La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, Portfolio Manager, Head of Global Aggregate Strategies – Global Fixed Income, Currency & Commodities Group

Les banques centrales commencent à resserrer leur politique monétaire – la trajectoire de la Réserve fédérale américaine, notamment, semble sous-évaluée par les marchés. Serait-ce le moment de tout miser sur une duration courte?

Fondamentaux

La dynamique de la croissance mondiale ralentit, comme en témoignent les données d’enquête en Europe, et plus récemment aux Etats-Unis. Cependant, les niveaux de croissance absolue demeurent robustes dans toutes les régions. L’inflation n’est pas aussi synchronisée : elle augmente aux Etats-Unis mais continue de déserter la zone euro. Cette divergence a d’importantes conséquences sur la politique des banques centrales.

La Réserve fédérale américaine (Fed), qui s’emploie à remplir un double mandat, axé sur l’emploi et sur la stabilité des prix, n’est pas loin d’atteindre ses objectifs. Le marché du travail se porte bien depuis quelque temps aux Etats-Unis: à 4,1%, le chômage est inférieur au taux de plein emploi projeté, et le nombre de bénéficiaires de prestations de chômage a battu un nouveau record de baisse. Du côté de l’inflation, l’indice des dépenses de consommation privées (PCE), privilégié par la Fed, est bien parti pour atteindre la cible de 2% si les données du mois de mars s’établissent, comme prévu, à 0,2% en glissement mensuel. Dans ce cas, nous pensons que la poursuite du relèvement des taux américains est totalement justifiée.

En revanche, la Banque centrale européenne (BCE) ne peut pas en dire autant. Elle est encore loin d’atteindre son mandat consistant à maintenir l’inflation en dessous mais proche de 2%, malgré la vigueur de l’économie. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) dans la zone euro est tout juste à 1%, ne justifiant pas un resserrement de politique monétaire par la BCE.

 

L’inflation augmente aux Etats-Unis mais continue de déserter la zone euro.
Source: Bloomberg et J.P. Morgan Asset Management; données au 31 mars 2018. Les prévisions sont fondées sur un PCE de 1,9% sur douze mois aux Etats-Unis et un IPCH de 1,1% sur douze mois dans la zone euro pour mars 2018.

Valorisations quantitatives

Après une forte hausse au début de l’année, les rendements des principaux emprunts d’Etat se sont stabilisés et ont même baissé. Le taux des bons du Trésor à 10 ans a augmenté de 30 points de base (pb) en janvier seulement, même s’il a cédé 15 pb depuis son sommet de 2,95% atteint le 21 février pour revenir à 2,80% (au 4 avril). Ce redressement indique que le resserrement de la Fed est désormais intégré par le marché: pour l’année à venir, le marché anticipe actuellement 1,5 hausse de taux, tandis que, vu la solidité des fondamentaux, nous en prévoyons au moins trois de plus. En revanche, nous sommes d’avis que le marché a raison d’intégrer un très léger resserrement de la BCE, étant donné la faiblesse de l’inflation dans la région.

Facteurs techniques

La demande de bons du Trésor américain, en particulier de la part des investisseurs étrangers, pourrait avoir des conséquences importantes sur les rendements. La hausse des rendements des bons du Trésor devrait attirer des institutions officielles comme celles du Japon, dont les marchés obligataires continuent d’afficher des taux de rendement extrêmement bas, empêchant potentiellement une correction importante aux Etats-Unis. La demande pourrait toutefois se reporter sur les emprunts d’Etat européens; même si la clôture de l’exercice fiscal au Japon n’a pas encore donné lieu à une réallocation hors des obligations américaines, c’est une tendance qu’il faudra surveiller. Toutefois, le positionnement vendeur prononcé sur la partie courte de la courbe américaine pourrait empêcher une forte hausse des taux.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Les principaux emprunts d’Etat, notamment les bons du Trésor américain, confirment leur statut de valeur refuge; leurs rendements ont grimpé à la suite d’une vague générale d’aversion au risque et non à cause de données fondamentales décevantes. Le contexte de croissance est favorable et la Fed parvient à remplir son double mandat. Nous pensons donc que les rendements vont continuer d’augmenter et que celui des bons du Trésor américain à 10 ans devrait atteindre 3% d’ici la fin du deuxième trimestre. Un positionnement court en duration est donc justifié à notre avis. Cependant, nous attendrions que la vague d’aversion au risque retombe avant de renforcer les positions courtes; en effet, pour l’instant, les marchés sont davantage influencés par les tensions commerciales mondiales et la faiblesse des actions que par la vigueur des fondamentaux.

 

J'aime cet article 187

Ce document est fourni à titre d'information uniquement et les opinions qu'il contient ne constituent en aucun cas un conseil ou une recommandation en vue d'acheter ou de céder un quelconque investissement ou intérêt y afférent. Toute décision fondée sur la base des informations contenues dans ce document sera prise à l'entière discrétion du lecteur. Les analyses présentées dans ce document sont le fruit des recherches menées par J.P. Morgan Asset Management, qui a pu les utiliser à ses propres fins. Les résultats de ces recherches sont mis à disposition en tant qu'informations complémentaires et ne reflètent pas nécessairement les opinions de J.P.Morgan Asset Management. Sauf mention contraire, toutes les données chiffrées, prévisions, opinions, informations sur les tendances des marchés financiers ou techniques et stratégies d’investissement mentionnées dans le présent document sont celles de J.P. Morgan Asset Management à la date de publication du présent document. Elles sont réputées fiables à la date de rédaction. Elles peuvent être modifiées sans que vous n’en soyez avisé. La performance et les rendements passés ne préjugent pas forcément des résultats présents ou futurs. Il est à noter par ailleurs que la valeur d’un investissement et les revenus qui en découlent peuvent évoluer en fonction des conditions de marché. Aucune certitude n'existe quant à la réalisation des prévisions. J.P. Morgan Asset Management est le nom commercial de la division de gestion d’actifs de JPMorgan Chase & Co et son réseau mondial d’affiliés. Veuillez noter que si vous contactez J.P. Morgan Asset Management par téléphone, vos conversations sont susceptibles d’être enregistrées et contrôlées à des fins juridiques, de sécurité et de formation. Les informations et les données que vous communiquerez ponctuellement seront collectées, stockées et traitées par J.P. Morgan Asset Management dans le respect de la Politique de confidentialité (EMOA). La Politique de confidentialité (EMOA) est disponible sur le site. Emis par JPMorgan Asset Management (Europe) S.à r.l., 6 route de Treves, L-2633 Senningerberg, Grand Duchy of Luxembourg, R.C.S. Luxembourg B27900, capital social EUR 10.000.000.