La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, Portfolio Manager, Head of Global Aggregate Strategies – Global Fixed Income, Currency & Commodities Group

Sur les marchés émergents, les événements idiosyncratiques montrent des signes d’amélioration. Allons-nous profiter d’opportunités tactiques, et quelles sont les perspectives fondamentales du secteur dans son ensemble?

 

Fondamentaux

Durant la réunion annuelle du Fonds Monétaire International et du Groupe de la Banque mondiale, qui s’est déroulée ce mois-ci à Bali, la prudence a été de mise. Dans un contexte de fermeté du dollar américain et de hausse des taux, l’un des risques principaux reste l’escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine: les deux pays pourraient imposer plus de droits de douane qu’ils ne l’ont déjà fait.

Les prévisions de croissance ont diminué en Chine, ce qui est susceptible d’affecter d’autres pays émergents. Par exemple, la Chine représente environ la moitié des importations mondiales de cuivre et de minerai de fer, et tout ralentissement pourrait peser sur les gros exportateurs tels que le Chili et le Pérou. Toutefois, la Chine a montré sa disposition à prendre les mesures nécessaires pour empêcher un ralentissement sévère, avec l’annonce de mesures «contre-cycliques» comme une hausse des dépenses dans les projets d’infrastructure des collectivités locales et des allègements fiscaux visant à doper la consommation.

Notre scénario central suppose que la croissance chinoise ne baissera pas à moins de 6% en 2019, même en cas de poursuite des tensions commerciales. Un autre thème est né de la réunion de Bali: des opportunités tactiques apparaissent à mesure de l’amélioration des événements ponctuels.Bien que les enjeux relatifs au commerce international et à la croissance chinoise restent d’actualité, les investisseurs pourraient toutefois profiter à court terme d’un positionnement dans des pays tels que la Turquie, où les tensions avec les Etats-Unis se sont atténuées suite à la libération du pasteur américain Andrew Brunson, ou encore le Brésil, où il nous semble que les incertitudes liées aux élections présidentielles imminentes ont diminué.

Les droits de douane envisagés dépassant ceux déjà en vigueur, une nouvelle escalade des tensions commerciales est à craindre
Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 16 octobre 2018.

Valorisations quantitatives

Les perturbations qui ont affecté les pays émergents cette année sont bien connues, et les performances globales ont été difficiles: sur ces marchés, les créances d’entreprises sont en baisse de 2% et les emprunts d’Etat libellés en monnaie locale ont perdu près de 8% au niveau de l’indice (en USD). Toutefois, cela cache des écarts plus prononcés s’y l’on y regarde de plus près: parmi les obligations libellées en monnaie locale, la Turquie et l’Argentine ont produit des résultats largement défavorables (baisse de 42% et de 52% respectivement) tandis que d’autres pays s’en sont mieux sortis, comme le Mexique qui est en hausse de 8% depuis le début de l’année.

Le moment pourrait être opportun pour se pencher sur les segments qui sous-performent: par rapport au plus haut de 25% enregistré depuis le début de l’année, les rendements des emprunts d’Etat argentins ont récemment baissé à environ 22% et restent donc largement supérieurs au niveau de 16% du début de l’année. Si les fondamentaux continuent de s’améliorer, ce niveau pourrait offrir un potentiel plus intéressant (toutes les données s’entendent au 16 octobre 2018).

Facteurs techniques

Les facteurs techniques sont problématiques à court terme: la liquidité reste médiocre compte tenu des perturbations récemment enregistrées sur les marchés, et l’offre devrait augmenter au cours des semaines à venir compte tenu du volume considérable des nouvelles émissions en préparation. Toutefois, les récentes nouvelles émissions ont été relativement bien accueillies: une demande solide a récemment poussé la Turquie à émettre 2 milliards USD de nouvelles obligations contre 1 milliard USD prévu auparavant. De fait, la demande montre des signes d’amélioration et les sorties de capitaux s’atténuent: les stratégies mixtes ont enregistré des sorties nettes de 1,3 milliard USD sur les marchés émergents en septembre et en octobre, contre 4,1 milliards USD pour le seul mois d’août (au 12 octobre). Cette diminution des dégagements pourrait découler d’un positionnement plus net, les investisseurs «cross-over» restant sous-pondérés.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Les valorisations des marchés émergents sont plus attrayantes qu’elles ne l’étaient au début de l’année, et les facteurs techniques suggèrent que certains investisseurs attendent patiemment de pouvoir en profiter. Toutefois, compte tenu des fondamentaux, la prudence est de mise. Il pourrait être judicieux pour les investisseurs de se méfier d’un possible ralentissement de la croissance sous l’effet des guerres commerciales, et de se positionner en conséquence. Les opportunités tactiques devraient actuellement être la priorité: il pourrait être intéressant de se pencher sur des pays comme le Brésil, l’Argentine et la Turquie.


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