Si vous avez compris ce qu’est le concept d’une option, vous devriez pouvoir gagner du temps sur la définition du warrant – du moins si, comme moi, on vous demandait de l’expliquer. Il vous suffirait de relire de la définition d’une option, d’y faire quelques ajustements techniques et administratifs et hop! le tour serait joué.

Voici donc la définition brute et barbare d’un warrant:

Alors oui, je sais, ce n’est pas ce qu’il y a de plus digeste. Mais si vous l’apprenez par cœur et que vous la répétez sous forme de mantra tous les soirs avant de vous coucher, vous devriez pouvoir l’intégrer dans votre interface psychologique de trader. Ça ne vous garantira pas le fait de savoir l’utiliser, mais vous pourrez au moins briller en société en la répétant.

Un warrant est un instrument financier qui donne à son détenteur le droit d’acheter (là on parle de «call warrant» ou de «warrant call») ou de vendre («put warrant») un actif financier (actif que l’on aime nommer «sous-jacent» ou «underlying» pour ceux qui aiment mélanger l’anglais au français) à un prix (le «prix d’exercice» que l’on appelle aussi le «strike») et jusqu’à (ou à) une date d’échéance («maturité») fixés à l’avance.

Je vous avais prévenu: il y a plus léger comme littérature. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que le principe est identique à une option. On peut émettre des warrants sur à peu près tout ce qu’on veut: une action, un indice, une devise, une matière première ou un taux d’intérêt – sans oublier que certains sous-jacents sont bien plus volatile que d’autres. Je vous laisse imaginer les swings que l’on peut observer sur certaines matières premières. (Salut amical à notre ami à tous: le pétrole…) Le prix d’exercice correspond au prix auquel le sous-jacent peut être acheté ou vendu à la date d’échéance du warrant, si l’on décide que le warrant est en style «européen», ou alors à tout moment si, dans les conditions d’émission du warrant, il est précisé que c’est en style «américain».

Il n’y a pas de règles quant à la durée de vie d’un warrant. Les options listées sont régies par des règles qui ne permettent pas de faire n’importe quoi. A contrario, l’émetteur peut déterminer les conditions des warrants lui-même–étant donné que ces derniers sont émis de façon indépendante. Cela peut aller de quelques mois à plusieurs années en général.

Ce que l’on retiendra surtout, c’est que l’investisseur qui achète un warrant anticipe la direction que va prendre le sous-jacent et essaie de profiter de l’effet de levier du produit pour maximiser ses gains et du même coup, maîtriser les risques de son portefeuille.

Les principales différences entre warrants et options

Tout d’abord, les options sont négociées sur des marchés organisés, comme l’Eurex en Europe ou le CBOE (Chicago Board Options Exchange) aux USA. Ces organismes gèrent, régulent et déterminent les conditions des options. Il n’y a aucune place pour la fantaisie : tout est très clair, carré et concis.

En revanche, les warrants sont ce que l’on appelle des valeurs mobilières–au même titre qu’une action. Ils sont émis par des établissements financiers et les conditions sont laissées à la discrétion totale de l’émetteur. D’un point de vue de la comptabilité bancaire, un warrant apparaîtra sur votre relevé au même titre qu’une action ou qu’une obligation, mais pas l’option. L’option est un contrat à terme.

Une autre particularité  on peut vendre une option avant de l’avoir achetée («short call» ou «short put») alors qu’on ne peut vendre un warrant à découvert, c’est strictement interdit. Vous devez l’avoir acheté avant de pouvoir le vendre. Oui, je sais, ça paraît plutôt logique, mais dans le monde fantastique de la finance, cela fait bien longtemps que l’on est passé dans une autre dimension.

Bienvenue dans le monde (plus) complexe des produits (un peu structurés) et abordons les Knock-out Warrants

Ne nous le cachons pas, les warrants ont été principalement développés avec un but purement spéculatif. Ils permettent d’investir des petites sommes et d’espérer un gain important, en profitant de l’effet de levier qu’offre la structure du produit. Mais comme ça ne suffisait pas–parce que comme le disait Gordon Gekko: «Greed is good» (autrement dit «La cupidité, c’est bon.»)–, on a inventé les «Knock-out Warrants». Ce type particulier de warrants fait partie des produits à fort levier et s’avère un peu différent des warrants dits «classiques».

Contrairement aux options et aux warrants simples, les Knock-out Warrants peuvent arriver prématurément à échéance, lorsque le cours du sous-jacent descend en dessous d’un seuil déterminé («Knock-out Calls») ou le dépasse («Knock-out Puts»). Selon la structure du produit, ils peuvent soit perdre toute leur valeur, ou alors une valeur résiduelle est proposée au remboursement.

Vulgarisons: en gros, on fixe un prix plancher sur un warrant-call et si le sous-jacent descend en-dessous de ce prix plancher, le Knock-Out est déclenché et le warrant meurt immédiatement. Disons que vous avez un Knock-out Warrant Call sur UBS, avec un strike à 12 et le prix plancher à 9: si le titre UBS touche les CHF 9 avant l’échéance, votre Knock-out Warrant mourra instantanément. Le risque est donc énorme, mais l’avantage est que, si vous avez raison, que le titre monte à 15 en 6 mois et qu’il ne retourne plus jamais à 9… La performance sera alors impressionnante. Mais comme dans TOUTE opération extrêmement rémunératrice, le risque est énorme, puisque le capital investi peut s’envoler en fumée en une seconde. Dans le cas présent, on parle d’un call, mais le principe sur le put est le même.

Graphiquement, la différence entre les warrants sans ou avec knock-out se présente comme suit:

On peut voir l’effet de la barrière (knock-out) qui rend le produit caduc dès que celle-là est franchie. Donc les deux principaux «ennemis» de l’acheteur sont la barrière et le temps.

Check-liste avant de sauter le pas

Prime (agio)

Le structureur du produit, en général une banque, intègre dans le prix le fait qu’il doit soit acheter soit vendre le sous-jacent. Il le fait pour une raison simple, ne pas spéculer contre son client mais aussi parce que la nouvelle réglementation bancaire ne permet pas d’utiliser le capital de la banque comme cela se faisait dans le monde d’avant.

De plus, comme les produits comportent un fort levier, un engagement important de capital est fait par l’émetteur et comme rien n’est gratuit, l’émetteur facture cet investissement. Pourquoi? Parce que tout engagement comporte des intérêts sur le capital, autrement dit, l’agio.

Dans le cas de la vente de Knock-out Puts à l’investisseur, l’émetteur doit vendre des sous-jacents pour se couvrir. Il reçoit ainsi du capital qu’il peut placer à intérêts, lorsqu’il y en a. Dès lors, il n’est pas rare que les Knock-out Puts se traitent avec un agio négatif (disagio).

Il sera donc important de vérifier les conditions et de comparer avec ce qu’il existe de similaire pour faire votre choix. Les règles du marché sont ce qu’elles sont et parfois certains émetteurs ne se gênent pas au niveau des «facturations d’agio».

Levier

Tout comme les options ou les warrants, ces produits comportent un effet de levier important. Plus l’effet de levier d’un produit Knock-out est important, plus le titre comporte de chances de gain, mais aussi de risques de perte. Il faut donc que l’investisseur soit conscient de l’écart existant entre le prix du sous-jacent et la ou les barrières. Un écart suffisant, oui, mais il faut surtout être bien conscient des risques liés à l’achat d’un tel produit. On ne le répètera jamais assez, le risque est celui de TOUT PERDRE, souvent à une vitesse inouïe. C’est une des leçons de base de l’investissement : plus les risques sont élevés, plus le retour en investissement peut être élevé aussi. En résumé, si vous voulez gagner beaucoup et très vite, vous devez prendre le risque de perdre tout et très vite aussi…

Calcul de la valeur intrinsèque

La valeur intrinsèque des Knock-out Warrants se calcule comme suit:

(cours du sous-jacent x rapport de souscription) / cours Knock-out

A nouveau, dans le cas des warrants, l’imagination humaine n’a pas de limite. Normalement, un investisseur ou un spéculateur achète un put ou un call (option ou warrant) pour bénéficier d’une tendance baissière ou haussière d’un sous-jacent.

Vous avez compris que dans le cas d’un knock-out, la stratégie prend fin avec la perte de l’investissement quand une barrière (à la hausse ou à la baisse) est franchie.. Et bien les structureurs de produits ont trouvé qu’ils pouvaient ajouter une barrière supplémentaire. Il s’agit du «Double Lockout». Dans ce cas, le produit comporte une barrière inférieure et supérieure au cours de la valeur du sous-jacent.
Donc si la valeur évolue entre ces deux barrières, l’investisseur touche à l’échéance un montant prédéfini. Evidemment, si une des deux barrières est touchée, l’investisseur perd sa mise de départ. Si le sous-jacent ne bouge que très peu entre les deux bornes, l’investisseur aura le temps pour ami. Par contre, si le sous-jacent s’agite fortement ente les deux bornes (donc si la volatilité augmente), le prix du warrant baisse.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’il y a une nuée de stratégies possibles et imaginables sur les warrants. Il suffit de rajouter des conditions, des barrières, des coupons et vous passez du warrant classique au produit structuré très à la mode actuellement.

Termsheet

Votre meilleur ami dans l’achat d’un warrant sera TOUJOURS ce que l’on appelle la «termsheet», c’est-à-dire la liste de toutes les données et les conditions concernant l’émission du produit. L’Association suisse de produits structurés (ASPS) prescrit des indications minimales qui doivent y figurer, notamment sa catégorisation. Cette indication permet de comparer des produits similaires, mais émis par des concurrents, et de savoir ce qui nous attend.

Est-ce que le casino gagne toujours et comment?

L’émetteur d’un warrant ne «joue» pas contre l’investisseur. Les prix des produits sont déterminés par des formules telles que celle de Black and Scholes. La banque émettrice se retrouve donc dans un environnement concurrentiel donc elle a avantage à afficher un prix meilleur que celui d’une autre banque. Dans le cas contraire, les arbitrageurs le feront pour elle.

La banque émettrice se rémunère à travers le spread, donc grâce à la différence entre le prix d’achat et le prix de vente de ses warrants. Le principal levier de croissance pour ses revenus est, tout simplement, le volume d’échange. Le volume d’échange, mais aussi un grand catalogue de produits qui puisse attirer le chaland. Ou le trader.

Conclusion

Tous les produits à levier n’ont pas la même complexité. Les Knock-out Warrants comportent quelques subtilités qu’un investisseur devrait maîtriser, avant de se lancer dans ce marché. Parmi elles, citons la maîtrise de la valorisation de tels produits ainsi que les différents facteurs agissant sur leurs cours.

Evidemment, il faut que l’investisseur et le spéculateur sachent quel est l’objectif qu’ils se sont fixés et qu’ils soient conscients qu’ils risquent de perdre tout ou partie de leur investissement. En contrepartie, ils pourront soit protéger un portefeuille, soit spéculer avec un bel effet de levier. Envie de passer à la pratique? Grâce à la plateforme Swiss DOTS, Swissquote offre une large palette de produits à effet de levier sur différentes valeurs de base comme les actions internationales et suisses, les paires de devises, les indices ainsi que les métaux précieux. Le monde fabuleux des warrants n’attend que vous.Et pour plus d’informations sur les DOTS, cliquez sur le lien ci-dessous:

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Sources : AMF, UBS et SIX