Pourquoi il est essentiel, pour réussir à long terme, de s'assurer que les employés d'une entreprise reflètent la diversité culturelle, ethnique et de genre.

Toutes les deux semaines, Swappie, une entreprise finlandaise qui remet à neuf des smartphones pour les revendre, réalise une enquête «prise de pouls et culture» auprès de ses employés afin de déterminer dans quelle mesure sa main-d’œuvre se sent incluse et représentée. «Nous nous engageons à créer le meilleur lieu de travail pour tous nos employés, et pas seulement pour la majorité d’entre eux», déclare Sami Marttinen, CEO et cofondateur de Swappie.1 «Cet engagement libère également notre capacité et notre volonté de résoudre les problèmes, de prospérer, d’innover et de construire une entreprise plus durable et plus rentable.»

 

Erik Esselink

Erik Esselink, gestionnaire de fonds chez Invesco, affirme qu’il est de plus en plus important pour les entreprises de se concentrer sur la diversité de la main-d’œuvre, ainsi que pour les investisseurs de s’assurer que les entreprises s’efforcent de créer des environnements diversifiés et inclusifs. L’une des raisons, dit-il, est qu’une main-d’œuvre diversifiée peut aider une entreprise à résoudre les problèmes et à innover. «La diversité permet d’élargir les perspectives sur un problème spécifique ou une proposition commerciale», explique-t-il. «Et nous pensons que des perspectives plus vastes conduisent effectivement à une meilleure prise de décision au sein des équipes de gestion.»

Une deuxième raison est que les entreprises qui présentent une diversité relativement faible en termes de genre, de culture, d’origine ethnique et autres risquent de manquer de vision d’ensemble. «La monoculture peut donner lieu à une sorte de caisse de résonance des opinions, ce qui va à l’encontre d’une bonne prise de décision», explique M. Esselink. «Défendre les mauvaises idées, et faire en sorte qu’elles ne soient pas remises en question, peut en fin de compte détruire la valeur.»

La diversité dope les performances financières

L’enquête de Swappie, qui est menée auprès de ses plus de 1’100 employés de plus de 60 nationalités, s’inscrit dans le cadre d’une mission essentielle : créer un lieu de travail véritablement diversifié, égalitaire et inclusif, et faire de ces objectifs la pierre angulaire de sa croissance et de sa durabilité à long terme. La société indique que les employés donnent actuellement une note de 4,4 sur 5 à l’affirmation: «Je trouve que Swappie est un lieu de travail inclusif où je me sens en sécurité et véritablement respecté en tant que personne».

De plus en plus de données suggèrent qu’une note aussi élevée a probablement un effet positif sur la productivité et, en fin de compte, sur les performances financières. Ainsi, une étude menée fin 2019 par la Saïd Business School de l’Université d’Oxford en collaboration avec BT, la société de télécommunications britannique, a révélé que les travailleurs étaient 13 % plus productifs lorsqu’ils étaient heureux…2. «Nous avons constaté que lorsque les travailleurs sont plus heureux, ils travaillent plus vite et passent davantage d’appels par heure travaillée et, surtout, convertissent davantage d’appels en ventes», a déclaré Jan-Emmanuel De Neve, professeur à Oxford, et l’un des auteurs de l’étude.

Dans le même temps, une étude de McKinsey & Company a révélé que les entreprises comptant plus de 30% de femmes parmi leurs dirigeants étaient plus susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats que les entreprises dans lesquelles ce pourcentage était compris entre 10 et 30%.3  Pour ce qui concerne la diversité ethnique et culturelle, la même enquête a révélé que les entreprises du premier quartile ont dépassé celles du quatrième quartile de 36% en termes de rentabilité, contre 33% en 2017 et 35 % en 2014.

«Notre dernière analyse confirme le solide argument en faveur de la diversité des sexes et de la diversité ethnique et culturelle au niveau de la direction des entreprises et montre qu’il continue de prendre de l’ampleur», conclut l’étude de McKinsey. «Les entreprises les plus diversifiées sont désormais plus susceptibles que jamais de surpasser leurs pairs moins diversifiés en termes de rentabilité.»

Mesurer la diversité

Mais comment les investisseurs peuvent-ils savoir si les entreprises dans lesquelles ils investissent sont réellement diversifiées, ou si elles s’efforcent de créer une plus grande diversité dans leurs rangs? M. Esselink souligne que si l’univers des données relatives à la performance environnementale d’une entreprise est devenu de plus en plus riche, les paramètres secondaires qui permettent d’éclairer les aspects souvent subtils de la diversité de la main-d’œuvre ont tendance à être à la fois plus difficiles à révéler et à mesurer. «Il est facile de déterminer le nombre des femmes dans une entreprise, mais il est beaucoup plus difficile de mesurer des facteurs comme l’âge, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, la diversité socio-économique», déclare-t-il.  «Ces facteurs ne sont pas mesurés, alors qu’ils sont vraiment importants».

En plus de passer au crible les membres du conseil d’administration et de s’assurer que les entreprises ont des politiques d’égalité des chances, l’engagement est un allié crucial des investisseurs qui cherchent à comprendre l’importance qu’une entreprise donnée accorde à la diversité de sa main-d’œuvre. Pour Invesco, le dialogue entre le conseil d’administration et les sociétés du portefeuille est un élément-clé du processus d’investissement. Ces discussions portent souvent sur des questions spécifiques, notamment des facteurs sociaux tels que la diversité et l’inclusion. «Nous voulons nous assurer que tous ces éléments sont alignés les uns par rapport aux autres et que l’entreprise a la bonne stratégie commerciale, et dispose des bonnes personnes et la bonne culture pour la mettre en œuvre », explique M. Esselink. « La diversité joue un rôle important dans cette démarche.»

Les multiples aspects de la diversité

La Suède se classe parmi les meilleurs pays européens en termes de diversité dans les conseils d’administration. Polarium, une entreprise suédoise qui fournit des solutions de stockage d’énergie durable basées sur la technologie lithium-ion, a nommé l’année dernière deux femmes à son conseil d’administration, s’alignant ainsi sur l’équilibre des sexes au sein des conseils d’administration du pays. En plus de renforcer la diversité des genres au sein de Polarium, ces nominations ont permis d’accroître la diversité des expériences au sein du conseil: Anna Kinberg Batra est l’ancienne dirigeante du Parti modéré suédois et possède une vaste expérience politique.4

Esselink affirme que les entreprises qui s’efforcent constamment de promouvoir la diversification de leur main-d’œuvre peuvent souvent être les dépositaires de ce qu’il appelle la « durabilité non révélée », à savoir les solides performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) qui ne sont pas encore reflétées dans les notations des agences externes. «Auparavant, le S de l’ESG concernait les niveaux de syndicalisation, les salaires et d’autres questions liées au risque», explique-t-il. « Mais lorsque les entreprises intègrent la diversification de la main-d’œuvre dans leur culture d’entreprise, le S devient moins une question de risque et plus une question d’opportunité.»

Sources:
1 https://swappie.com/fi-en/dei/
2 https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3470734
3 https://www.mckinsey.com/featured-insights/diversity-and-inclusion/diversity-wins-how-inclusion-matters
4 https://polarium.com/newsroom/anna-kinberg-batra-and-carola-puusteli-join-polariums-board-of-directors/

 

Ce contenu a été payé par Invesco et produit en partenariat avec le département commercial du Financial Times.

Fonds Invesco à 9chf sur la plateforme Swissquote