ELIOR: pas le moment de capituler

Enguerrand Artaz, Analyste Cross Asset, La Financière de l’Echiquier

L’actu

La mise à jour des objectifs 2019 du groupe de restauration collective a déçu le consensus, entraînant une nette baisse du cours du titre. Nous pensons cependant qu’il existe dans ces annonces des éléments résolument positifs.

 

Notre analyse

Depuis le départ de son ancien CEO Philipe Salle, ELIOR a suscité de nombreuses déceptions. Charismatique et apprécié des investisseurs. M. Salle avait toutefois lancé le groupe dans une quête de croissance à n’importe quel prix, alors que les marges de la restauration étaient déjà en baisse depuis 2014. Le nouveau CEO, arrivé à la tête du groupe en juin 2018, s’efforce à présent de nettoyer l’héritage de son prédécesseur, et se concentre sur l’exécution. En raison du mauvais momentum depuis 18 mois, le marché attendait avec appréhension la mise à jour des objectifs 2019 du groupe à la suite de la cession de l’activité de concessions Areas. Le management anticipe désormais une croissance organique de -1% des revenus de la restauration collective pour 2019 – une croissance que le consensus attendait stable – en raison de l’abandon de contrats non profitables en Italie, et une marge opérationnelle stable, à 3,6%. Les perspectives de moyen terme sont globalement en ligne avec les attentes.

Le marché a mal réagi à ces annonces mais, au-delà des chiffres, nous retenons des éléments positifs tels que la génération de liquidités et la confiance sur l’amélioration de la marge opérationnelle. Notamment, la génération de flux de trésorerie disponible, qui était historiquement le point faible d’ELIOR, s’améliore fortement et va continuer à progresser. Par ailleurs, le management a annoncé un potentiel rachat d’actions de 10% de la capitalisation boursière au cours des deux prochains exercices, si aucune opportunité de croissance externe ne se présente dans le secteur de la restauration collective aux Etats-Unis.

En conclusion

Délesté d’une grande partie de sa dette, ELIOR est aujourd’hui un candidat idéal à une sortie de cote par les fonds d’investissements, alors que le titre est 40% en deçà du prix d’introduction en bourse de 2014. On peut par ailleurs se demander si BIM, le principal actionnaire, ne serait pas susceptible de racheter à bon compte la participation des minoritaires, maintenant que l’amélioration de la marge arrive à un point d’inflexion. Ces perspectives nous poussent à conserver notre position dans Echiquier Agressor.