Souvent influencés par la crainte de l’incertitude, les investisseurs ont tendance à éviter de prendre des risques, ce qui pèse parfois sur leurs performances, comme le montre notre test investIQ.

Tous les investisseurs sont affectés par des biais comportementaux, comme la crainte de l’incertitude ou l’impulsivité, qui peuvent influer sur leurs décisions d’investissement. La compréhension de ces différents travers peut leur permettre d’améliorer leurs résultats. C’est dans ce but que le test investIQ de Schroders a été conçu. Plus de 45’000 personnes issues de 16 pays y ont déjà participé.

Le test révèle que les investisseurs du monde entier tendent à investir dans des placements qui leur semblent plus sûrs et plus prévisibles. Dans le cadre de la finance comportementale, on appelle ce phénomène la crainte de l’incertitude. Il désigne la tendance des investisseurs à préférer des placements offrant des rendements inférieurs aux investissements plus risqués susceptibles de générer des performances supérieures, mais plus incertaines.

Classement des biais comportementaux à l’échelle mondiale

ClassementBiais comportementalNote
1Crainte de l'incertitude59,48
2Aversion aux pertes57,27
3Excès d'optimisme55,59
4Biais de projection55,01
5Excès de confiance50,31
6Anxiété46,84
7Crainte d'avoir des regrets43,56
8Instinct grégaire43,55
9Impulsivité43,11

Source : Schroders investIQ

Les pays dans lesquels les investisseurs sont les plus affectés par la crainte de l’incertitude incluent le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, Singapour et Taïwan.

Des investisseurs peu impulsifs

L’impulsivité est le biais comportemental le moins courant parmi les investisseurs du monde entier. Un investisseur impulsif aura tendance à se concentrer uniquement sur le présent et non sur l’avenir. Il cherchera donc à obtenir des résultats immédiats sans se soucier des performances futures. Ces investisseurs tendent ainsi à accorder une importance excessive aux performances à court terme au détriment des objectifs à long terme.

Les pays les moins sujets à cette tendance comportementale sont notamment l’Espagne, la France, l’Indonésie, Singapour et le Royaume-Uni. Le tableau ci-dessous dresse une liste complète des biais les plus courants et les moins courants selon les pays. L’article revient plus en détail sur chacun des traits de comportement cités.

Les biais comportementaux auxquels les investisseurs sont les plus/moins sensibles dans chaque pays

PaysBiais comportemental le plus courantBiais comportemental le moins courant
AutricheAversion aux pertesAnxiété
CanadaAversion à l’ambiguïtéAversion au regret
AllemagneAversion à l’ambiguïtéInstinct grégaire
EspagneAversion aux pertesImpulsivité
FranceAversion à l’ambiguïtéImpulsivité
Hong KongAversion aux pertesExcès de confiance
IndonésieExcès d’optimismeImpulsivité
ItalieAversion à l’ambiguïtéCrainte d'avoir des regrets
CoréeAversion à l’ambiguïtéExcès de confiance
Pays-BasBiais de projectionCrainte d'avoir des regrets
PortugalAversion aux pertesImpulsivité
SuèdeAversion à l’ambiguïtéCrainte d'avoir des regrets
SingapourAversion à l’ambiguïtéImpulsivité
TaïwanAversion à l’ambiguïtéCrainte d'avoir des regrets
Royaume-UniAversion à l’ambiguïtéImpulsivité
États-UnisBiais de projectionAnxiété
MondeAversion à l’ambiguïtéImpulsivité

Source : Schroders investIQ

Les investisseurs néerlandais et américains ont-ils trop confiance en eux?

Les investisseurs néerlandais et américains sont plus affectés par le biais de projection. Ce terme désigne la tendance à croire que ses opinions, sentiments et besoins actuels resteront identiques au fil du temps, bien que cela soit hautement improbable, comme l’indiquent les statistiques.

La crainte d’avoir des regrets est le biais comportemental auquel les Néerlandais sont le moins sensibles. L’aversion au regret désigne la peur de prendre des décisions qui se révéleraient inappropriées avec le recul. Les choix des investisseurs sont alors guidés par leur crainte d’avoir des regrets.

Les investisseurs américains sont peu enclins à l’anxiété. Les personnes sujettes à l’anxiété tendent à être facilement influencées par les fluctuations du marché à court terme et à se sentir obligées d’agir en conséquence.

Les biais comportementaux qui touchent respectivement le plus et le moins les Indonésiens sont l’excès d’optimisme et l’impulsivité. L’excès d’optimisme désigne la tendance à surestimer ses chances de réussite sans prendre en compte les écueils éventuels.

La gent masculine plus affectée par l’excès de confiance

Le test indique également que les hommes sont beaucoup plus sujets à l’excès de confiance que les femmes. Ce biais désigne la tendance des investisseurs à croire en eux-mêmes sans tenir compte des facteurs indépendants de leur volonté. Ce travers peut les amener à surestimer leur capacité à prendre des décisions d’investissement rationnelles.

En conséquence, se pensant à l’abri de toute surprise sur les marchés financiers, les investisseurs ont tendance à prendre plus de risques que nécessaire et à modifier leurs placements à de trop nombreuses reprises. Les investisseuses sont en revanche plus affectées par l’instinct grégaire que leurs homologues masculins. Elles tendent ainsi à imiter les comportements des autres de manière irrationnelle sans tenir compte des informations en leur possession ni de ce qui leur est bénéfique à titre individuel.

Les investisseurs plus âgés sont enclins à l’aversion aux pertes

Sans surprise, l’aversion aux pertes augmente avec l’âge. Ce biais comportemental signifie que les investisseurs cherchent par tous les moyens à éviter les pertes, en s’affranchissant de la logique et en faisant fi des solutions alternatives. Il est pourtant crucial de veiller à ce que les investisseurs plus âgés prennent des décisions rationnelles, afin qu’ils ne se trouvent pas lourdement pénalisés par de mauvais choix. La tendance à l’impulsivité (accent sur le présent) diminue avec l’âge.

Une personne encline à l’impulsivité qui se verrait proposer de recevoir 100 euros aujourd’hui ou 120 euros dans deux semaines opterait pour la première proposition. Elle accorderait ainsi une importance excessive aux bénéfices immédiats, au détriment de ses objectifs à long terme. Or, les investisseurs les plus jeunes disposent d’un horizon temporel plus large, d’où la nécessité de ne pas négliger le long terme.

Johanna Kyrklund, Responsable de l’investissement multi-actifs, conclut:

«Nous n’insisterons jamais assez sur l’importance d’avoir conscience de ses travers comportementaux.»

«En effet, pour les investisseurs, ils peuvent se traduire par une perte d’argent ou donner lieu à des résultats ne répondant pas aux objectifs qu’ils se sont fixés. Même après 22 ans d’expérience en tant qu’investisseuse professionnelle, j’y pense tous les jours. Je suis en permanence attentive aux biais comportementaux susceptibles de faire surface et d’influer sur mes décisions.

C’est pourquoi j’ai passé le test investIQ dès que j’en ai eu l’occasion. J’ai soigneusement analysé les résultats obtenus, ce qui m’a permis de mieux comprendre mes propres travers. Je suis très satisfaite que Schroders reconnaisse la nécessité d’un tel outil, mais aussi que plus de 45 000 investisseurs soient convaincus de son utilité et aient déjà passé le test. Les personnes qui y participent reçoivent un rapport personnel mettant en lumière leurs penchants susceptibles d’affecter l’efficacité de leurs décisions de placement. C’est très rassurant.»

 


Afin d’effectuer le test investIQ et de visionner les vidéos pédagogiques vous permettant de comprendre vos biais et comment les traiter, rendez-vous ici