L’équipe Invesco en charge des marchés en développement, dirigée par le directeur des investissements, Justin Leverenz, répond aux questions clés soulevées ces dernières semaines concernant le renforcement des réglementations en Chine et son incidence sur les perspectives de l’équipe pour les actions chinoises.

À retenir

  • La Chine a renforcé ses réglementations. Des durcissements de réglementation se sont multipliés dans tous les secteurs, prenant les investisseurs de court et faisant vaciller la confiance dans les actions chinoises.
  • Des opportunités subsistent. Bien que chagrinés par le repli considérable d’un certain nombre de nos positions en Chine, d’importantes opportunités à ne surtout pas négliger y persistent selon nous pour les investisseurs.
  • Nos perspectives restent optimistes. Nous demeurons convaincus que la Chine s’apprête à potentiellement devenir l’un des grands marchés haussiers de l’histoire humaine.

 

La Chine est unique en son genre mais peut-on la qualifier de système capitaliste?

INVESCO - Sun Mattison
Sun Mattison

En tant qu’investisseurs, nous sommes tous assez frustrés par l’imprévisibilité de cette vague étourdissante de renforcements des réglementations. Nous avons cependant aussi tenté de prendre du recul et de mieux comprendre le caractère unique de la Chine.

L’économie chinoise est un modèle hybride, une forme de capitalisme politique qui n’est pas si unique que ça dans le monde. On lui trouve des parallèles dans le développement d’une grande part de l’Asie au XXe siècle (Corée du Sud, Taïwan, Malaisie). Le modèle actuel de la Chine est profondément enraciné dans des millénaires de développement politique et culturel. Il accueille l’entrepreneuriat capitaliste, dans un État hautement paternaliste. C’est un modèle – comme Branco Milanovic l’explique très bien dans son livre Le capitalisme, sans rival – conçu pour être géré par un État indépendant dirigé par une bureaucratie technocrate et efficace.

Le premier principe est une autonomie de l’État poussée à l’extrême et peu susceptible d’être réduite. L’état de droit est ambigu à dessein, ce qui permet au gouvernement de manœuvrer sans contraintes légales et peut conduire à des mesures politiques capricieuses. L’objectif ultime visé est néanmoins une croissance inclusive, ce qui légitimise l’approche.

Dans le même temps, la Chine est une économie résolument capitaliste. Le secteur privé domine la production, l’emploi et la croissance. Le capitalisme est profondément enraciné en Chine.

Le secteur privé, appuyé par le gouvernement, y est dynamique et constitue la principale source de croissance et d’innovation de l’économie. C’est aussi un modèle hybride, où l’État fournit efficacement des biens publics permettant le développement (infrastructures) et équilibre les externalités (croissance inclusive).

La croissance de la Chine tombera-t-elle dans le piège du revenu moyen fréquemment observé dans d’autres économies émergentes?

INVESCO - Justin Leverenz
Justin Leverenz

La notion de «piège du revenu moyen» désigne, dans une économie émergente, la difficulté à passer d’un niveau de développement fondé sur les fruits – aisés à cueillir – du travail et l’augmentation des investissements en capitaux (le plus souvent, passage d’une économie agricole à une économie industrielle) à un niveau de développement fondé sur le tertiaire, caractérisé par une plus grande création de valeur et une productivité plus élevée. La Banque mondiale a défini cette notion de «piège du revenu moyen» il y a 15 ans, pour rendre compte de l’incapacité de la plupart des économies en développement d’Amérique latine et d’Asie de franchir la barre des 10 000 à 12 000 dollars de revenu par habitant.

Cet argument est cher au cœur des investisseurs sceptiques quant au devenir de la Chine, et ils lui ajoutent souvent celui de la problématique démographique du pays. Mais selon nous, la Chine est vraiment différente. À travers les réglementations – ou plutôt les «réformes» – adoptées en Chine ces dernières semaines, les décideurs politiques s’efforcent de veiller à ce que la Chine demeure différente, en surmontant précisément le piège du revenu moyen couramment observé dans les pays en développement.

INVESCO - Bhavtosh Vajpayee
Bhavtosh Vajpayee

Ce piège du revenu moyen est la plupart du temps mal compris, une incompréhension qui est en fait une question de statistique. Dans la plupart des pays en développement, ce piège du revenu moyen est fondamentalement lié à des modèles bi-sectoriels, caractérisés par un nombre relativement limité de travailleurs dans le secteur formel, qui portent la croissance économique, et par une majorité écrasante de travailleurs dans le secteur informel, qui sont piégés dans des emplois peu ou pas qualifiés où la croissance structurelle est proche de zéro. Le piège du revenu moyen est donc lié à l’absence de mobilité sociale, ou en d’autres termes à l’incapacité de ces pays de permettre une «croissance inclusive». L’erreur statistique réside dans le fait que le revenu médian croît lentement parce que la grande majorité de la population des pays en développement ne croît pas en termes réels, tandis que leurs classes moyennes limitées croissent rapidement, mais sans pouvoir tirer tout un pays vers le haut.

La Chine, en revanche, est le seul pays de la planète ayant été capable de maintenir une croissance élevée, et qui plus est inclusive, au cours des trois dernières décennies.

Le pays a littéralement donné naissance à 300 à 400 millions de consommateurs à revenu moyen durant cette période2. La difficulté est maintenant d’obtenir des résultats similaires pour le reste de la population chinoise au cours des prochaines décennies. L’administration Xi tente de simultanément gérer les instabilités des dernières décennies – environnement, équité et risques géopolitiques – tout en assurant la stabilité financière et une croissance inclusive. Si elle parvient à orchestrer une croissance inclusive, la Chine évitera selon nous le piège du revenu moyen – et nous sommes d’avis qu’elle y parviendra.

 

Pour en savoir plus, écoutez notre récente conférence téléphonique.

 


Notes de bas de page

2. Source : « China looks to boost middle class as it wraps up Xi Jinping’s anti-poverty drive », 30 novembre 2020.

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Cet article est publié en Suisse par Invesco Asset Management (Schweiz) AG, Talacker 34, CH-8001 Zurich.