La Journée mondiale de l’environnement s’est tenue le 5 juin dernier. Organisée par les Nations Unies, il s’agit d’une journée visant à encourager la sensibilisation et l’action en faveur de la protection de l’environnement. Or, la «planète plastique» est aujourd’hui un problème environnemental majeur. Et pour cause, le plastique pollue les océans et les écosystèmes du monde entier et contribue également à l’augmentation des émissions de CO2. Notre façon de consommer et d’utiliser aujourd’hui le plastique, selon un modèle linéaire «extraire - fabriquer - consommer - jeter», n’est pas durable et, si elle n’évolue pas, cela aura des conséquences dramatiques sur l’environnement.

Dans ce cadre, nous souhaitons faire prendre conscience des besoins de la planète en matière de solutions de recyclage du plastique, en évaluant l’ampleur des opportunités qui émane de la crise des emballages plastiques ainsi qu’en exposant les technologies et les entreprises gagnantes de demain, qui peuvent contribuer à préserver notre planète. Explications.

La demande en plastique continue de croître – notre consommation d’emballages plastiques devrait augmenter de 4% par an entre
2019 et 2030

production mondiale de plastique
Graphique 1 : production mondiale de plastiques
La consommation de plastiques s’est envolée après la Seconde Guerre mondiale

Depuis l’invention du premier polymère synthétique en 1869, les plastiques ont envahi notre monde et sont devenus un élément indispensable de nos vies. La consommation s’est littéralement envolée depuis la Seconde Guerre mondiale (Graphique 1). Preuve en est, les 2 millions de tonnes de plastique consommées par an dans le monde en 1950 (source: Geyer et al.) ont été multipliées par 200 pour atteindre 406 millions de tonnes par an en 2019 (source: Plastics Europe).

Aujourd’hui, si le plastique est utilisé dans presque tous les secteurs, l’un de ses principaux usages reste l’emballage (Graphique 2). En 2018, 45% (soit 174 millions de tonnes) de l’ensemble du plastique produit ont été utilisés à des fins d’emballage (source: Conversio Market & Strategy GmbH).

Le plastique est le matériau idéal pour les emballages car il est peu coûteux, polyvalent, durable, léger et présente également des avantages environnementaux par rapport aux autres matériaux. Par exemple, le plastique réduit les déchets alimentaires en conservant la fraîcheur des aliments plus longtemps, tandis que son faible poids permet de réduire la consommation de carburant et les émissions lors du transport des marchandises. Par conséquent, les plastiques remplacent de plus en plus les autres matériaux d’emballage. En effet, entre 2000 et 2015, les plastiques ont vu leur part dans les volumes d’emballages augmenter de 17% à 25% au niveau mondial (source: Euromonitor).

utilisation mondiale de plastique
Graphique 2 : production mondiale de plastiques selon l’utilisation
Les emballages en sont la principale utilisation

Grâce à ces avantages, les emballages en plastique enregistrent une forte croissance de 4% par an. La demande mondiale d’emballages plastiques devrait ainsi passer de 180 millions de tonnes aujourd’hui à 281 millions de tonnes en 2030 (source: analyse Fidelity).

Le modèle actuel des emballages plastiques porte atteinte à l’environnement

En dépit de ses avantages, l’emballage plastique est problématique en raison de son mode d’utilisation actuel: le modèle linéaire « extraire – fabriquer – consommer – jeter » n’est pas viable et gaspille nos ressources. Nous extrayons du pétrole et du gaz des sols pour fabriquer des emballages plastiques, qui ne sont souvent utilisés qu’une seule fois, puis nous les jetons – soit une parfaite opposition avec un modèle d’économie circulaire, fondée sur le principe «réduire – réutiliser – recycler», lequel vise à réduire les déchets, faciliter l’utilisation continue des ressources et contribuer à la décarbonation. Pour remettre la situation dans son contexte, seuls 9% de tous les déchets plastiques jamais produits ont été recyclés (source: Programme des Nations Unies pour l’environnement, 2020).

L’élimination des emballages en plastique pose des problèmes environnementaux importants et n’est pas viable sur le long terme. À l’heure actuelle, seuls 24 % de tous les emballages mondiaux sont recyclés. Pour le reste des déchets, seuls 70 % sont collectés pour être éliminés et gérés, mais les deux tiers d’entre eux finissent en décharge et libèrent des quantités élevées de méthane et de CO2, contribuant de facto au réchauffement de la planète. Les 30 % « perdus » restants dégradent les écosystèmes de notre planète, notamment les forêts et les océans. Si aucune mesure n’est prise, le poids du plastique dans les océans dépassera celui des poissons d’ici 2050 (source : Fondation Ellen MacArthur).

Compte tenu de la croissance anticipée de la demande, ces problèmes environnementaux ne vont aller qu’en s’aggravant. L’économie mondiale doit donc se transformer pour devenir davantage circulaire. Nous avons besoin de nouvelles solutions de recyclage et les volumes des emballages plastiques utilisés doivent être réduits.

La demande pour des solutions de recyclage des plastiques et d’emballages durables augmente sous l’effet de l’évolution de l’opinion des consommateurs, des autorités de régulation et des principales entreprises de produits de grande consommation (PGC)

Les problèmes environnementaux causés par les emballages en plastique ne sont pas passés inaperçus et les consommateurs, les régulateurs et les principales entreprises de produits de grande consommation (PGC) réagissent à la crise climatique.

La sensibilisation de l’opinion publique aux problèmes relatifs aux plastiques a considérablement augmenté au cours des cinq dernières années (Graphique 3). En 2019, 42% des consommateurs britanniques et américains ont déclaré que les produits utilisant des matériaux durables étaient importants dans le cadre de leurs achats quotidiens (source : GlobalWebIndex). Cette réceptivité accrue a été favorisée par des campagnes poignantes autour de la pollution plastique marine, comme notamment dans la série Blue Planet II de David Attenborough – l’émission de télévision la plus regardée en 2017 avec 14 millions de téléspectateurs (source: BBC).

intérêt porté aux déchets plastiques
Graphique 3 : évolution de l’intérêt porté aux déchets plastiques dans le monde
La sensibilisation de l’opinion publique aux questions environnementales a considérablement augmenté au cours des cinq dernières années

Sur tous les continents, les gouvernements réagissent aux vagues de protestations du grand public contre les déchets plastiques. L’Europe est la région la plus avancée en matière de développement durable. Néanmoins, partout dans le monde des objectifs de recyclage ambitieux sont mis en œuvre, tandis qu’une imposante fiscalité sur les emballages non recyclables est en train d’émerger et des lois supplémentaires sont à l’étude en vue de n’utiliser que des emballages recyclés.

En outre, la réforme de la notion de «responsabilité élargie du producteur» (REP), qui entrera en vigueur au Royaume-Uni en 2023, va constituer le changement le plus important dans la réglementation des déchets plastiques depuis 1997. Les changements proposés vont faire passer le coût total de la collecte des déchets ménagers du contribuable à l’entreprise qui met sur le marché des produits emballés en plastique. Les entreprises n’auront donc pas d’autre choix que d’envisager et de déployer des efforts en matière de recyclage des plastiques.

Sous la pression de l’opinion publique et du renforcement de la réglementation, les entreprises prennent elles aussi des mesures et se fixent des objectifs ambitieux en matière de recyclage des plastiques. Par exemple, Coca Cola, Kellogg’s et Nestlé font partie des 250 grandes marques qui ont promis d’éliminer tous les plastiques à usage unique et d’investir dans de nouvelles technologies afin que tous les emballages puissent être recyclés d’ici 2025. Là-dessus, des entretiens menés par des analystes de Fidelity avec 41 des plus grandes entreprises de PGC ont révélé que 26 d’entre elles s’étaient engagées à augmenter la proportion d’emballages plastiques recyclables ou compostables.

Outre le recyclage, de nombreuses entreprises ont fait d’énormes efforts pour réduire le volume des emballages plastiques utilisés. Il s’agit aussi bien de petites marques encore balbutiantes (par exemple, des entreprises proposant des tablettes de dentifrice rechargeables ou des shampooings solides) que de grandes marques telles que Heineken et P&G. Heineken UK élimine le plastique de millions de canettes (en retirant le plastique qui maintient les différentes canettes ensemble) grâce au lancement d’un emballage durable innovant et destiné à réduire le plastique et minimiser les déchets. Selon les estimations, ces mesures permettront d’éliminer plus de 517 tonnes de plastique par an (Heineken, 2021). En outre, P&G annonce le lancement de sa première bouteille réutilisable en aluminium et de son système de recharge P&G Beauty dans le domaine des soins capillaires, ce qui va permettre à des millions de ménages en Europe de réduire, réutiliser et recycler leurs emballages.Grâce à la combinaison de ces trois leviers de la demande (les consommateurs, la réglementation et les entreprises), les solutions d’emballage circulaires devraient enregistrer un taux de croissance annuel moyen de 24% entre 2019 et 2050 en passant de 8 à 84 millions de tonnes (source: analyse Fidelity).

De nouvelles technologies sont nécessaires pour répondre à la forte augmentation de la demande de recyclage des plastiques

Aussi, comment les entreprises vont-elles répondre à l’augmentation de la demande de solutions d’emballage circulaires? Quelles sont les technologies disponibles et suffisent-elles pour atteindre les objectifs de recyclage souhaités afin de préserver notre planète?

En tant que société, nous devons réduire les quantités d’emballages plastiques utilisées et nous devons investir dans les nouvelles technologies pour faire évoluer les emballages plastiques vers un modèle circulaire avec des taux de recyclage élevés et un gaspillage minimal. Grâce à des entretiens avec des spécialistes du secteur et des engagements auprès d’entreprises, la recherche de Fidelity a mis en évidence deux solutions possibles à adopter pour gagner la guerre du recyclage des emballages plastiques : d’une part, le plastique recyclé post-consommation (PCR) qui est lui-même recyclable, et d’autre part, les emballages plastiques biosourcés compostables.

Les entreprises préfèrent les emballages en plastique PCR aux emballages en plastique biosourcé parce qu’ils coûtent moins chers. Toutefois, toute la demande d’emballages plastiques circulaires ne pourra pas être satisfaite par les emballages plastiques PCR en raison de contraintes d’approvisionnement. Les emballages plastiques PCR peuvent être divisés en deux segments: le recyclage mécanique (le plastique est retransformé en granulés de résine, mais la structure chimique reste inchangée) et le recyclage chimique (la structure chimique des déchets plastique est modifiée en les convertissant en molécules plus courtes prêtes à être utilisées dans de nouvelles réactions chimiques). Le recyclage mécanique présente de multiples points faibles. Cette méthode ne peut traiter que des types de déchets spécifiques (les plastiques doivent être non contaminés et homogènes) et elle «décycle» (ou dévalorise) les plastiques (ce qui réduit considérablement la qualité du matériau). En outre, le processus est très peu performant et 28% des emballages plastiques envoyés au recyclage mécanique sont perdus au cours de cette opération (source: Fondation Ellen MacArthur).

Avec le recyclage chimique, les points ci-dessus ne sont pas aussi problématiques. En théorie, il s’agit d’un processus de recyclage illimité qui maintient les emballages plastiques dans un circuit fermé. Toutefois, le recyclage chimique n’en est encore qu’à ses débuts et les volumes de déchets d’emballages plastiques qu’il peut traiter sont actuellement plutôt limités.

Ces inconvénients limitent l’offre d’emballages en plastique recyclé disponible et, de ce fait, le plastique biosourcé sera nécessaire pour combler le déficit d’approvisionnement. Cela crée des opportunités d’investissement extrêmement intéressantes sur les marchés de l’emballage plastique PCR et biosourcé. En effet, selon les prévisions, le marché des emballages plastiques PCR va enregistrer un taux de croissance annuel moyen de 23% (soit une multiplication par 9) d’ici 2030 afin de répondre à la demande, tandis que les emballages plastiques biosourcés devraient connaître un essor encore plus rapide avec un taux de croissance annuel moyen de 33%, soit une multiplication par un facteur 21 (source: analyse Fidelity).

Les entreprises gagnantes de la guerre du recyclage des plastiques seront celles disposant des technologies de recyclage les moins onéreuses à plus grande échelle

Compte tenu de l’immensité des opportunités d’investissement, il est important que les investisseurs soient en mesure d’identifier les technologies clés, ainsi que les entreprises qui bénéficieront d’un avantage de précurseur et seront en mesure de déployer la technologie de manière rentable. Les acteurs gagnants et dominants du recyclage des plastiques se trouveront probablement sur les marchés du recyclage chimique des plastiques PCR (car le recyclage chimique est un processus plus noble que le recyclage mécanique) et des emballages plastiques biosourcés. Ce seront également les entreprises disposant des technologies les plus avancées, les moins coûteuses et qui pourront fonctionner à grande échelle.

En outre, l’empreinte carbone du plastique recyclé est inférieure de 30% à celle du plastique vierge (source: C Balance, Recycle Guru: Carbon Savings Achieved by Recycling, 2013). Ces efforts en matière de recyclage sont donc essentiels pour aider à la décarbonation et parvenir à la neutralité carbone à l’échelle mondiale d’ici 2050.

Conclusion

Nous sommes encore au tout début du «boom» du marché des solutions de recyclage du plastique. Grâce à notre plateforme de recherche mondiale et à nos relations étroites avec les entreprises, nous sommes en mesure de comprendre les opportunités de marché que représente la crise des emballages plastiques et d’identifier les entreprises gagnantes qui domineront le marché des solutions plastiques et dicteront son évolution.

En tant qu’investisseurs à long terme, il est de notre devoir d’influencer un changement environnemental positif. Grâce à une approche de sélection de valeurs «bottom-up» fondée sur la recherche fondamentale, nous sommes en mesure d’identifier les principaux leaders à même de résorber la crise de la « planète plastique », qui se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. En outre, en finançant des technologies innovantes, pour les faire changer d’échelle et réduire le coût de leur capital, nous pouvons ainsi soutenir ces leaders en vue de préserver nos océans et notre planète.

 


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