Pour les investisseurs mondiaux, le contraste entre le cycle de croissance de la Chine et celui du reste du monde ne pourrait pas être plus prononcé qu’à l’heure actuelle. Alors que la plupart des autres grandes économies s’apprêtent à remonter leurs taux d'intérêt et à mettre progressivement fin aux mesures de relance pour juguler l’inflation, la stimulation économique à grande échelle alimentée par le secteur de la construction, que Pékin avait cherché à éviter ces deux dernières années, est brusquement de nouveau d’actualité.

Par Claire Xiao, Credit Analyst, Lucette Yvernault, Head of Systematic Fixed Income, Chuin Wei Yap, Investment Writer

 

Lucette Yvernault

Les responsables politiques chinois font face à un ancien dilemme dans un nouveau contexte de ralentissement économique. Il est de plus en plus évident que la deuxième plus grande économie du monde a besoin d’un coup de fouet, mais sans que la frénésie d’emprunts s’en trouve ravivée.

Confrontée au ralentissement de la croissance, la banque centrale chinoise a réduit tout un éventail de taux depuis juillet 2021, dans un effort croissant de libérer des liquidités dans le système bancaire du pays. La dernière série de  mesures d’assouplissement a été décidée fin janvier et nous pensons que de nouvelles baisses de taux sont probables.

Pour les investisseurs mondiaux, le contraste entre le cycle de croissance de la Chine et celui du reste du monde ne pourrait pas être plus prononcé qu’à l’heure actuelle. La plupart des grandes économies, dont les États-Unis et l’Europe, s’apprêtent à remonter leurs taux d’intérêt et à mettre progressivement fin aux mesures de relance pour juguler l’inflation. En Chine, où l’inflation reste modérée, la politique monétaire a été assouplie et la stimulation économique à grande échelle alimentée par le secteur de la construction, que Pékin avait cherché à éviter ces deux dernières années, est brusquement de nouveau d’actualité.

Intervenir assez tôt?

Claire Xiao

En matière de politique, les risques de faux pas sont élevés dans tous les domaines. Aux États-Unis, un débat est en cours sur la question de savoir si la Réserve fédérale fait trop peu et trop tard pour maîtriser l’inflation.

En Chine, Pékin est en proie au même dilemme, mais en sens inverse: les doutes persistent quant à la capacité des autorités à intervenir assez rapidement et efficacement pour relancer les principaux moteurs de la croissance–en particulier dans le secteur immobilier, qui, avec la construction et les industries afférentes, représente plus d’un tiers de la production économique. Mais d’un autre côté, l’ouverture exagérée des vannes du crédit a, dans le passé, grevé l’économie par des surcapacités industrielles persistantes, des créances douteuses et d’autres déséquilibres systémiques qui pourraient encore déstabiliser le système financier à long terme.

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Si on l’examine en détail, le calendrier des récentes mesures du gouvernement est révélateur de la façon dont celui-ci s’efforce de prendre l’initiative sans aller trop loin. Bien que largement anticipées, les baisses de taux, à la mi-janvier, sont intervenues plus tôt que prévu. La banque centrale, plutôt connue pour sa communication pondérée, a déclaré le lendemain qu’elle intervenait pour éviter «un effondrement du crédit.» La rudesse du ton semblait destinée à renforcer la confiance dans la capacité de Pékin à gérer le ralentissement économique.

Ralentissement du secteur immobilier

Chuin Wei Yap

Alors que le ralentissement des ventes de biens immobiliers et de terrains, fin 2021, plombait la croissance, les banques chinoises ont reçu des recommandations en matière de contrôle quantitatif du crédit («window guidance») pour accélérer l’approbation des prêts hypothécaires, recommandations qu’elles appliquent. Pour autant, les ventes immobilières sont toujours aussi atones, ce qui laisse entrevoir un problème plus profond dans la dégradation de la demande. La récente politique chinoise, qui a, par exemple, imposé des restrictions à la propriété de plusieurs logements, a peut-être été trop loin et réfréné l’appétit des acheteurs. Le développement des émissions obligataires des gouvernements locaux, du type de celles qui financent le développement de l’infrastructure, a considérablement ralenti.

Les responsables politiques étudient maintenant des mesures plus larges destinées, entre autres, à faciliter l’accès des promoteurs immobiliers à leurs fonds de prévente, précédemment bloqués sur des comptes séquestres. Pour être efficaces, certaines de ces mesures exigeront une coordination extrêmement étroite entre les gouvernements centraux, locaux et municipaux. Si de tels ajustements réglementaires s’avéraient insuffisants, de nouvelles baisses de taux devraient, selon nous, intervenir au cours du premier semestre. Cela dit, le ralentissement alimenté par l’immobilier n’est pas toute la réalité: il existe des poches de résilience dans l’économie chinoise, y compris dans les exportations, la production, les services, pour ne citer que quelques secteurs.

 

 


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