La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, International Chief Investment Officer of the Global Fixed Income, Currencies & Commodities Group


La reprise de 2019 est alimentée par l’évolution des fondamentaux qui ont perturbé les marchés à la toute fin de l’année dernière. Mais, compte tenu de son rythme, combien de temps pourra-t-elle encore durer?

 

Fondamentaux

Quatre thèmes clés se sont associés pour freiner les marchés au quatrième trimestre: le ralentissement de la Chine (aggravé par les guerres commerciales), les désaccords politiques, la faiblesse des données économiques et la menace d’un resserrement exagéré de la part des banques centrales. Globalement, des progrès ont été réalisés sur tous les fronts.

Les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine semblent avancer, et les mesures de relance introduites par Pékin commencent à se faire sentir. Le climat politique s’est modéré en Europe et les données régionales montrent des signes d’amélioration, avec un redressement timide de la confiance dans les secteurs de la consommation et des services signalant potentiellement une stabilisation. Pour finir, à l’image de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a récemment adopté un ton plus accommodant, la banque centrale du Canada est la dernière en date à avoir modéré son resserrement. Ces facteurs ont engendré un revirement de la confiance des investisseurs: plus de 80% des signes de panique que nous surveillons démontrent maintenant un regain d’appétit pour le risque. La question est de savoir si ces conditions peuvent durer.

Valorisations quantitatives

Le rebond des actifs risqués a été prononcé et rapide, permettant aux titres à haut rendement de dégager une performance totale de 5,5% depuis le début de l’année. En outre, la reprise a été plutôt homogène, car la volatilité reste faible, comme l’indique la baisse régulière de l’indice VIX, qui est maintenant en deçà de la moyenne des douze derniers mois. La prudence est de mise: compte tenu de son bas niveau actuel, la volatilité pourrait augmenter si le climat macroéconomique positif venait à changer. De plus, certains signes suggèrent que la reprise pourrait toucher à sa fin.

Dans le secteur européen des titres à haut rendement, par exemple, les obligations de moindre qualité ont commencé à surperformer, celles notées CCC dégageant 3,55% depuis la fin janvier contre 2,27% pour l’indice global, ce qui suggère que les investisseurs sont disposés à se positionner dans les segments moins attrayants du marché afin de générer des rendements. Néanmoins, bien que les valorisations semblent généralement moins intéressantes qu’elles ne l’étaient au début de l’année, les rendements globaux restent supérieurs à ceux du début 2018. Si les fondamentaux macroéconomiques se maintiennent, nous pourrions assister à un resserrement des actifs risqués – ou tout au moins profiter d’un portage attrayant. (Toutes les données s’entendent au 6 mars.)

Forte baisse de la volatilité à mesure de la reprise des marchés
Source: Bloomberg ; données au 6 mars 2019.

Facteurs techniques

Les facteurs techniques sont favorables et le ton plus accommodant de la Fed devrait toujours avoir un impact positif. S’agissant des actifs risqués, le bas niveau de l’offre améliore les rendements à mesure de la hausse de la propension au risque. Dans le secteur des titres à haut rendement, par exemple, les nouvelles émissions sont inférieures de 12,7% à ce qu’elles étaient à la même époque l’année dernière aux Etats-Unis et sont au nombre de neuf seulement en Europe. L’offre en titres Investment Grade a fortement augmenté ces dernières semaines, mais s’est trouvée compensée par une demande soutenue, notamment de la part des investisseurs asiatiques. À deux ou trois exceptions près, les flux de capitaux sont positifs depuis le début de l’année dans tous les segments obligataires (au 6 mars), ce qui confirme le changement de sentiment.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Compte tenu de l’amélioration des fondamentaux, le cycle économique semble plus susceptible de se prolonger, et le rebond des actifs risqués est indéniable. Toutefois, les valorisations se rapprochent de niveaux extrêmes et un resserrement semble désormais très probable. Les risques doivent être surveillés de près, car tout changement des facteurs macroéconomiques qui influencent l’opinion – comme la détérioration des données en Europe ou un recul des négociations commerciales – poussera probablement les investisseurs à se reposer les questions qu’ils se posaient au quatrième trimestre quant aux conditions de croissance mondiale.

Pour l’instant, nous estimons que les investisseurs vigilants bénéficieront d’un portage attrayant et de perspectives de performances toujours positives pour les actifs risqués à court terme.


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