Les défis qui poussent à la refonte du secteur agroalimentaire mondiale sont inéluctables, et les changements profonds des comportements des consommateurs, tant dans les économies avancées que dans les économies émergentes, intensifient le besoin d'agir pour les principaux acteurs dans ce domaine. Néanmoins, nous n'en sommes encore qu'au tout début de ce processus et très peu d'acteurs cotés en bourse offrent une exposition appropriée et directe pour investir dans ce domaine prometteur. Depuis le début, nous suivons de près ce segment de notre univers "Sustainable Future" où nous avons déjà une certaine exposition.

Nourrir le monde, un mélange de défis

La cause profonde est démographique

La nécessité de nourrir une population mondiale croissante dont les habitudes de consommation se rapprochent des normes occidentales, accentue la pression sur des ressources déjà limitées. D’ici 2050, la population mondiale devrait augmenter de 26% et la demande alimentaire, quant à elle, de 60%. De plus, la production alimentaire qui occupe 45% des terres émergées, contribue à plus d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et consomme environ 70% de l’eau douce disponible.

Impact du changement climatique

Il est de plus en plus difficile pour les agriculteurs d’obtenir de bonnes récoltes et de garantir la santé de leur bétail à cause, notamment, de la hausse des températures et des phénomènes météorologiques extrêmes. L’allongement des périodes de sécheresse, l’irrégularité des conditions météorologiques et les inondations semblent tous être liés au réchauffement climatique. Cette hausse des températures peut également entraîner davantage de complications dus aux parasites et maladies, tant pour les cultures que pour le bétail, car le climat entraîne des changements dans la répartition géographique de certains parasites.

Un bétail malade et des récoltes ruinées

Les pertes de récoltes et de bétail sont de plus en plus fréquentes en raison de maladies qui peuvent être prévenues ou soignées si elles sont détectées suffisamment tôt. De mauvaises conditions de culture et d’élevage entraînent également une détérioration de la santé des récoltes et du bétail, les rendant plus vulnérables aux maladies. Les experts estiment qu’environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit presque 33 % de la production alimentaire mondiale annuelle, est perdue ou gaspillée avant d’être réellement consommée.

Une empreinte carbone insoutenable

Outre l’agriculture intensive, toute la chaîne de valeur alimentaire a un impact environnemental très élevé. Avec la tendance mondiale à un mode de vie plus durable, le secteur est soumis à une pression énorme pour réduire les déchets et la consommation d’énergie. Le secteur alimentaire dans son ensemble est directement responsable d’environ 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. De plus, l’industrie de la transformation alimentaire figure parmi les cinq premiers secteurs en termes de consommation d’électricité industrielle.

Une question qui va au-delà de simplement produire plus

La croissance prévue de la demande implique plus qu’une augmentation de la capacité de production. Les consommateurs sont de plus en plus exigeants en matière de durabilité de l’environnement et des ressources, de comportement éthique et de produits plus sains. Désormais, l’impact de l’alimentation sur la santé est aussi important que le goût ou le prix. Rappelons que les régimes alimentaires malsains sont à l’origine d’un décès prématuré sur cinq chaque année. De plus, de nouvelles réglementations portent notamment sur le bien-être des animaux, la biodiversité et d’autres questions éthiques similaires.

La seule solution viable est la technologie

Pour résoudre ces problèmes, la seule option viable est d’améliorer l’efficacité et de développer des alternatives – dans les deux cas, la technologie est cruciale. Réduire la population ou changer radicalement les habitudes de consommation est soit contraire à l’éthique, soit impraticable.

L’agroalimentaire reste l’une des industries les moins numérisées, avec un taux de pénétration du numérique de 0,3%, contre 2,5% pour les services financiers et 12% pour le commerce de détail. Grâce aux différentes avancées technologiques, l’ensemble de la chaîne des valeurs est en pleine transformation: de la production agricole à la transformation et à la préparation, en passant par l’approvisionnement et la consommation.

L’innovation prend de l’ampleur

Produire des denrées alimentaires-le passage à l’agriculture 4.0

L’innovation technologique dans l’agriculture se concentre sur l’optimisation des ressources rares et sur la prévention du gaspillage en augmentant la surface de terre disponible, en maximisant le rendement des cultures et en minimisant l’utilisation de l’eau. Mais c’est la convergence de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle et de l’informatique de pointe qui permet enfin à l’agriculture de passer au numérique et aux exploitations agricoles de devenir intelligentes.

L’imagerie satellite, les robots agricoles, les drones et les données des capteurs permettent de prendre de meilleures décisions et de les mettre en œuvre au niveau de chaque exploitation. La 5G et les réseaux à basse consommation permettrons la connectivité dans les zones rurales et l’analyse en temps réel des ensembles de données toujours plus nombreux grâce au cloud et à l’informatique de pointe.

Transformer l’alimentation-une nouvelle génération d’aliments

Les progrès technologiques réalisés dans d’autres secteurs, comme la biotechnologie, ont rendu possible, d’un point de vue technique et économique, la production d’aliments plus durable ayant des qualités nutritionnelles équivalentes (parfois meilleures) pour les consommateurs. Déjà, l’agriculture cellulaire et les outils d’édition génétique de nouvelle génération sont en cours de développement pour la production alimentaire. De plus, nous voyons que les protéines d’origine végétale se positionnent actuellement comme des alternatives durables à la viande. L’utilisation de l’impression 3D et le développement d’applications liées à la nutrition, couplées à des dispositifs médicaux portables, sont aussi des moteurs de changement des habitudes de consommation.

Mieux consommer-relier les points

La technologie crée une chaîne numérique continue et connectée pour l’alimentation qui permet à l’information de circuler dans les deux sens, du producteur au consommateur et vice-versa. Il en résulte des choix optimisés et une plus grande adaptabilité, ce qui réduit le gaspillage et optimise l’utilisation des ressources.

Catalyseurs

  • Une plus large acceptation. Toutes les technologies de pointe ont une courbe d’acceptation de plus en plus pentue, car les pionniers sont suivis par les grands acteurs. Les premiers capables d’établir une reconnaissance de marque en récolteront les fruits.
  • Diminution de la main-d’œuvre qualifiée. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée affecte l’industrie agricole d’une manière qui accélère la transition vers plus d’automatisation et d’efficacité.
  • Évolutivité des produits. Les partenariats ou les fusions et acquisitions avec les grands conglomérats diversifiés du secteur agroalimentaire permettront aux petites entreprises pionnières d’augmenter leur production, de réduire leurs coûts et d’élargir leurs marchés.

Risques

  • Santé et sécurité. L’absence d’études à long terme démontrant une meilleure balance entre la sécurité et les avantages pour la santé peut représenter une limite à l’adoption à grande échelle de technologies avancées.
  • Normalisation et interopérabilité. La diversité des solutions et le manque de normalisation peuvent entraver l’adoption de technologies agricoles innovantes, les agriculteurs traditionnels étant perdus dans toutes les nouvelles technologies proposées.
  • Réglementation. Les régulateurs doivent faire preuve de prudence et pourraient limiter le développement de nouvelles technologies jusqu’à ce qu’elles aient prouvé qu’elles ne comportent aucun risque pour le consommateur.

 

Pour en savoir plus: allez visiter le site d’AtonRâ Parners

 

Sources: Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), World Population Prospects, Mapping energy consumption in food manufacturing, Which Sectors & Industries Use The Most Energy & Electricity; Sciencedirect.com