japonais se sont fortement améliorés en faveur du marché européen: les rendements des titres Investment Grade européens de la tranche 5-7 ans couverts en yen se chiffrent à 1,4% alors leurs homologues américains couverts en yens n’offrent que 0,8%. Dans le secteur des titres à haut rendement, les spreads restent plus élevés en Europe qu’aux Etats-Unis malgré la qualité de crédit supérieure du marché européen, ce qui tend à indiquer que les cours reflètent déjà les risques politiques. (Toutes les données s’entendent au 12 mars).

Facteurs techniques

Les facteurs techniques sont favorables au crédit Investment Grade et au crédit à haut rendement en Europe. La demande est soutenue dans les deux segments: le segment Investment Grade a enregistré des entrées de capitaux de 3,8 milliards EUR durant la semaine qui s’est terminée le 6 mars, son niveau hebdomadaire le plus élevé en plus d’un an; et le segment du haut rendement devrait afficher des flux positifs pour le troisième mois consécutif, avec une proportion de plus en plus grande en provenance des fonds communs et non plus des ETF.

Sur le marché du crédit Investment Grade, l’offre a augmenté en réponse à cette demande et les nouvelles émissions sont supérieures de 20% à celles de l’année dernière à la même époque. Les nouvelles opérations sont pour l’instant correctement absorbées par le marché. La situation est différente pour les titres européens à haut rendement. Le marché primaire reste très modéré avec seulement onze nouvelles opérations depuis le début de l’année, axées pour la plupart sur le segment BB de meilleure qualité.

Après une année de flux de capitaux pour la plupart négatifs, la demande est plus solide pour le crédit européen Investment Grade et à haut rendement
Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 12 mars 2019.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Le crédit européen semble attrayant en données macroéconomiques comme microéconomiques: la politique accommodante de la banque centrale, combinée à une croissance lente mais régulière et à des bénéfices toujours satisfaisants, est de bon augure pour le secteur. Les valorisations relatives font augmenter les rendements et les spreads dans cet environnement favorable au portage, et la dynamique positive de l’offre et de la demande est propice à de nouvelles performances positives. Nous privilégions globalement les crédits de meilleure qualité en raison de leur duration plus longue et de leur plus grande liquidité. Les titres européens à haut rendement produisent de bonnes performances depuis le début de l’année, et représentent toujours une opportunité de portage intéressante.


Cette communication commerciale et les opinions qu’elle contient ne constituent en aucun cas un conseil ou une recommandation en vue d’acheter ou de céder un quelconque investissement ou intérêt y afférent. Toute décision fondée sur la base des informations contenues dans ce document sera prise à l’entière discrétion du lecteur. Les analyses présentées dans ce document sont le fruit des recherches menées par J.P. Morgan Asset Management, qui a pu les utiliser à ses propres fins. Les résultats de ces recherches sont mis à disposition en tant qu’informations complémentaires et ne reflètent pas nécessairement les opinions de J.P.Morgan Asset Management. Sauf mention contraire, toutes les données chiffrées, prévisions, opinions, informations sur les tendances des marchés financiers ou techniques et stratégies d’investissement mentionnées dans le présent document sont celles de J.P. Morgan Asset Management à la date de publication du présent document. Elles sont réputées fiables à la date de rédaction. Elles peuvent être modifiées sans que vous n’en soyez avisé. Il est à noter par ailleurs que la valeur d’un investissement et les revenus qui en découlent peuvent évoluer en fonction des conditions de marché et que les investisseurs ne sont pas assurés de recouvrer l’intégralité du montant investi. La performance et les rendements passés ne préjugent pas forcément des résultats présents ou futurs. Aucune certitude n’existe quant à la réalisation des prévisions. J.P. Morgan Asset Management est le nom commercial de la division de gestion d’actifs de JPMorgan Chase & Co et son réseau mondial d’affiliés. Dans les limites autorisées par la loi, vos conversations sont susceptibles d’être enregistrées et vos communications électroniques contrôlées dans le but de vérifier leur conformité à nos obligations juridiques et règlementaires et à nos polices internes. Les données personnelles seront collectées, stockées et traitées par J.P. Morgan Asset Management dans le respect de la Politique de confidentialité disponible sur le site www.jpmorgan.com/emea-privacy-policy . Cette communication est publiée en Europe (hors Royaume-Uni) par JPMorgan Asset Management SARL (Europe), 6 route de Trèves, L-2633 Senningerberg, Grand-Duché de Luxembourg, R.C.S. Luxembourg B27900, capital social EUR 10.000.000.