Les points clés à retenir sur les Etats-Unis, l'Europe, l'Asie et les matières premières pour le 4e trimestre de 2017.

John Greenwood, Chief Economist, Invesco

Etats-Unis

La phase d’expansion du cycle conjoncturel se poursuit aux Etats-Unis, comme en témoignent la décrue du chômage, la croissance modérée du PIB réel et la hausse des cours des actions et des prix de l’immobilier. Dans la mesure où l’inflation est inférieure à l’objectif de la Réserve fédérale américaine (Fed), cette expansion a de bonnes chances d’atteindre une durée record.

Le principal risque qui pèse sur ce scénario est celui d’un resserrement trop rapide du crédit par la Fed, qui serait non pas le fruit d’un relèvement de ses taux d’intérêt mais d’un ralentissement de la croissance du crédit dans le secteur privé. Cette dernière est déjà modeste (3 à 4% par an). Lorsque la Fed amorcera la réduction de son bilan à un rythme qui atteindra pas moins de 50 milliards d’USD par mois à la fin 2018, les marchés du crédit auront peut-être du mal à absorber ce volume de bons du Trésor et de titres d’agences.

 

Europe

Dans la zone euro, l’activité économique enregistre enfin une expansion d’une vigueur proche du taux de croissance potentiel. Cette embellie conjoncturelle est largement le fruit du programme d’achats d’actifs lancé en mars 2015 par la Banque centrale européenne (BCE) et de l’accélération de la croissance de l’agrégat M3 qui en a découlé. Pour entretenir cette belle dynamique, les banques commerciales doivent ouvrir davantage le robinet du crédit qu’à l’heure actuelle, sinon la croissance du crédit pourrait fléchir substantiellement lorsque la BCE commencera à réduire ses achats d’actifs.

L’inflation dans la zone euro demeure inférieure à l’objectif de la BCE, ce qui reflète la croissance poussive de la demande nominale globale. Compte tenu de la récente appréciation de l’euro, l’inflation restera probablement inférieure à l’objectif pendant une bonne partie de l’année 2018.

Alors que la page des législatives allemandes a été tournée et qu’Angela Merkel œuvre désormais à la formation d’une nouvelle coalition entre son parti, l’union des chrétiens-démocrates (CDU), le parti libéral-démocrate (FDP) et les écologistes (Die Grünen), les élections législatives de l’an prochain en Italie sont le prochain événement phare du calendrier politique en Europe.

Au Royaume-Uni, la croissance économique a ralenti en raison de la dépréciation de la livre sterling, qui a fait augmenter l’inflation, avec à la clé une érosion des salaires réels. On observe également un certain ralentissement de l’investissement et des flux entrants de capitaux mais les exportations et les carnets de commandes se portent bien.

L’accélération de l’expansion monétaire et du crédit au Royaume-Uni risque de générer localement de l’inflation qui viendra s’ajouter à l’inflation importée. Il est donc fort probable que la Banque d’Angleterre (BoE) relève ses taux d’intérêt en novembre. La croissance devrait se stabiliser autour de 1,5% jusqu’à ce que l’incertitude qui entoure les négociations sur le Brexit se dissipe.

 

Asie

La croissance de l’économie japonaise s’est quelque peu accélérée en 2017 mais l’inflation reste nettement inférieure à 2% malgré la mise en œuvre d’un programme d’assouplissement quantitatif de grande envergure par la Banque du Japon (BoJ) depuis mars 2013.

Pour asseoir son autorité dans la gestion de la menace nord-coréenne et stimuler les dépenses consacrées à l’enseignement et à la petite enfance, le premier ministre Shinzo Abe a convoqué des législatives anticipées le 22 octobre. Bien que les premiers sondages lui donnent une confortable avance, ce scrutin pourrait s’avérer risqué pour Shinzo Abe en raison notamment de l’opposition de la charismatique gouverneure de Tokyo Yuriko Koike.

En Chine, l’alternance entre le resserrement et l’assouplissement du crédit s’est poursuivie dans le but de maintenir l’économie sur les rails avant le congrès du Parti communiste chinois prévu à l’automne. Ce congrès ne devrait pas accoucher de changements substantiels, que ce soit sur le front de la réforme des entreprises publiques ou de la politique monétaire, dans la mesure où le président Xi Jinping sera vraisemblablement reconduit.

Sur le plan externe, les restrictions posées aux sorties de capitaux et les mesures destinées à attirer les capitaux ont permis une stabilisation du yuan ces derniers mois.

 

Matières premières

L’embellie observée dans les principales économies et le redressement de certaines économies émergentes ont abouti à une légère augmentation du commerce international. Les cours des matières premières en ont profité par ricochet mais pas suffisamment pour que l’on puisse parler d’un boom des matières premières. En dehors de certaines matières premières dont les cours ont réagi à des mesures spécifiques telles que des sanctions commerciales ou la réduction des capacités en Chine, le potentiel de hausse des cours des matières premières en 2017 et en 2018 nous semble clairement limité.

 

Télécharger l’Outlook 4Q2017 (pdf, 14 pages, en anglais)

 

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