Les investisseurs remodèlent activement leurs portefeuilles obligataires afin d’être mieux positionnés face aux différentes éventualités.

  • Si la moitié (49 %) des sondés pensent que le cycle économique durera encore une à deux années, pour de nombreux investisseurs nord-américains (52%), il se terminera plus tôt
  • Les conflits commerciaux impactent les allocations de près de la moitié (46%) des investisseurs interrogés, et deux tiers (65%) des investisseurs Wholesale* indiquent que le Brexit a des répercussions sur leurs allocations aux actifs européens et britanniques
  • Les investisseurs obligataires, quant à eux, sont inquiets des importants niveaux d’endettement dans le monde et de l’élargissement des spreads de crédit
  • Les allocations aux obligations chinoises sont en augmentation malgré les problématiques géopolitiques
  • Les investisseurs obligataires remodèlent activement leurs portefeuilles, cherchant à les consolider grâce à plusieurs stratégies axées notamment sur le rendement, la duration courte et les titres à taux variable

 

Invesco publie sa deuxième Étude annuelle mondiale sur la gestion obligataire (Global Fixed Income Study) qui analyse en détail le comportement des investisseurs obligataires. Selon l’étude, même si les investisseurs s’attendent à une fin relativement proche du cycle économique, ils n’anticipent pas de correction significative des actifs obligataires et tablent plutôt sur un atterrissage en douceur et un aplatissement prolongé de la courbe des taux. Dans leur quête de rendement, les investisseurs cherchent en effet à maintenir leurs investissements obligataires en adoptant une approche plus active qui leur permet d’élaborer des différents scénarii de rendement grâce à des stratégies alternatives, des allocations aux marchés émergents et une exposition à la Chine.

Réalisée dans le cadre d’entretiens individuels auprès de 145 spécialistes obligataires et responsables de l’investissement de la zone EMEA, en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique, représentant un total de 14 100 milliards de dollars d’encours sous gestion, l’étude révèle en outre que les investisseurs s’intéressent de plus en plus aux problématiques géopolitiques susceptibles de venir perturber les marchés. Près de la moitié (46%) des investisseurs ont ajusté leurs allocations en portefeuille en réponse aux tensions commerciales. Particulièrement sensibles à ces problématiques, deux tiers (65%) des investisseurs Wholesale ont été influencés par le Brexit et ont décidé de modifier leurs allocations aux actifs européens et britanniques. Seul un tiers (34%) des investisseurs institutionnels indiquent avoir modifié leurs allocations aux actifs européens et britanniques en réponse au Brexit. Par ailleurs, les perspectives des investisseurs en ce qui concerne l’économie mondiale sont aujourd’hui plus incertaines et divergent, les niveaux élevés d’endettement à travers le monde étant considérés comme l’élément déclencheur le plus probable de la prochaine récession.

La fin du cycle

L’expansion économique actuelle étant l’une des plus longues jamais enregistrées (près de dix années), certains investisseurs inquiets commencent à douter de sa longévité et restent à l’affût de tout élément déclencheur susceptible d’y mettre un terme. Dans l’ensemble, les investisseurs obligataires s’accordent à dire (pour 49% d’entre eux) que le cycle touchera à sa fin d’ici un an ou deux, c’est-à-dire entre fin 2019 et fin 2020. En revanche, plus d’un quart (27%) anticipent une fin de cycle plus proche au cours des six à douze prochains mois. Si l’on compare les investisseurs Wholesale aux investisseurs institutionnels, la première catégorie se montre relativement plus pessimiste quant aux perspectives à court terme, avec 65% qui tablent sur une fin de cycle d’ici 2 ans.

Sur le plan régional, l’étude révèle également d’importantes divergences de perspectives du cycle économique parmi les investisseurs obligataires. Les investisseurs de la région Asie-Pacifique estiment que l’expansion durera encore un an ou deux, tandis que ceux de la région EMEA sont plus optimistes quant à sa longévité au-delà de cette période. En Amérique du Nord, en revanche, les investisseurs obligataires sont plus pessimistes, et plus de la moitié (52%) d’entre eux pensent que l’expansion touchera à sa fin dans les douze prochains mois.

Nick Tolchard, Head of EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) pour Invesco Fixed Income déclare: «La politique aux États-Unis pourrait bien avoir eu un rôle à jouer dans le pessimisme dont font preuve les investisseurs obligataires nord-américains. Les nombreux discours de l’administration de Donald Trump en ce qui concerne les échanges commerciaux avec la Chine, l’Europe, le Canada et le Mexique, ainsi que l’application des droits de douane ont fortement érodé la confiance. Par ailleurs, l’idée selon laquelle la Fed était déterminée à retirer son soutien monétaire, et les spéculations entourant une éventuelle inversion de la courbe des taux, ont pu accentuer ces inquiétudes.»

Éléments déclencheurs potentiels de la prochaine récession

En ce qui concerne les éléments déclencheurs de la prochaine récession, les sondés sont principalement inquiets par les niveaux élevés de dette, en particulier celui de la dette publique. L’attention que suscite l’endettement n’est pas surprenante après les faibles niveaux historiques des taux d’intérêt sur une si longue période. Les investisseurs interrogés estiment que la hausse des taux d’intérêt impactera lourdement les charges d’intérêt et les taux de défaut.

Parmi les autres sources de perturbation possibles, 15% des investisseurs pensent que le risque principal proviendrait d’une crise au sein des marchés émergents, et pour 13% d’entre eux, il s’agirait d’une bulle de la dette en Chine.

Impact sur le marché obligataire

Avec la nervosité grandissante que suscite la fin du cycle économique, certaines inquiétudes portent sur la probabilité d’un revirement significatif des marchés, même si les investisseurs pensent qu’elle concerne davantage les actions que les obligations. Néanmoins, 60% des investisseurs estiment avec une certitude élevée que les spreads de crédit s’élargiront au cours des trois prochaines années, et 45% pensent que la courbe des rendements restera plate pour encore un long moment.

En comparaison, les investisseurs obligataires se montrent peu inquiets quant au risque de hausse de l’inflation (34%) et seulement un quart (27%) anticipent une inversion de la courbe dans les prochaines années.

source: Invesco Global Fixed Income Study 2019

Hausse de l’exposition aux obligations chinoises

Les allocations aux obligations chinoises sont en hausse, les investisseurs faisant fi du conflit commercial et des problématiques géopolitiques dans le cadre de leur quête de rendement et de diversification. Un tiers (32%) des investisseurs obligataires chercheront à renforcer leurs expositions à la Chine au cours des trois prochaines années, en particulier les investisseurs nord-américains (58%). Aujourd’hui, aux États-Unis, les investisseurs sont peu enclin à détenir des obligations chinoises dans leurs portefeuilles, mais ils sont plus susceptibles d’augmenter leurs allocations à l’avenir en dépit de la montée des tensions commerciales. C’est un revirement significatif pour un pays qui a tendance à investir majoritairement dans son marché obligataire domestique (c’est-à-dire aux États-Unis). Pour la moitié des investisseurs dans le monde (51%), il s’agit d’une décision stratégie à long terme qui sera confortée par la hausse de la pondération de la Chine dans les principaux indices obligataires attendue en 2019 et par la suite.

Dans l’ensemble, malgré une compression de la prime de rendement des emprunts d’État chinois par rapport aux bons du Trésor américain, l’investissement étranger total dans le marché des obligations chinoises a rapidement progressé en 2018. Si le marché obligataire chinois est le troisième plus important au monde, il a longtemps été sous-pondéré, voire entièrement absent, des portefeuilles obligataires des investisseurs professionnels en dépit de considérations d’investissement favorables telles que la valorisatione relative, le rendement et les performances totales attendues.

Les barrières à l’investissement en obligations chinoises semblent diminuer ce qui incite les investisseurs à tirer parti du marché. Les principaux obstacles qui subsistent sont le risque inhérent à la classe d’actifs, l’intervention du gouvernement et les potentielles restrictions sur les mouvements de capitaux.

source: Invesco Global Fixed Income Study 2019

Nick Tolchard, responsable de la gestion obligataire dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), conclut: «Si l’opinion relativement partagée par la majorité l’année dernière sur un scénario de «nouvelle normalisation» s’est concrétisée dans une large mesure, les investisseurs ont aujourd’hui de plus en plus de doutes en raison de la liste grandissante de risques potentiels, tant en ce qui concerne l’environnement géopolitique que les marchés. Par conséquent, les investisseurs obligataires remodèlent activement leurs portefeuilles obligataires afin d’être mieux positionnés face aux différentes éventualités.

Les investisseurs obligataires du monde entier s’intéressent à un grand nombre de stratégies: certaines sont axées sur le rendement, d’autres cherchent la sécurité d’une duration courte ou du cash en cas de pics de volatilité, quand d’autres encore veulent profiter de la flexibilité des instruments à taux variable. Les nombreux facteurs à prendre en considération illustrent la nécessité pour les investisseurs d’avoir recours à une panoplie de solutions qui leur permettent de répondre aux éventuels risques.»

 


Accéder à l’étude complète sur le site d’Invesco


 

*Les investisseurs Wholesale incluent notamment les professionnels des banques privées, des multigérants, gérants de fonds diversifiés.


Précisions sur l’échantillon et méthodologie de l’étude : Le travail de recherche sur le terrain pour cette étude a été mené par le département de consultation stratégique de NMG. Invesco a choisi d’engager un cabinet spécialisé indépendant pour garantir des résultats objectifs et de haute qualité. NMG a mené des entrevues approfondies auprès de 145 experts de la gestion obligataire représentant un total de 14 100 milliards d’encours sous gestion.