Quel est l’élément moteur des énergies propres? Le dérèglement climatique est sans doute la menace la plus importante, complexe et immédiate à laquelle la planète est aujourd’hui confrontée. Nous sommes convaincus que la transition vers une utilisation plus propre et plus efficace de l’énergie est la clé de la solution.

Dans le présent article, le Dr Rob Wilder, co-fondateur de WilderHill, expose ses vues sur l’énergie propre en tant que secteur d’activité et thème d’investissement. C’est également l’occasion de présenter l’indice WilderHill New Energy Global Innovation (NEX).

Le Dr Rob Wilder est le co-fondateur et le président du conseil d’administration de WilderHill. La société est le leader dans le domaine de l’énergie propre depuis 2004 et a élaboré le premier indice au monde relatif aux solutions d’énergie propre.1 Ses bureaux de San Diego, en Californie, sont alimentés à l’énergie solaire et dotés de jardins biologiques, de bâtiments en paille, de voitures solaires innovantes et d’un système de stockage de l’énergie. En un mot, Rob et les collaborateurs de WilderHill vivent et respirent littéralement l’énergie propre. (biographie complète en fin d’article)

 

Rob, le terme «énergie propre» est de plus en plus répandu aujourd’hui, mais comment le définissez-vous?

WinderHill - Robert WilderLorsque nous nous penchons sur le domaine des énergies propres avec le regard d’un investisseur, nous nous concentrons sur les entreprises qui participent à la réalisation, ou sont appelées à bénéficier, d’une transition sociétale vers l’utilisation de sources d’énergie émettant moins de carbone et ayant un impact moindre sur l’environnement que le pétrole et les autres combustibles fossiles.

Nous pouvons l’envisager de manière plus large, ou peut-être plus précise, en termes d’objectif: la décarbonation. C’est l’objectif. L’énergie éolienne, l’énergie solaire et d’autres types d’énergie propre sont quelques-unes des solutions permettant d’atteindre cet objectif. Et lorsque vous pensez ainsi, vous apportez à la solution des moyens d’utiliser et de stocker l’énergie plus efficacement, car cela aide également à réduire la quantité de carbone que nous émettons.

Nous avons vu l’intérêt pour les énergies propres fluctuer pendant plus d’une décennie. Alors, qu’est-ce qui est différent aujourd’hui?

Tout d’abord, l’énergie propre est devenue plus abordable qu’il y a 10 ou 20 ans, lorsque de généreuses subventions publiques étaient le seul moyen d’inciter les gens à installer des panneaux solaires. Mais, le coût de l’énergie solaire a chuté de 82% entre 2010 et 2019. Aujourd’hui, l’énergie solaire et l’énergie éolienne sont les sources d’électricité les moins coûteuses dans la plupart des pays de la planète. En fait, l’énergie solaire vient d’être désignée comme étant sur le point de devenir l’électricité la moins chère de toute l’histoire du monde. C’était tout simplement inimaginable pour de nombreux analystes il y a dix ans, alors que la plupart des projections prévoyaient que les vieux combustibles fossiles resteraient les moins chers, même aujourd’hui.2

Un autre facteur important est les engagements sans précédent pris respectivement par les trois plus grands blocs économiques: la Chine, les États-Unis et l’Europe.

Les États-Unis ont rejoint l’accord de Paris sur le climat et proposé des investissements de 2000 milliards de dollars dans les énergies propres afin de produire une électricité 100% décarbonée d’ici 2035. Et si l’Occident n’a pas encore applaudi des deux mains, Pékin a toutefois fait des déclarations importantes sur la décarbonation. Le Président Xi Jinping a annoncé en 2020 le nouvel objectif de la Chine d’atteindre la «neutralité carbone» d’ici 2060. Bien sûr, le diable est dans les détails et ceux-ci seront précisés après le printemps 2021, une fois publié le prochain plan quinquennal.

Comment le secteur de l’énergie propre s’est-il comporté récemment?

Le moment s’est avéré excellent pour être investi dans la transition énergétique. Par exemple, l’indice WilderHill New Energy Global Innovation (NEX) s’est inscrit en hausse de 144% sur l’année 2020. À titre de comparaison, l’indice MSCI World a signé une performance de 16%.

Indice WinderHill

L’indice NEX a tout particulièrement fortement progressé au quatrième trimestre 2020 : il a enregistré une performance positive en octobre, alors que la plupart des indices de référence représentatifs des actions américaines et internationales accusaient des baisses, puis a continué de surperformer ces indices en novembre. Après les résultats des élections américaines, la plupart des marchés actions ont rebondi, mais l’indice NEX a de nouveau surperformé.

Le mois de décembre a été encore plus positif pour l’indice des énergies propres, tant en valeur absolue que par rapport aux marchés actions plus larges, et celui-ci s’est bien sûr également beaucoup mieux comporté que les sources d’énergie «sales».

…et les combustibles fossiles?

Eh bien, ils ont chacun eu à faire face à leurs propres démons en 2020. Le pétrole a lourdement chuté dans le sillage de l’effondrement de la demande dû à la pandémie. L’industrie pétrolière mondiale a besoin d’un prix du pétrole bien supérieur à 50 dollars le baril pour couvrir ses coûts et le fait de clôturer l’année 2020 à un peu moins de 50 dollars laisse entrevoir des temps difficiles pour de nombreux producteurs et même pour les pays qui ont recours à des réserves. Le charbon a également sensiblement sous-performé.

Aucune nouvelle centrale à charbon n’est construite aux États-Unis, quelle que soit la personne assise dans le bureau ovale à Washington.

Les producteurs de charbon se tournent donc souvent vers l’étranger pour exporter leurs produits. L’Asie a encore un énorme appétit et les centrales thermiques s’y développent. Pour autant, le fait est que le charbon thermique américain, la source d’électricité la moins chère, la plus sale et la plus stable du siècle dernier, n’a plus beaucoup de points forts plaidant en sa faveur.

Comment entrevoyez-vous l’évolution de la thématique d’investissement des énergies propres?

Au risque d’énoncer un cliché, nous pensons que l’avenir est désormais celui des énergies propres. D’ores et déjà, les nouveaux projets d’énergie éolienne et solaire offrent des tarifs inférieurs à ceux des centrales électriques au charbon les moins chères. Toutefois, nous nous attendons à des investissements beaucoup plus importants dans les énergies renouvelables, l’efficacité et les infrastructures afin de permettre la transition énergétique. Les investissements cumulés dans le système énergétique entre 2015 et 2050 vont devoir augmenter d’environ 30% et passer de 93’000 milliards de dollars selon les politiques actuelles et prévues à 120’000 milliards de dollars pour atteindre les objectifs fixés au niveau mondial.3

D’où vont-t-ils provenir? J’ai mentionné la Chine plus tôt et, dans quelques années, on peut espérer que les changements énergétiques y seront encore plus rapides. L’Université de Tsinghua a modélisé la manière dont la Chine pourrait atteindre zéro émission nettes de CO2 en 2050 et de tous les gaz à effet de serre en 2060. Il est clair que cela va exiger une baisse considérable de la quantité d’électricité que le pays produit à partir du charbon, de 70% à moins de 5%.

La réduction de l’utilisation du charbon dans les procédés à haute température tels que l’acier et le ciment va se traduire par des baisses plus importantes d’ici 2030. Les coûts pour la Chine pourraient dépasser les 15’000 milliards de dollars!

Un montant bien plus important que celui envisagé par les États-Unis ou l’Europe et qui se traduirait par des réaffectations au sein de son économie. Il s’agirait du plan le plus ambitieux que le monde n’ait jamais vu : une multiplication par 12 de l’énergie solaire, par 7 de l’énergie éolienne, ainsi qu’une montée en puissance considérable des batteries, du stockage, de la promotion des véhicules électriques et peut-être de nouvelles technologies comme l’hydrogène vert et les piles à combustible.

Prenons l’exemple des batteries des véhicules électriques et du stockage de l’énergie. Outre Tesla, c’est la Chine qui saisit le plus d’opportunités, avec le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. En 2019, environ un million de véhicules électriques ont été vendus en Chine. C’est 54 % du total mondial et trois fois plus qu’aux États-Unis. La croissance des nouveaux véhicules électriques en Chine pourrait dépasser 25% par an pour atteindre plus de quatre millions en 2025. La demande a contribué à faire baisser le coût des batteries de 80 % en huit ans et la demande de batteries pourrait être multipliée par cinq.

Quels sont d’autres exemples intéressants?

L’hydrogène vert et les piles à combustible sont particulièrement intéressants et vont jouer un rôle clé dans la décarbonation de secteurs à forte intensité énergétique tels que l’industrie maritime. Les progrès technologiques permettent d’abaisser les coûts, d’environ deux tiers depuis 2006.

Ils doivent baisser encore plus rapidement et c’est là un thème qui suscite beaucoup d’attention à l’heure actuelle. Nous avons déjà évoqué les batteries, mais elles sont essentielles pour nous permettre de disposer d’une énergie propre 24 heures sur 24. Les améliorations passées rendent déjà l’intégration des batteries dans les projets d’énergie renouvelable plus viable et nous nous attendons à en voir d’autres en la matière. Les coûts devraient ainsi passer de 137 dollars par kWh à l’heure actuelle à 58 dollars par kWh ou moins d’ici 2030.

Pouvez-vous nous parler du NEX et nous expliquer ce qui le différencie des autres indices de référence relatifs aux énergies propres?

Nous avons lancé l’indice WilderHill New Energy Global Innovation en 2006 afin d’offrir une exposition plus diversifiée au thème mondial de l’énergie propre que ce qui était actuellement disponible sur le marché. NEX a été le premier indice de référence au monde en matière d’énergie propre. Il est composé d’entreprises du monde entier dont les technologies innovantes sont axées sur les énergies propres, les énergies renouvelables, la décarbonation et l’efficacité.

Indice NEX - énergies renouvelables et transition énergétique
(cliquez pour agrandir)

L’indice adopte une sélection basée sur l’analyse des pondérations des entreprises et des secteurs, lesquelles sont examinées au regard d’une combinaison de caractéristiques qualitatives et quantitatives. C’est un indice passif qui est rebalancé tous les trimestres. Notre objectif est de donner une bonne représentation de ce thème nouveau et en constante évolution, et ce, alors même qu’il peut parfois s’élargir ou se réduire. Nous n’essayons pas de «battre le marché» ni de sélectionner des valeurs «sous-évaluées».

L’indice NEX est principalement composé de sociétés cotées non américaines ; moins de la moitié d’entre elles sont domiciliées aux États-Unis et il existe un biais en faveur des entreprises exclusivement axées sur les énergies propres («pure players»). Il est équipondéré, ce qui permet d’éviter la surpondération des sociétés à plus grande capitalisation et de s’assurer que les nouvelles énergies émergentes peuvent également avoir un impact.

Si vous comparez notre indice à des indices concurrents, vous constaterez que les autres ciblent généralement un plus petit nombre d’entreprises, créant ainsi un plus grand risque de concentration, et que la plupart d’entre eux sont pondérés en fonction de la capitalisation boursière. Nombre d’entre eux peuvent présenter un biais en faveur des grandes capitalisations et, par conséquent, omettre certains des «pure players» les plus intéressants qui sont présents au sein de notre indice NEX.

 


1. Source : Wilderhill, février 2021
2. Source : Rapport trimestriel du T4 2020 : WilderHill Clean Energy Index®, 31 décembre 2020
3. Agence internationale pour les énergies renouvelables, « Global Energy Transformation – a roadmap to 2050 ».

 

 


À propos du Dr Robert Wilder
Rob Wilder est le co-fondateur et Directeur général de WilderHill Clean Energy Index® (ECO), un indice de référence depuis 2004 et le leader en matière de solutions au changement climatique. Il a fondé WilderShares pour l’indice ECO Index® et préside le comité consultatif. Il a fondé et gère l’indice Clean Ocean (OCEAN) ; il a cofondé et gère l’indice WilderHill New Energy Global (NEX) depuis 2006 et est le Directeur général de WilderHill New Energy Finance. Auparavant, il a fondé les indices WilderHill Progressive Energy (WHPRO) et Wilder NASDAQ Global Energy Efficient Transport (HAUL). Chacun d’entre eux a été orienté vers les solutions et les éco-innovations, et a fait office de précurseur au sein de son thème.

Rob Wilder a remporté une subvention de la fondation XPRIZE en 2018-2020 pour son travail sur la santé des océans et sur le climat, et a été un spécialiste senior de la fondation Fulbright (2013-2018). Il donne fréquemment des conférences, notamment à l’Université d’Oxford, à la University College de Londres, à l’Université d’Australie-Occidentale, à l’Université de Zadar, à l’Université de Canterbury, et a été professeur bénévole pour les étudiants réfugiés à l’International Syrian University in Exile.

Rob Wilder a publié de nombreux articles, notamment dans Nature, Scientific American, Stanford Law & Policy Review, Yale E360, National Academy of Sciences Press, Engineering NewsRecord, Institutional Investor, American Society of Civil Engineers Press, UCLA Journal of Environmental Law & Policy, Journal of Alternative Investments, Virginia Journal of International Law, University of Chicago Press, etc. Son livre « Listening to the Sea » a pour thème les nouvelles voies pour commencer par prévenir la pollution, ainsi qu’aider à protéger la stabilité du climat, la diversité biologique marine et la Terre.

Il attache une grande importance au service communautaire : il est membre émérite du conseil d’administration de la Scripps Institution of Oceanography, UCSD ; il est membre de la Commission mondiale du droit de l’environnement de l’UICN ; il a fait partie du conseil d’administration et a été nommé à l’unanimité administrateur exécutif intérimaire du Center for Sustainable Energy ; il a été membre du conseil d’administration de la Society for Conservation Biology, il a été élu au conseil d’administration du Sierra Club – et il a servi pendant des années dans chacune de ces fonctions. Au niveau local, il a également été le défenseur public de l’action pour le climat pour le Maire et la ville de San Diego.

Rob Wilder a enseigné à l’Université de Californie, à l’Université du Massachusetts et d’autres établissements ; il est titulaire d’un doctorat (Ph.D.) de l’Université de Californie à Santa Barbara et d’un doctorat en droit (J.D.) de l’Université de San Diego. Il a notamment reçu le prix du jeune chercheur de l’Académie nationale des sciences (à deux reprises), une bourse Fulbright, une bourse AAAS/EPA de l’American Association for Advancement of Science en sciences et technologies environnementales au siège de l’EPA, le prix Scripps de la thèse de doctorat et a été boursier Sea Grant à la législature de l’État.

Il a été récompensé par The Economist, National Geographic et Environmental Defense lors du World Ocean Summit pour leur prix de l’innovation. Et depuis qu’il a co-fondé ECO Index®, son tracker a été classé #1 des fonds de petites capitalisations, appelé le « Dow Jones average of global warming » par USA Today, « Best ETF » et « Most Innovative New ETF Product ».


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Ce article est publié en Suisse par Invesco Asset Management (Schweiz) AG, Talacker 34, CH-8001 Zurich.