AB INBEV : des résultats qui dissipent les inquiétudes.

Enguerrand Artaz, Analyste Cross Asset, La Financière de l’Echiquier

L’actu

Sous pression depuis la déconfiture de l’américain KRAFT HEINZ, le leader mondial de la bière a publié des chiffres rassurants pour le 4e trimestre 2018.

 

Notre analyse

Après les déboires du géant américain, une certaine hystérie collective régnait sur le groupe brassicole belge AB INBEV. Les chiffres du 4e trimestre ont dévoilé que ces craintes étaient infondées. L’EBITDA, notamment, a dépassé les attentes de 4%.

Le point qui nous semble le plus encourageant est le commentaire sur les Etats-Unis ainsi que les performances réalisées sur cette zone au cours du trimestre. Les investisseurs pointent régulièrement du doigt les pertes de marché d’AB INBEV outre-Atlantique où, du fait de leurs positions ultra dominantes, les marques Bud et Bud Light ne peuvent que perdre du terrain. Le défi consiste donc à protéger ces marques tout en développant des marques premium. Ces dernières (notamment Michelob Ultra) représentent désormais plus de 15% des volumes, et affichent des rythmes de croissance à deux chiffres ainsi qu’une dynamique de gains de parts de marché que le management considère comme la meilleure depuis 2012.

Les performances au Mexique, en Colombie et en Asie restent excellentes, la seule réelle faiblesse provenant de l’activité soft drinks au Brésil. Pour 2019, la société parle de «forte croissance des revenus et de l’EBITDA». Le consensus prévoyait un chiffre d’affaires en hausse de +4,6% pour 2019 et une croissance de l’EBITDA à +5,6%. Ces chiffres semblent aujourd’hui trop bas au vu de l’accélération du marché brésilien. L’autre élément positif réside dans l’objectif d’endettement: la société vise en effet à être en-deçà de 4 fois dette nette/EBITDA à la fin de l’année 2019.

 

En conclusion

Nous sommes convaincus que la société a atteint un point d’inflexion de son momentum bénéficiaire, et ces chiffres du 4e trimestre confortent notre opinion. Pour la première fois depuis 2016, AB INBEV devrait battre les attentes bénéficiaires en 2019. Le derating du titre est massif depuis l’acquisition de SAB MILLER, qui a permis de diversifier le portefeuille de marques et de percer dans des pays en forte croissance où est désormais réalisée plus de 50% de l’activité.

Nous conservons nos positions dans Echiquier Agressor.