Les graphes macroéconomiques sélectionnés et commentés par Nicolas Blanc, Responsable de l’Allocation chez Ellipsis AM.

Allemagne: rebond des commandes à l’industrie

Allemagne: commandes à l’industrie manufacturière

Les commandes à l’industrie ont progressé de 2,6% m/m en mai, portées par une hausse du montant hors commandes de gros (plus volatiles). Si la nouvelle est appréciable dans le contexte de guerre commerciale en cours, le rythme de croissance reste décevant si l’on élargit la fenêtre d’observation: les trois derniers mois ont vu une baisse des commandes de 2,5% par rapport aux trois mois précédent. On notera que la hausse est répartie sur la plupart des catégories d’ordres et concerne autant la partie domestique que l’exportation. Les ventes à l’usine ont progressé de 0,9% m/m en mai. Là encore, la tendance n’est pas encore redressée: la moyenne pour avril/mai se situe environ au niveau de 2017.

US : hausse de l’ISM services

ISM non manufacturing

L’ISM non manufacturing a été publié au-dessus des attentes en juin, à 59,1 (contre 58,3 attendu). Les différentes composantes de l’indice sont bien orientées, notamment les nouvelles commandes, qui, à 63,2, augurent bien de l’activité à venir. Les commandes à l’export sont également en hausse. L’emploi, en revanche, marque le pas, ce qui résulte de la difficulté d’embauche pour les entreprises et qui devrait favoriser la hausse des salaires. Avec également une hausse de l’ISM manufacturier, on voit que les tensions commerciales n’affectent pour le moment pas le moral des entreprises américaines et que la croissance du second semestre devrait être très robuste (le consensus est aujourd’hui à +3,8% ar).

Les ventes de détail sont stables en zone euro

Eurozone: ventes de détail

Le chiffre des ventes de détail est resté quasiment stable en mai en zone euro, un peu en dessous des attentes. La croissance annuelle est décevante, à +1,4%, contre 1,6% attendu. La dynamique semestrielle (montrée sur le graphe) est également de l’ordre de 1,5% /a. Cette faiblesse est un peu surprenante, car les fondamentaux domestiques (marché du travail, hausse des salaires, confiance élevée du consommateur) permettaient d’espérer une reprise de la consommation. Il s’agit donc d’un facteur limitant pour la croissance en zone euro, pour laquelle le consensus est aujourd’hui à +2,2% sur 2018. A noter que des facteurs climatiques pourraient avoir joué sur le T1.

US : pas de ralentissement sur le marché de l’emploi

US: Inscriptions au chômage et créations d’emplois

Alors que le taux de chômage est au plus bas et que les menaces commerciales pourraient dissuader les entreprises d’embaucher, on a observé en juin des créations d’emploi supérieures aux attentes, couplées à des révisions à la hausse du mois de mai. Il est possible que les effets de la guerre commerciales tardent à apparaitre dans les hard data mais ce que ces derniers suggèrent aujourd’hui, c’est que les effets de l’accélération de la demande et des mesures fiscales incitatives excède de loin celui des coûts que subiraient les entreprises américaines en raison de la réplique chinoise. Ces chiffres devraient inciter la Fed à poursuivre le resserrement au même rythme, pour desserrer les contraintes de l’offre via une légère surchauffe.

 

Source : Ellipsis AM, Bloomberg

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