La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, Portfolio Manager, Head of Global Aggregate Strategies – Global Fixed Income, Currency & Commodities Group

Les deux premiers mois de lannée se sont avérés bien différents l’un de l’autre : les investisseurs ont été manifesté un appétit pour le risque étonnant en janvier tandis que le marché a subi une correction en février. Quelles conséquences cela a-t-il eu sur les marchés du crédit, et comment vont-ils évoluer dans un environnement de plus en plus incertain?

Fondamentaux

Alors que les données économiques étaient solides depuis plusieurs mois dans tous les pays développés, des écarts commencent maintenant à apparaître: notre indice interne de surprise économique suggère que la tendance s’est récemment détériorée en Europe, tandis que les données restent globalement favorables aux Etats-Unis (l’indice ISM du secteur manufacturier a atteint un nouveau record en février et celui du secteur non manufacturier a dépassé les prévisions).

La solidité des données américaines a permis aux entreprises de dégager des bénéfices élevés au quatrième trimestre, et 76% de celles incluses dans le S&P 500 ont dépassé les prévisions de chiffres d’affaires. En outre, même si nous pensons que les banques centrales vont progressivement retirer leurs politiques ultra-accommodantes, pour l’instant il n’y a pas eu de durcissement prononcé susceptible de perturber les marchés. Toutefois, les nouvelles taxes à l’importation proposées par le gouvernement américain sur l’acier et l’aluminium sont synonymes d’incertitude pour les entreprises du pays, surtout si leurs partenaires commerciaux décident de répondre par des mesures semblables. Parallèlement, malgré les solides bénéfices et les conditions macroéconomiques favorables, l’endettement des entreprises américaines n’a pas beaucoup diminué depuis 2016.

Valorisations quantitatives

Après un mois de janvier relativement solide pour les actifs risqués, au cours duquel les spreads de crédit ont atteint leur niveau le plus étroit depuis la crise financière, absorbant la majeure partie de la hausse des rendements des emprunts d’Etat, le mois de février a été marqué par un repli prononcé. Si la plupart des marchés du crédit se sont stabilisés vers la fin du mois de février et le début du mois de mars, les crédits Investment Grade libellés en dollars américain et en livres sterling ont quant à eux poursuivi leur creusement progressif.

Au 6 mars, les spreads des titres Investment Grade américains étaient supérieurs de 6 points de base (pb) à ceux de fin 2017 et de 15 pb par rapport à leurs plus bas de la fin janvier, et le rendement total s’établissait à -2,55% depuis le début de l’année, la duration américaine et la sous-performance de la partie courte de la courbe alimentant les pertes. Les titres Investment Grade libellés en euro ont beaucoup mieux résisté, leurs spreads se resserrant de 5 pb depuis le début de l’année pour un rendement total de -0,46%.

Performance du marché du crédit en janvier, février et mars*
Source: Bank of America Merrill Lynch, Bloomberg et J.P. Morgan Asset Management ; données au 6 mars 2018. * Jusquau 6 mars Titres d’entreprises marchés émergents = indice JP Morgan CEMBI Broad Diversified ; titres à haut rendement européens = indice BAML Euro Developed Markets Non-Financial High Yield Constrained ; titres à haut rendement américains = indice BAML US High Yield Constrained ; titres Investment Grade européens = indice BAML Euro Non-Financial ; titres Investment Grade américains = indice BAML US Corporate.

Facteurs techniques

Notre outil interne de suivi des flux de capitaux a enregistré des sorties de plus de 15 milliards USD sur les marchés du crédit des pays développés pour le seul mois de février, titres à haut rendement américains et titres Investment Grade américains en tête. Outre la détérioration des performances et le pic de volatilité, il semble que les entreprises américaines vendent massivement les actifs obligataires d’échéances rapprochées de leurs portefeuilles étrangers afin de profiter d’un allègement fiscal ponctuel sur le rapatriement des bénéfices. Nous avons également constaté que les investisseurs étrangers, qui jusqu’à présent achetaient de gros volumes de crédits américains, s’en débarrassent maintenant en raison de la hausse des coûts de couverture du risque de change.

En Europe, en revanche, le marché des titres Investment Grade profite toujours du programme d’achat d’obligations d’entreprise de la Banque centrale européenne. A terme, nous pensons que les mois traditionnellement plus actifs permettront une accélération de l’offre dans la plupart des secteurs obligataires, surtout aux Etats-Unis où les émissions liées à des opérations de fusion-acquisition pourraient s’accroître.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Nous avons accueilli favorablement la volatilité de février, qui représentait selon nous une correction saine après la forte propension au risque de janvier et de l’année 2017 dans son ensemble. Les fondamentaux des entreprises restent solides dans les pays développés comme émergents, et nous pensons que la récente nervosité du marché va s’atténuer. Nous identifions toujours des opportunités parmi certaines entreprises, tous secteurs confondus.

La récente faiblesse des spreads, notamment parmi les titres Investment Grade américains, a également créé des poches de valeur. Nous savons néanmoins que les mesures progressivement moins accommodantes des banques centrales, la récente incertitude liée aux politiques commerciales des Etats-Unis et les déséquilibres entre l’offre et la demande sont susceptibles de freiner les marchés.

 

J'aime cet article 254

Ce document est fourni à titre d'information uniquement et les opinions qu'il contient ne constituent en aucun cas un conseil ou une recommandation en vue d'acheter ou de céder un quelconque investissement ou intérêt y afférent. Toute décision fondée sur la base des informations contenues dans ce document sera prise à l'entière discrétion du lecteur. Les analyses présentées dans ce document sont le fruit des recherches menées par J.P. Morgan Asset Management, qui a pu les utiliser à ses propres fins. Les résultats de ces recherches sont mis à disposition en tant qu'informations complémentaires et ne reflètent pas nécessairement les opinions de J.P.Morgan Asset Management. Sauf mention contraire, toutes les données chiffrées, prévisions, opinions, informations sur les tendances des marchés financiers ou techniques et stratégies d’investissement mentionnées dans le présent document sont celles de J.P. Morgan Asset Management à la date de publication du présent document. Elles sont réputées fiables à la date de rédaction. Elles peuvent être modifiées sans que vous n’en soyez avisé. La performance et les rendements passés ne préjugent pas forcément des résultats présents ou futurs. Il est à noter par ailleurs que la valeur d’un investissement et les revenus qui en découlent peuvent évoluer en fonction des conditions de marché. Aucune certitude n'existe quant à la réalisation des prévisions. J.P. Morgan Asset Management est le nom commercial de la division de gestion d’actifs de JPMorgan Chase & Co et son réseau mondial d’affiliés. Veuillez noter que si vous contactez J.P. Morgan Asset Management par téléphone, vos conversations sont susceptibles d’être enregistrées et contrôlées à des fins juridiques, de sécurité et de formation. Les informations et les données que vous communiquerez ponctuellement seront collectées, stockées et traitées par J.P. Morgan Asset Management dans le respect de la Politique de confidentialité (EMOA). La Politique de confidentialité (EMOA) est disponible sur le site. Emis par JPMorgan Asset Management (Europe) S.à r.l., 6 route de Treves, L-2633 Senningerberg, Grand Duchy of Luxembourg, R.C.S. Luxembourg B27900, capital social EUR 10.000.000.