La chronique obligataire de J.P. Morgan Asset Management.

Par Iain Stealey, International Chief Investment Officer of the Global Fixed Income, Currencies & Commodities Group

Le ton accommodant des banques centrales, les fondamentaux solides et l’amélioration des perspectives de la Chine sont autant de facteurs qui plaident en faveur des marchés émergents. Combien de temps la reprise qui dure depuis le début de l’année peut-elle continuer?

 

Fondamentaux

Le ton accommodant récemment adopté par la Réserve fédérale américaine (la Fed) et la Banque centrale européenne confère un avantage de taille aux marchés émergents depuis le début de l’année. Cependant, d’autres facteurs ont également contribué à doper la performance des marchés émergents.

La Chine, qui compte pour environ 40% du PIB des marchés émergents, a profité d’une intensification des politiques de relance et des avancées substantielles réalisées dans les négociations commerciales avec les États-Unis. En conséquence, nous tablons désormais sur une croissance du PIB chinois d’environ 6,3% en 2019. Les prévisions de croissance combinée des marchés émergents pointent toujours vers un ralentissement de 4,6% en 2018 à 4,4% en 2019 mais, d’après nos prévisions, l’écart de croissance entre les marchés émergents et les marchés développés devrait en fait se creuser.

Dans le même temps, les fondamentaux des entreprises des marchés émergents continuent de s’améliorer. Bien que la croissance des revenus ait sans doute atteint un plafond, la rigueur au niveau des dépenses d’investissement a conduit à réduire l’endettement qui a atteint son niveau le plus bas en six ans. Néanmoins, différents risques continuent de planer à l’horizon. Si la croissance n’arrivait pas à repartir en Europe et en Chine, par exemple, ou si la Fed inversait sa politique accommodante, ou même si la campagne électorale à venir aux États-Unis favorisait des candidats moins favorables aux marchés, alors la propension au risque pourrait changer assez rapidement.

Valorisations quantitatives

Le caractère favorable des fondamentaux a continué de doper les performances de la dette émergente en mars. Les obligations d’États et d’entreprises en devises dures ont dégagé 6,26% et 4,61% respectivement depuis le début de l’année (au 19 mars). Même si certains investisseurs pourraient juger cette reprise exagérée, les spreads des deux secteurs n’ont pour l’instant effacé que 55% du creusement constaté en 2018.

De plus, historiquement, les emprunts d’État des marchés émergents ont toujours dégagé des rendements positifs dans les 12 mois suivant une période où leurs spreads étaient proches du niveau actuel, à savoir 340 à 350 points de base. Les emprunts d’État émergents en devises locales ont également enregistré des rendements positifs cette année (+4,45% en dollars américains) et sont en bonne voie pour effacer leur repli de 6,21% observé l’an dernier. Par ailleurs les facteurs qui ont soutenu la fermeté du dollar américain en 2018 s’estompent peu à peu, ce qui devrait doper les monnaies de pays émergents.

La dette souveraine émergente s’apprécie au cours des 12 mois consécutifs à une période où les spreads affichaient les mêmes niveaux qu’actuellement
Source: J.P. Morgan Asset Management ; données au 28 février 2019.

Facteurs techniques

Nous continuons à constater cette année une forte demande des investisseurs dans la plupart des classes d’actifs risqués. D’après notre outil interne de suivi des flux de capitaux, l’univers combiné des fonds de dette des marchés émergents a enregistré une collecte supérieure à 16 milliards de dollars en 2019 (au 19 mars), dont près de la moitié en direction de la dette souveraine en monnaie forte. Bien que ces afflux aient déjà compensé les 13 milliards de dollars de dégagements hors de la dette émergente au deuxième semestre 2018, nous pensons que de nouvelles entrées de capitaux sont probables, au vu des conditions de marché favorables. La vigueur actuelle de la demande des investisseurs est mise en évidence par une émission récente d’obligations en euros au Ghana, dont le carnet d’ordres a atteint quelque 20 milliards de dollars alors que le ministre des Finances ne cherchait qu’à en émettre pour 3 milliards de dollars.

Quelles implications pour les investisseurs obligataires?

Bien que la croissance mondiale ait ralenti, les conditions fondamentales restent largement favorables à la dette émergente. Les investisseurs devront rester attentifs à tout signe de durcissement du ton actuellement conciliant des banques centrales, ainsi qu’aux données économiques pour s’assurer que la croissance des marchés émergents repart comme prévu. Dans l’intervalle, les investisseurs peuvent profiter d’opportunités de portage intéressantes tout en cherchant à exploiter le potentiel de certaines obligations d’entreprises et souveraines des marchés émergents restées à la traîne du rebond constaté depuis le début de l’année.


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