Aujourd'hui nous n'attendons aucune surprise de la réunion de la Fed.

Par David Norris, Responsable du crédit américain, TwentyFour Asset Management

 

David NorrisÉtant donné que son Président, Jérôme Powell, s’est récemment exprimé devant l’Economic Club de Washington le 14 avril, il est difficile d’imaginer que son message ait changé de manière significative depuis.

La banque centrale américaine achète chaque mois 120 milliards de dollars de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires, dans le but de maintenir les taux d’intérêt à un niveau qui favorise l’embauche et la dépense, et affirme qu’elle continuera à le faire jusqu’à ce qu’elle constate de nouveaux progrès substantiels vers le plein emploi et l’objectif d’inflation durable de 2%. M. Powell continue de réitérer les trois normes qui doivent être respectées avant d’envisager une hausse des taux : une reprise du marché du travail, une inflation de 2% atteinte et une inflation supérieure à 2% pendant une période prolongée. D’ici là, aucun changement n’est à prévoir dans l’orientation de la politique monétaire.

Cela dit, lors de récents entretiens, M. Powell a reconnu que l’économie américaine s’ouvrait. Les données continuent de s’améliorer et de se rapprocher des objectifs de la Fed, et les fondamentaux s’améliorent généralement à un rythme rapide. Les vols intérieurs de passagers sont en hausse, les gens retournent dans les restaurants et les récents chiffres du nombre d’emplois créés dans le secteur non agricole (NFP) ont montré une amélioration significative, qui devrait se poursuivre au cours de l’année.

Qu’est-ce que cela peut signifier pour les investisseurs à court terme?

Le core PCE américain (la mesure de l’inflation préférée de la Fed) devrait atteindre environ 2,5% sur un an dans les mois à venir, et le nombre des emplois créés, comme le montrent les données NFP, pourrait bientôt dépasser un million par mois. Par conséquent, la tendance voudrait que les obligations du Trésor et les obligations d’entreprises américaines à plus long terme restent vulnérables. Cependant, nous voyons des opportunités vers l’extrémité inférieure du spectre du crédit. Les investisseurs qui ajoutent un risque pro-cyclique dans ce secteur du marché en particulier pourraient bénéficier de la contraction anticipée des spreads, favorisée par cette reprise économique, tout en obtenant la protection que les obligations à rendement plus élevé offrent habituellement contre toute nouvelle faiblesse des taux due aux préoccupations inflationnistes.