Nowcasters et vues macro de l'équipe en charge de l'allocation dynamique des stratégies mutli-assets d'Unigestion

Guilhem Savry, Jérôme Teiletche, Jeremy Gatto, Florian Ielpo, Olivier Marciot

Avec la bonne tenue de la croissance et une inflation en progression, l’année 2018 se devait d’être marquée du sceau des banques centrales : la compréhension et l’anticipation de leurs actions futures est devenue en quelques mois l’une des pièces essentielles de l’échiquier des marchés financiers, le cycle économique gagnant en maturité – ainsi qu’un risque croissant.

Au terme de la semaine passée, trois des plus grandes banques centrales ont considérablement accru le degré de leur transparence vis-à-vis de leur politique future : la Fed tout d’abord a éclairci sa compréhension de l’économie américaine, avec des anticipations de croissance stable accompagnée d’une lente remontée de l’inflation. Si du côté Fed, la surprise s’est limitée à l’ajout d’une hausse de taux supplémentaire pour cette année – signe de la bonne tenue de l’économie US – côté européen, la surprise était de taille.

Au fil des dernières semaines, il aura semblé à de nombreux investisseurs que la BCE avait mis en place une ligne de communication axée sur un ton marginalement plus « hawkish », signalant la volonté de différent membres de la banque centrale de sortir de ces années de quantitative easing et de taux négatifs. S’il a semblé à beaucoup qu’il s’agissait là d’indices visant à préparer le marché à un changement de ton de la part de la BCE, la surprise n’en a été que plus grande : les prévisions de croissance ont été revues à la baisse et la sortie du programme d’achat obligataire repoussée à la fin de cette année. De plus, la normalisation des taux d’intérêt négatifs n’interviendrait que d’ici à mi-2019 : en bref, en Zone Euro, la sortie du QE n’est pas pour demain. Et l’Euro et les obligations gouvernementales n’ont pas manqué de saluer cette surprise : l’Euro recule de 2% contre Dollar sur la journée de l’annonce et les Bunds voient leur rendement à l’échéance passer de 0.5 à 0.4%.

Bonne ou mauvaise nouvelle pour les marchés ? Du point de vue du « risk manager » que nous sommes, il s’agit essentiellement là d’une bonne nouvelle : comme explicité plus haut, l’incertitude qui était attachée aux décisions des banques centrales constituait un facteur de risque pour les marchés, c’est-à-dire un élément dégradant le ratio rendement/risque de nombreuses primes de risque.

Graphique 1: Nowcaster de croissance mondiale (gauche)
Source: Bloomberg, Unigestion

Ensuite, le meeting de la BCE (et de la Banque du Japon) a donné des indications claires quant au fait que plusieurs banques centrales continueraient de fournir leur précieuse liquidité aux marchés financiers.

Maintenant que ces différentes réunions sont derrière nous, il nous semble que cette clarté accrue peut aujourd’hui laisser la place à une plus grande conviction en termes d’investissement.

Et nous sommes aujourd’hui davantage convaincus par les actions que précédemment : d’une part, nos nowcasters de croissance ont commencé à donner récemment des signes de stabilisation, comme présenté dans le graphique 1, tout spécialement dans le cas des pays émergents.

Graphique 2: Positionnement de marché aux actions de différents acteurs des marchés financiers
Source: Bloomberg, Unigestion

Ensuite, le meeting de la BCE (et de la Banque du Japon) a donné des indications claires quant au fait que plusieurs banques centrales continueraient de fournir leur précieuse liquidité aux marchés financiers.

Enfin, le positionnement des marchés nous semble davantage propice aux marchés actions: l’exposition de nombreux investisseurs est considérablement plus faible qu’en début d’année.

A ce stade, il nous semble donc opportun de commencer à reprendre davantage de risque action, clarté et conviction rimant particulièrement bien dans le monde de l’investissement.